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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 03:23

En 2010, nous sommes repartis sur les routes d'Amérique du Sud !


Vous pouvez suivre notre voyage sur 

 

"Les Chemins d'Alfya"  

 

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 14:53
RENCONTRES....





Durant notre voyage , nous avons rencontré...



LES MOTOS



des anglais











des allemands






des américains








et des français!  Tour à moto à travers la Sibérie et la Mongolie

Blog : link




LES VELOS

Philippe et Colette
: rencontrés en Sibérie avant d'entrer en Mongolie en
mai 2009

Pour  les retrouver durant notre voyage :
De Almaty a l'Altay (Kazakhstan-Russie)

Blog : link



Arnaud et Emilie : professeurs, pendant 6 mois ils sont allés à vélo à la rencontre des écoles en Patagonie, à Madagascar et en Russie et Mongolie, où nous les avons rencontrés.

Site : link


Aurélie et Florent  : grenoblois, ils sont partis en septembre 2008 pour un périple de 3 ans autour du monde.
Nous les avons croisés juste avant de quitter de Mongolie en août 2009

Blog : link


Jen et Mike : canadiens sur la route pour un an. Partis de Almaty au
Kazakhstan, nous les avons rencontrés en Sibérie peu avant leur entrée en Mongolie. Ils sont aujourd'hui en Chine.

Pour  les retrouver durant notre voyage :
 La Sibérie : entre Mongolie et Kazakhstan

Site  (in english) : link



Ulrich : allemand rencontré sur la route du Pamir ; en vélo couché. Parti
d'Allemagne, il se dirigeait vers la Chine, puis le Pakistan. Doit être aujourd'hui en Inde pour revenir en Allemagne fin décembre 2009.


Pour  le retrouver durant notre voyage:
ROUTE DU PAMIR (1) : nord et est du Tadjikistan

Blog (in deutsch) : link


Andrea et Gerhard : deux allemands rencontrés sur la Route du Pamir,
peu après Ulrich. Partis de Samarcande pour un voyage de 1 an, ils se dirigeaient vers la Chine.

Pour  les retrouver durant notre voyage :
ROUTE DU PAMIR (1) : nord et est du Tadjikistan

Vous retrouverez tous les voyages à vélo d'Andrea sur son site (in deutsch) : link


Clarisse et Jean
: nous les avons rencontrés au Sharyn Canyon, au
Kazakhstan, alors qu'ils revenaient d'un voyage en Chine. Chaque année, ils font ainsi un voyage d'un mois et demi. Ils ont déjà été en Mongolie, fait la route du pamir.....





LES VOITURES


Famille nomade : Serge et Nathalie et leurs enfants Loïc et Franck, Nina
et Cyrielle
voyage en camion d'une famille avec 4 enfants de 1 à 11 ans


Pour  les retrouver durant notre
 voyage : Ulaan Bataar

Site : link






                                                                                                 Elisabeth et Jacques : voyageurs infatigables, actuellement au Pakistan et bientôt en Inde.

Pour  les retrouver durant notre voyage : L'Ouzbekistan au retour

vous retrouverez tous leurs voyages sur leur site : link




Markus et Kotomi : allemand et japonaise tranquillement de retour du
Japon, pour leur lune de miel

Pour  les retrouver durant notre voyage : Le retour......

Site  : link




Patrick et Marie : rencontrés à l'aller à Almaty.

Blog : link

Thomas et Marie-Louise : rencontrés à Samarcande, les retrouvailles à Ulan-Bataar en compagnie de la famille nomade (voir ci-dessus) furent très chaleureuses !

Site : link


Carolina : polonaise de 26 ans, après deux ans passés à Taïwan où elle poursuivit des études
supérieures, elle est rentrée seule par la Chine, le Tadjikistan  et le Kirghizstan où nous l'avons rencontrée. Nous avons passé 3 délicieuses journées en sa compagnie.

Pour  la retrouver durant notre voyage:
de Almaty a Jalal abad:Kirghizstan






Et il y a eu aussi Albert et Madeleine, Catherine et Marie, Quentin, Jeroen,

Yon,Qing et Anke,                                 




















  Paul, Csilia et son mari,














       les routiers russes

Et aussi tous les autochtones qui nous accueillis  avec qui nous avons partagé de bons moments. Ce sont eux qui nous ont fait connaître leur pays. A tous, un grand merci ! Fazilat, Gulnoza, Claire, Kate,

Myla, Alfiya,


Katia, Kalikova, Tuya, Bolooro et ses grands-parents, et tous ceux dont nous n'avons jamais su le nom mais que nous n'oublierons pas.





























Sans oublier les rencontres moins souhaitées, douaniers, policiers,....qui ont cependant été la plupart du temps fort aimables et nous ont souvent aidés à mieux supporter les contraintes
administratives.



































 




































Et n'oublions pas notre gardien de parking en Ukraine












"Au revoir ! Ces paroles si pleines de consolation et qui sèchent tant de larmes quand on quitte un ami, que de fois nous les avons prononcées avec la ferme espérance qu'un jour nous nous retrouverions auprès de ceux à qui nous les adressions ! Que de fois nous avons dit au revoir à des amis que nous ne verrons plus ! ... Dieu nous cache notre avenir ; il ne veut pas que nous sachions les desseins qu'il a sur nous, et il nous traite en cela avec une bonté infinie, car il est des séparations qui nous tueraient, si nous pouvions prévoir que nous disions adieu pour toujours.... "
Père Huc- L'Empire Chinois

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 15:25

Nous quittons Ayac Kala et ses rives salées, et sur le chemin vers Nukus allons visiter la plus grande forteresse du désert : Topra kala.

Située au milieu d'une plaine, entourée de villages et de cultures, Topra Kala n'a pas le mystère du désert comme Ayac Kala.



Elle est néanmoins immense et mieux conservée ; à l'intérieur des remparts, les murs des maisons encore présents témoignent de la vie d'antant.

Mais un vent glacial souffle et notre visite sera vite écourtée....

 

 

 

A Nukus, il fait toujours aussi froid. L'hiver semble s'être abattu sur l'Ouzbékistan en une nuit.



L'animation au marché y est toujours la même ; plus tard, nous retrouvons Kate, professeur d'anglais rencontrée en avril . Nous étions alors aller dans son école parler de notre pays aux étudiants . Nous avons envoyé à Kate un SMS depuis Ayac Kala pour lui annoncer que nous étions de retour de Mongolie et bientôt à Nukus. Elle a cru à une blague de ses étudiants car il lui semblait impossible qu'en 6 mois nous puissions déjà être allés et revenus de Mongolie. Quand on pense qu'il y a des gens qui font en 6 semaines l'aller-retour en Mongolie depuis l'Europe!

Nous passons une partie de la journée avec elle, elle nous guide pour les courses au marché, et nous finissons par un thé agrémenté comme toujours du pain et de nombreuses confiseries, fruits secs,.....


Nous partons pour le Kazakhstan dont la frontière est à environ 500 km. A mi-chemin, il y a Qongirat, dernière ville ouzbek où nous devons faire le plein de carburant.

A l'entrée de la ville, une immense queue à la première station-service ne présage rien de bon.


Dans un rond-point un peu plus loin, notre regard est attiré par un gros 4X4 qui ne ressemble guère aux véhicules locaux. Du toit notre regard descend directement vers le numéro d'immatriculation que l'on trouve bien étrange.... Mais notre préoccupation est ailleurs et nous nous engouffrons dans la première station service. Le 4X4 nous suit et nous pensons qu'il est lui aussi à la recherche de carburant. Tout de suite on nous informe qu'il n'y a de gasoil à la pompe. Une présence à côté de moi, et Marcus nous sourit.
Marcus est un allemand de Leipzig, nouvellement marié à une japonaise ; ils reviennent vers l'Allemagne tout doucement depuis le Japon et Vladivostock. A Duschambé nous avions partagé le même parking et passé la soirée ensemble. Nous les pensions bien loin derrière nous, mais le côté ville-souvenirs de l'Ouzbékistan leur a déplu et ils ne s'y sont pas attardés.

 

Arrivés la veille à Qongirat, ils nous préviennent tout de suite qu'il n'y a pas de diesel en ville, et que même à Khiva, les pompes étaient déjà à sec. Ils nous proposent d'essayer la filière qui leur a réussi la veille et nous voilà partis à une dizaine de km pour finir dans la cour d'une ferme. Marcus, qui parle très bien russe, discute pour que nous puissions bénéficier de diesel, si toutefois il en reste.... Dans une heure, ils pourront nous fournir les 50 litres que nous demandons. Nous ne voulons pas trop savoir où ils vont s'approvisionner, mais sûrement pas dans un dépôt légal..... Le temps d'aller déjeûner et nous venons prendre livraison de notre précieux carburant.

Nous décidons de rester pour la nuit en compagnie de Marcus et Kotomi dans le désert. Nous passons la soirée dans notre fourgon autour d'un savoureux plat de pâtes et je pense qu'ils auront aussi apprécier le petit déjeuner tout prêt à leur réveil (mais il n'y avait pas de croissants chauds.....) .



Ils dorment dans la tente sur le toit de leur véhicule, mais de mauvaise qualité, elle n'est pas isolée. Il fait très froid et au petit matin des glaçons pendent au-dessus de leur visage. A l'arrêt ils n'ont pas de refuge comme nous. Le fourgon bien chaud est une aubaine pour eux ! Et c'est un plaisir pour nous de leur faire partager notre confort. Nous nous séparons le lendemain car ils se dirigent vers le sud, le Turkménistan, et nous vers le nord. Nous les reverrons sûrement en Europe.

 


Au Kazakhstan, à Atiraw, l'Oural



sépare l'Asie



de l'Europe.


 

Nous passons d'un continent à l'autre et découvrons cette ville où nous ne étions pas attardés à l'aller car il faisait très froid.

 

 

Sur la place principale, le Town Square, en tournant la tête vers la droite, nous découvrons la magnifique église orthodoxe, murs en briques roses, toits verts et coupoles dorées,

 

en tournant la tête vers la gauche, nous admirons la superbe mosquée blanche à coupoles bleues,

 

 

 

perdues l'une et l'autre au milieu d'immenses grattes-ciel modernes. Atiraw est le centre administratif  du pétrole du Kazakhstan.


Nous envisageons de faire une petite halte sur les plages de la mer Caspienne, mais comme il commençe à pleuvoir et que la température est en baisse, nous précipitons le retour.

 

 

 

 

Les chameaux font leur fourrure d'hiver. Ils sont très beaux et ne ressemblent plus aux épouvantails dont la peau tombait en lambeaux en avril. Nous sommes facinés par les capacités d'adaptation des hommes et des bêtes dans ces climats si rudes et si extrêmes dans le chaud comme dans le froid.

 

Bien sûr, un jour tout s'arrête comme en témoignent les cimetières au bord des routes qui ressemblent à de vraies  villes miniatures.

 

Dans les villages, le foin est rentré pour l'hiver. Les meules forment de surprenants labyrinthes à l'intérieur desquels les annimaux sont parqués en hiver à l'abri du vent.

 

 

 

Le foin pour les bêtes et les argols (bouses séchées) pour le feu, pour le chauffage et la cuisine. Les bêtes sont encore dans les "prés" et broutent une herbe rare et éparse. Ils sont souvent sous la garde d'aucun berger et retrouve seuls le chemin de la maison chaque soir.

 

 

 

Et toujours, plus grands, plus beaux et plus nombreux que les villages,


 

les cimetières kazakhs!

 

 


En Russie, il a neigé les jours précédents .

 


De grandes étendues de steppes enneigées révèlent un paysage assez envoûtant. Sur la route, une épaisse couche de glace cassée donne l'impression d'une route à trous en négatif; sauf que là, cela glisse beaucoup!

 

 

 

Nous retrouvons Elista, cette ville mongole au milieu de la Russie du Sud. Cette fois, les alentours du temple sont blancs de neige.

 

 

Le nouveau temple nous semble immense, démeusuré, vide.... par rapport aux temples boudhistes en Mongolie, bas de plafonds, encombrés de banderolles, drapeaux et tissus en tous genres tombant du plafond et qui remplissent tout l'intérieur, limitant l'horizon à quelques mètres.

Même les moulins à prières sont démesurément grands!

 

 

 

Les villages russes sont gais et colorés, surtout sous la neige.

 

 

Au bord des routes, les oies font leur promenade. On parie que certaines n'arriveront pas jusqu'à Noël!

 

 

 

En Ukraine, la neige a disparu et fait place à la pluie.

 


L'Ukraine est parcourue aussi sous un ciel maussade au mieux, et de grosses averses au pire.

 

 

 

Afin de décourager les automobilistes d'aller trop vite, de tels tas de ferraille sont fréquemment exposés aux carrefours.


Pourtant, au moment de la Toussaint, les cimetières ont fait le plein de fleurs artificielles qui les coloreront ainsi jusqu'au printemps.

 



La température est  plus clémente, mais nous ne visitons aucune ville et arrivons vite à la frontière Ukraine -Slovaquie.


Pour la sortie d'Ukraine, nous avons droit à une fouille complète du véhicule, la seule de tout le voyage. Quant à l'entrée en Slovaquie, une attente interminable autant qu'inexplicable nous ouvrira difficilement les portes de l'Europe. Arrivés à 10 heures à la frontière ukrainienne nous entrerons à 21 heures en Slovaquie.


C'est le 9 novembre 2009, on fête les 20 ans de la fin du mur de Berlin.


Et aussi, bon anniversaire, Jo!


Deux grandes journées de conduite et nous arriverons en Allemagne où nous ferons une grande surprise à la mère de Klaus qui nous croyait encore bien loin!

 

Quelques jours plus tard, nous retrouvons la France, la tête pleine d'images qui déjà appartiennent au passé...

 

 

 

 

 

A BIENTÔT!!!!!!!!!!!!!

 

 

 

 

 

 

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 12:56

Amou Daria, Syr Daria et ….coton : une tragique histoire d'amour???

 

Deux fleuves alimentent la mer d'Aral : la Syr Daria au nord qui se jette au nord de la mer d'Aral au Kazakhstan, et l'Amou Daria au sud, qui se jette au sud de la mer d'Aral en Ouzbékistan. Kazakhstan et Ouzbékistan, deux pays qui faisaient partie de la grande URSS, mais qui ont maintenant des intérêts différents. La grande richesse du Kazakhstan est le gaz et le pétrole, celle de l'Ouzbékistan, le coton qui représente 38% de l'économie du pays. L'ouzbékistan figure parmi les premiers pays producteurs de coton au monde.

Les soviétiques, pour ne plus être dépendants du coton américain, avaient développé des cultures intensives de coton dans les pays d'Asie Centrale, principalement au Tadjikistan et en Ouzbékistan.

Ces cultures ont asséché les deux grands fleuves, provoquant l'assèchement dramatique de la Mer d'Aral.

La Syr Daria et l'Amou Daria drainent la quasi totalité des rivières des massifs du Pamir, du nord de l'Indu Kusch et du Tien Shan à l'ouest de la frontière chinoise.

 

 

L'AMOU DARIA

 


Au Tadjikistan, elle s'appelle la Pamir et se dirige d'abord plein sud  jusqu'à Langar.




Là une autre rivière  arrive de l'est d'Afghanistan , la Wakhan, qui donnera son nom à cette magnifique vallée.




Les deux rivières réunies s'appellent désormais le Pianj  qui fera la frontière entre Tadjikistan et Afghanistan.



 


Arrivant en Ouzbékistan, elle prendra le nom d'Amou Daria, continuera son rôle de frontière avec l'Afghanistan sur 200km, puis entrera au Turkménistan. Nous la retrouverons au nord de Boukhara, de nouveau frontière entre Ouzbékistan et Turkménistan, jusqu'à Ourgench, près de Khiva,




où elle sera ouzbek à part entière pour se jeter quelques centaines de km plus loin dans la mer d'Aral.

 

Frontiere entre Tadjikistan et Afghanistan cette rivière que nous voyons grandir rapidement



alimentée par les nombreux torrents de l'Indu Kusch et du Pamir, va devenir une rivière au flot tumultueux qui nous donne des frissons lorsqu'une route abimée nous la fait surplomber d'un peu trop près.




Quittant les régions montagneuses du Pamir, elle va être asséchée petit à petit au Tadjikistan, puis aen Ouzbékistan pour subvenir aux besoins de la culture du coton, avide d'eau. Sans doute le Turkménistan profite-t-il aussi de ce fleuve pour les cultures de coton ou autres.

 

 


LA SYR DARIA



 

Le second grand fleuve d'Asie Centrale est la Syr Daria  qui s'appelle Naryn au Kirghizstan, et se jette dans la mer d'Aral au Kazakhstan, et dont nous avons longé le cours dans de magnifiques canyons entre Bishkek et Jalalabad au Kirghizstan.


Le guide Lonely Planet parle de « désastre » et signale les « mares stagnantes » de la rivière maitrisée par les différents barrages.

 


Nous avons trouvé que ces lacs magnifiques n'avaient guère l'allure de mares stagnantes et tous ces barrages permettent aux maisons les plus oubliées d'avoir l'électricité.

 



Sans doute toutes ces lignes électriques qui sillonnent les magnifiques paysages de l'Asie Centrale ne sont pas du plus bel effet, mais qui a le droit de demander à "l'autre" de continuer à utiliser la bougie pour sauvegarder les paysages et l'écologie, alors que l'on a la chance d'avoir l'électricité à discrétion dans notre pays?

Ce sont les mêmes qui vont déplorer la perte d'une certaine authenticité en voyant chaque maison isolée, chaque yourte au milieu de la steppe kirghizse ou mongole, équipée de panneaux solaires et d'une antenne satellite. On apprécie le romantisme du bon vieux temps quand ils ne concernent …. que les autres!

Nous pensons au contraire que ce luxe leur permettra de continuer  plus longtemps leur saine vie nomade au lieu de venir s'entasser dans des villes déjà trop peuplées à la recherche d'une civilisation bien malade....

 

 

 

LE COTON EN OUZBEKISTAN

 

Le coton fait partie de la vie de chaque ouzbek. Tout le monde est concerné, du moins en ce qui concerne la récolte.

Le coton est planté en avril. D'abord sous tunnel plastique, il est dés le mois de mai en plein air et au mois d'aout apparaît la fleur.



Celle-ci évoluera ensuite sous la forme d'une coque close.

 

 


Dés les premiers froids, en général fin septembre, la coque explose et le coton apparaît.

 


La récolte se fait en tirant le coton de la coque qui reste sur place.
Dans le coton extrait se trouve les graines qui seront séparées des fibres dans les fabriques et qui serviront à faire l'huile de coton, entre autres, élément indispensable à la réussite du Plov, plat national en Ouzbékistan et répandu dans toute l'Asie Centrale et la Russie.

 


Au moment de la récolte, toute la population est mobilisée. Lorsque en avril nous parlions de peut-être revenir en octobre, on nous répétait invariablement : « Nous serons dans le coton! ».

Les élèves des écoles et universités de plus de 15 ans vont passer deux mois dans les champs de coton, sous la garde de leurs professeurs, eux aussi mobilisés. Selon eux, les jeunes apprécient cette période car ils mangent et dorment sur place, leur permettant le soir de faire la fête entre copains, ce qui, dans une société où les parents montent la garde jusqu'au mariage, est en effet une aubaine!

Les professeurs habitent sur place avec leurs élèves, les surveillent dans les champs : « Debout! », « Cueille! »,.... et leur font la cuisine.

Tout ce monde n'est pas payé mais le fermier verse aux professeurs une somme qui leur permettra  d'acheter la nourriture.

Les professeurs ayant de jeunes enfants peuvent être dispensés de cueillette, mais nous en avons rencontré une qui venait d'y être envoyée par le directeur de son école. Elle partait le lendemain et ne savait pas encore qui garderait ses enfants de 2 et 4 ans. « Peut-être ma mère? » mais quand nous sommes passés chez la mère, elle était elle aussi dans le coton.... Mais cela semblait moins préoccuper notre professeur que le fait qu'il allait faire très froid!

Nous n'avons pas compris exactement comment cela se passait avec les écoles car certaines continuent de fonctionner pendant cette période. Peut-être certains élèves d'écoles privées sont dispensés de cueillette? Nous n'avons pas eu d'informations à ce sujet, ni d'explications sérieuses.

 


La cueillette se fait chaque jour, dimanche compris, et il y a trois jours de repos toutes les deux semaines. Les coques ne s'ouvrant pas toutes en même temps, et le coton devant être cueilli rapidement après l'ouverture de la coque, trois ou quatre passages à une semaine d'intervalle environ seront nécessaires pour chaque champ.

Les cueilleurs ont un grand sac attaché à la ceinture où ils déposent le coton et qu'ils vont vider dans des chariots à haut bord.

 

 

Chaque famille doit « donner » une personne à la cueillette du coton. Nous avons cru comprendre que si cette personne ne travaillait pas habituellement, elle recevait un salaire fonction du nombre de sacs cueillis. Nous avons souvent rencontré des groupes d'hommes et de femmes attendant les bus de ramassage, ou les cantines improvisées au bord des routes, ou les samovars pour le thé.

Il est impressionnant de voir l'activité dans les champs de coton à cette période car il ya vraiment beaucoup de cueilleurs dans les champs.



Sur la route, les tracteurs tirent les chariots et vont les vider dans des entrepôts où le coton sera stocker sur des tas plus hauts qu'une maison.

 

 


La plupart des champs appartiennent à l'état. Le coton est la richesse du pays et chacun se doit d'y participer. C'est un fait acquis et accepté. La propagande est très bien faite.

 


Mais que pensent les ouzbeks de ce coton qui assèche leur mer d'Aral?

Nous avons cru comprendre que pour eux, il s'agit de deux choses différentes. Si est reconnu que l'assèchement de la mer d'Aral a mené une population de pêcheurs à l'inactivité, a modifié le climat qui est devenu plus sec avec moins de précipitations, désertification des terres et vents plus violents, la culture du coton ne saurait être remise en question.
Un paradoxe de plus : les régions proches de l'Amou Daria sont grandes productrices de riz. Nous ne connaissons pas grand chose en agriculture mais il nous semble que le riz est lui aussi un grand consommateur d'eau.

 

Entre 1966 et 1993, le niveau de la mer d'Aral a baissé de 16 mètres et ses rives orientale et méridionale ont reculé de 80 km. Les deux grands ports de pêche, Aralsk au Kazakhstan et Moynaq en Ouzbékistan sont à des dizaines de km de la mer actuelle.

Nous ne sommes pas allés à la Mer d'Aral. La plupart des touristes s'y rendent pour regarder les bateaux rouillés et échoués, et juger le recul de la mer. Monyaq est une ville fantôme où les habitants ne sont pas vraiment accueillants, paraît-il, ce que l'on comprend sans peine... Tout d'abord la piste pour s'y rendre est très mauvaise et longue et le spectacle désolant d'une ville de pêcheurs en déclin par manque d'eau (un comble pour un pêcheur!) n'est pas pour nous attirer. Je me souviens dans notre village d'un incendie sur les décombres duquel on avait mis une pancarte : « On ne contemple pas la misère ». En ce sens, faire une visite touristique à la Mer d'Aral nous semble être une forme de voyeurisme....

Il nous semble que l'assèchement de la mer d'Aral alarme  plus  la communauté internationale que les ouzbeks eux-mêmes. On retrouve ce besoin de se mêler des affaires des autres que l'on veut aider ou conseiller sans qu'ils ne le demandent. Le cotron est la richesse de l'Ouzbékistan ; on pourrait imaginer que la communauté internationale se mobilise en versant des subventions au pays , lui permettant ainsi de diminuer la production du coton et de permettre à l'Amou Daria de remplir de nouveau la mer d'Aral? Mais chacun sait que les subventions se donnent et...se suppriment! rendant ainsi le pays totalement dépendant des donateurs.Le président ouzbek ne semble pas avoir le caractère d'un dépendant..... (opinion tout à fait personnelle!!!)

Nous avons traversé l'Amou Daria au nord de Nukus, à moins de 200 km de la mer d'Aral. Elle semblait se porter encore assez bien puisque nous avons traversé successivement quatre bras ou canaux identiques et qui semblaient loin d'être à sec.

 


Peut-être aussi les pêcheurs de la mer d'Aral devraient-ils s'adapter à une autre vie car doit-on demander à la population de tout un pays de sacrifier la culture du coton, leur vraie richesse, pour sauvegarder l'économie de quelques familles de pêcheurs?

Tout ceci n'est qu'une opinion personnelle et n'engage que nous. Cette observation est certes très, très subjective.....

 

 

 
28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 12:57

Boukhara



pour en savoir plus   Présentation de l'Ouzbékistan


Samarcande. 12 octobre.

Nous sommes heureux de retrouver l'Ouzbékistan mais la ville a bien changé. Tout d'abord, en nous dirigeant suivant notre trace GPS d'avril vers le Registan, centre historique de la ville, la route est soudain coupée par un mur, poussé là on ne sait quand, ni comment, ni pourquoi. Un long détour nous permet d'arriver au Registan, de l'autre côté du mur.



Elisabeth et Jacques sont là qui nous attendent et les retrouvailles sont très chaleureuses. Après avoir dîné ensemble, nous passons une agréable soirée à échanger nos expériences depuis Almaty. Nous avons fait le même trajet; nous les suivions trois ou quatre jours plus tard.
Le lendemain, ils quittent Samarcande et nous devons nous rejoindre 10 jours plus tard au nord du pays. Mais nous ne les reverrons plus. Une sombre histoire d'enregistrement du visa pas fait dans les 3 jours de l'arrivée dans le pays les tiendra 6 heures dans le bureau de police de Boukhara. La conclusion sera l'obligation de quitter le pays dans les trois jours. Un échange de SMS nous avertira immédiatement du problème et nous permettra de faire les démarches nécessaires pour nous éviter pareille mésaventure. Merci à vous, Jacques et Elisabeth!




Samarcande a beaucoup changé depuis avril! Les petites boutiques exposant leurs produits directement sur le trottoir ont disparu et sont remplacées par un alignement uniforme de magasins, tous semblables, propres ; vides aussi, de marchandises et de clients ; le personnel, soudain trop nombreux et désoeuvré.



Les rues et les trottoirs ont été refaits, pavés goudronnés. Le musée est en phase de démolition et devrait être, parait-il, remplacé par un grand et luxueux hôtel.
Pour qui arrive pour la première fois à Samarcande, il trouve une ville propre et nette au milieu de laquelle se trouvent les monuments historiques rénovés.

Mais celui qui a connu Samarcande avant, comme nous il y a 6 mois, il trouve une ville aseptisée, sans âme, qui ressemble à une plante ayant perdu sa sève. La vie, la vraie, celle des ouzbeks, est cachée derrière le mur sur lequel nous avions buté à notre arrivée.



Nous allons visiter le Gour Emir, le mausolée de Tamerlan. Nous choisissons d'y aller vers 13heures, quand les groupes de touristes seront affairés derrière leurs assiettes et oublieront pour quelque temps les visites des monuments.





Un groupe de femmes ouzbeks arrive et chacune prend place sur les bancs.




La gardienne va faire l'exposé de la visite et comme ne comprenions rien, nous regarderons les têtes se tourner dans un bel ensemble vers la droite, vers le haut, vers le bas, vers la gauche, manifestant approbation ou désapprobation par des hochements de tête ou des murmures....



La visite terminée, la guide s'en va, mais toutes les femmes restent assises. Quelques femmes et un groupe d'hommes ouzbeks entrent encore.
Soudain, une femme se met à chanter. Instantanément, tout le monde s'asseoit et un silence total s'abat sur l'assemblée ; il n'y a plus un bruit, plus rien que cette très belle voix qui s'élève dans ce profond silence. La mélodie est typiquement arabe, langoureuse, tout en demi-tons. Elle monte vers les coupoles et redescendant en enveloppant chacun de sérénité et de spiritualité.



 Personne ne bouge. Cette voix sort sans effort de la bouche de cette femme assise simplement sur le bout d'un banc. Moments magiques.
Tout à coup, en face de moi, je vois entrer un groupes de touristes japonais ; l'effet sur eux est immédiat, ils semblent enveloppés de feutre, ne font pas un bruit, ne disent pas une parole, comme figés sur le pas de la porte.
Le mausolée est empli de cette voix, on voudrait que cela ne finisse jamais. Les visages sont graves, recueillis. Soudain le chant s'arrête et sans transition, la femme récite les sourates du Coran, comme un autre chant. Toutes les mains se tournent paume vers le haut à hauteur de la poitrine.



Lorsque la voix s'éteint, doucement la vie reprend et les mouvements lents d'abord, s'accélèrent petit à petit, comme une grosse machine qui se remet en marche. On remercie la chanteuse et les visages se mettent à sourire. Nous sortons du mausolée, ressentant au fond de nous une émotion qui ne nous quittera que beaucoup plus tard.




De Samarcande, nous allons à Sharisabz puis Boukhara où les villes montrent quand même beaucoup moins de changement, encore que....







Vendeuses au marché aux bijoux de Boukhara.



Devant une des madresssa de Boukhara.

Puis nous arrivons à Khiva. Là, nous espérons retrouver Fazilat et Gulnoza que nous avions rencontrées en avril. Nous leur avons envoyé un mail pour annoncer notre arrivée prochaine. Internet étant en panne, elles ne l'auront pas reçu. Nous n'avons échangé aucun autre message depuis avril.



Pourtant, nous promenant dans la ville déjà assez déserte en fin de journée, nous voyons arriver en face de nous deux jeunes filles. L'une d'elle a un sourire radieux et le regard fixé sur nous. Fazilat. Les retrouvailles sont émouvantes ; elle va prévenir très vite Gulnoza qui nous attend aussi ; travaillant dans les champs de coton, elle a déjà dit à Fazilat qu'elle reviendrait à Khiva dés notre arrivée.

Un sentiment nouveau nous atteint : attendus, nous sommes attendus. A part Elisabeth et Jacques à Samarcande, c'est la première fois depuis 8 mois que quelqu'un nous attend vraiment!


Invitation chex Gulnoza

Nous passerons trois jours en leur compagnie, avec Claire, la nouvelle guide « française » qui parle bien notre langue, mais pas du tout l'anglais comme le font Fazilat et Gulnoza.
Nous sommes invités chez Gulnoza, ainsi que Marie et Catherine, deux françaises qui voyagent seules pour trois semaines en Ouzbékistan et que le hasard nous fait rencontrer à Samarcande, à Boukhara et à Khiva.



Nous retrouvons aussi la mère de Gulnoza (a droite sur la photo). Nous ne pouvons guère nous parler mais les regards que nous nous portons en disent longs sur la joie de nous revoir.


Une petite excursion à la campagne avec les trois filles nous fait rencontrer un fermier qui nous invitent « à manger le pain » dans sa superbe maison au milieu des champs de coton.



Inviter quelqu'un à « Manger le pain » consiste à déposer au milieu de la table de grands nans, pain local. La politesse est d'en prendre un morceau, si petit soit-il.



Chez notre hôte, le pain sera vite accompagné de pastèques, de grenades, et de raisin. Puis ce sera un énorme melon de 15 kg qu'il découpera à l'aide d'un grand couteau de ce geste si typique chez nous de celui qui coupe des tranches d'une grande miche de pain.



Ces fruits provenant directement du jardin sont très savoureux , notre hôte est un homme de grande bonté, ce qui se lit sur son visage. Il nous explique en riant que sa femme et lui sont tombés amoureux à l'âge de....5 ans! Au bout de la table, la petite dame acquiesce avec un bon sourire.
Un fois de plus, je regrette de ne pas pouvoir converser directement avec lui, mais nous avons cette fois de bons interprètes!



Nous passerons chez le frère de Gulnoza qui possède le Coran ancien qui se transmet de génération en génération. Un très vieux livre, magnifique.



Nous aurons du mal à nous séparer de nos jeunes compagnes. Le jour de notre départ, Gulnoza diffère son retour dans le coton pour nous accompagner à Ourgench où elle nous invite au restaurant. Fazilat et Claire nous accompagnent.



 Fazilat doit retourner à Khiva pour ouvrir le bureau de l'Office du Tourisme à 14 heures, mais....les touristes ont dû attendre; elle ne nous a quittés qu'à 15 heures et Khiva n'est pas tout près.
Toutes trois nous répètent souvent :« Je ne veux pas que vous partiez..... » C'est vrai qu'il est tellement plus facile de partir que de rester.....


Fazilat...


Gulnoza...


et Claire...

Merci à vous trois pour cette tendresse que vous nous portez, pour votre gentillesse, pour nous avoir attendus pendant 6 mois....



A Khiva, nous avons visité la fabrique de tapis de soie et les brodeuses de suzannés. Les femmes sont assises à une, deux ou trois derrière les tapis où elles manient les fils de soie qu'elles nouent avec adresse et rapidité.



Les fils sont importés d'Inde, teints à Khiva avec des colorants naturels, écorce de grenade, oignon, indigo,.....



Les tapis réalisés sont magnifiques et se négocient aux environ de 1000$ .



Les brodeuses réalisent de superbes suzannés. Chaque brodeuse brode le même point; le travail doit être assez monotone....



Nous sommes venus une première fois et après avoir échangé quelques banalités, nous avons dit à deux d'entre elles que nous reviendrions le lendemain pour les filmer. Nous ne sommes venus que le surlendemain et elles étaient très surprises de nous revoir. Leur première question était depuis combien de temps nous étions à Khiva, la plupart des touristes ne faisant que passer rapidement. Et tout de suite après : Film??? Elles étaient ravies d'être filmées, photographiées comme de grandes vedettes. Délicieux moments.





Nous avons quand même dû quitté cette ville attachante de Khiva et nous nous sommes rendus à Ayaz Kala, une citadelle du désert où nous avions déjà séjourné quelques jours en avril. Le paysage a changé, un été chaud étant passé entre temps.



Plus d'Asa Foetidia, ces grandes fleurs jaunes qui coloraient le désert, mais seulement les tiges qui ressemblent à des squelettes desséchés. Si le désert est immobile, la vie est toujours très présente comme le témoignent les nombreuses traces sur le sable. Des petites gerboises courent ici et là, nullement effrayés par notre présence et grignotent une petite graine, dressées sur leurs pattes arrière.


 En haut, à droite, le petit point, c'est notre fourgon.

Le lac s'est beaucoup asséché et les bords sont recouverts de sel, avec parfois des sables mouvants. C'est fantastique de marcher dans ce désert vierge de toute trace de pas, baignant dans un profond silence. La forteresse arbore des dégradés de roses et de rouges sous le ciel de feu au lever et au coucher du soleil.



Durant notre troisième nuit à Ayaz Kala le vent se lève et devient de plus en plus violent. Les rafales secouent notre fourgon en tous sens. Le lendemain, le vent est froid et la température chute à 0° alors qu'il faisait plus de 20° la veille encore.



Nous nous dirigeons vers Nukus, chauffage à fond. Dans la ville, tout le monde est très emmitouflé et il est surprenant au marché de voir les vendeurs de fruits et légumes d'été et d'automne, montagnes de kakis, grenades, pastèques, melons, tomates, aubergines, beaucoup de raisin...... porter des vêtements du grand hiver.
Nous effectuons nos derniers achats en vue de quelques jours de désert, 1700 km qui nous mèneront jusqu'à Astrakhan, en Russie, avec quelques villes sur le trajet.

Nous allons quitter l'Ouzbékistan pour nous rendre au Kazakhstan, puis la Russie, l'Ukraine, la Slovaquie, l'Autriche, l'Allemagne, et enfin....LA FRANCE!! mais, en cette fin d'octobre, quelques 7000 km nous en séparent encore....



14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 07:28

Pour en savoir plus   :

CARTES DU VOYAGE : KIRGHIZSTAN ET TADJIKISTAN

Présentation du Tadjikistan




27 Septembre.Nous quittons Korog pour rejoindre Dushanbe.




De temps en temps, une carcasse de char au bord de la route.....

Nous savons par tous ceux qui nous ont précédés que la partie nord de la route est exécrable. Nous décidons donc, moyennant un surplus de quelques dizaines de km, de continuer de longer la frontière afghane vers le sud jusqu'à Kulab, puis de remonter vers Dushanbe. Pour les 65 premiers km, nous aurons environ 30 km de bon goudron et … 35 km de plus qu'exécrable!!! Qu'avons-nous gagné? Deux journées tous seuls sur la route, la compagnie de la frontière afghane un peu plus longtemps et des routes très difficiles.

 



Tout le long du trajet depuis que nous avons rejoint la frontière afghane des centaines de km plus tôt, nous voyons sur le côté afghan un sentier « des douaniers », la plupart du temps creusé dans la falaise. Il est accroché au-dessus du flot tumultueux de la rivière Pianj ; parfois, lorsqu'il n'est pas possible de le creuser dans le rocher, quelques planches permettent un passage vertigineux. Les amateurs de via ferrata et de canyoning y seraient aux anges mais … ici, point de main-courante, de parapet ou de possible assurance. Un faux pas et c'est la chute vertigineuse dans le flot bouillonnant. Nous y voyons pourtant cheminer des ânes bien chargés accompagnés de familles ; tous marchent d'un bon pas et nous les suivons des yeux de l'autre côté de la frontière.




C'est avec émotion que nous nous séparerons de la rivière-frontière et passerons notre dernière nuit près de l'Afghanistan. Bye bye Afghanistan!

Assis sur un rocher, nous regardons la « dangereuse » Afghanistan à quelques dizaines de mètres de nous, nous sommes sur la route de la drogue, des soldats armés patrouillent sur la route et passent derrière nous; pourtant, nous ressentons un sentiment de sécurité et de sérénité extraordinaire. Impossible à expliquer.





 

Nous arrivons à Dushanbe. En guise de bienvenue, nous sommes arrêtés par un policier qui voudraient nous faire passer pour des terroristes sans doute. Notre cas est grave ; il est vrai que nous avons emprunté 10 mètres de route réservée au Président de la République. C'est du moins ce qu'il a dit car aucun panneau ne l'indiquait. Notre patience en viendra à bout.



 

Comme toutes les capitales d'Asie Centrale, Dushanbe est une ville assez moderne, propre et sans âme. Quelques monuments à la gloire de politiciens et de poètes d'une autre époque, des jardins avec beaucoup de fleurs et de jets d'eau.



 Un lac près d'un parc où se trouvent de nombreux manèges rouillés et d'une autre époque, mais qui ne désemplissent pas le dimanche matin, et des tas de petits restaus servant des chachliks et autres brochettes.



 

Beaucoup de monde s'y promène en famille et une ambiance de gaieté règne ici.






Nous restons près de 10 jours à Dushanbé pour attendre notre visa ouzbek. Nous ferons entre-temps des petites excursions à Hisar, ville très ancienne à 30 km de la capitale.





 Puis dans la vallée de Karatag, en montagne, pour fuir la chaleur de Dushanbé. En effet, le 1er octobre, nous notons 34°. La tempérture baissera les jours suivants de façon notoire.

 

L'ambassade d'Ouzbekistan est le lieu d'intéressantes rencontres avec d'autres européens en particulier Paul, un ingénieur espagnol qui travaille dans l'installation de circuits d'eau dans les montagnes, depuis 4 mois déjà, et que nous retrouverons à Samarcande. Il nous fait faire connaissance avec Scillia, hongroise, et son mari, slovène, qui travaillent dans une ONG à Dushanbé. Nous passerons une magnifique soirée, d'autant plus que Scillia ressemble beaucoup à mon amie Marie-Camille, dont elle a la gentillesse et douceur de la voix.

 


Sur cette phoyo, chacun a une autre nationalite. C'est cela, les rencontres...

Dans les restaurants tadjiks, ouzbeks et kirghizses, on mange sur des sortes de grands lits où il faut prendre garde de ne pas mettre les pieds sur la table, c'est à dire devant soi. On y ajoute parfois une petite table, ce qui permet à nos jambes européennes d'avoir un peu plus de confort. Après le repas, on enlève la table et ….pourquoi pas une petite sieste?


 

 

Nous quittons Dushanbe par une route terrible!! Il faut passer un col à 3400m, et un tunnel a été creusé. Mais des problèmes d'infiltration ont obligé à le fermer et à passer de nouveau par le col dont la route n'est plus entretenue puisqu'il y a le tunnel. Vous suivez? Il s'en suit que la route du col est en très mauvais état, bien que fréquentée par de  nombreux camions. Pour comble de chance, il neige au col! Heureusement, la neige ne reste pas sur la route car celle-ci pourrait vite devenir dangereuse.



Une tres bonne route est parfois intercalee entre deux troncons abominables....
 
 

Nous arrivons enfin à l'embranchement pour nous rendre aux monts Fan, un petit massif montagneux entre Dushanbé et l'Ouzbékistan, dont le point culminant atteint quand même 5500m.



La route est d'abord goudronnée, ce qui est reposant après la terrible route de Dushanbé; puis on arrive sur une piste qui se réduit de plus en plus et descend vers la rivière que nous devons traverser. Nous passons dans un village puis voyons quelques anciens se regrouper pour nous voir franchir le pont. Le pont....3 bennes de camion placées côte à côte. Nous ne savons pas si cela sera assez large, assez solide pour notre fourgon. Beaucoup d'hésitation. Le pont laisse deux centimètres de  chaque côté du fourgon. Je regarde le torrent dont le flot est rapide et la profondeur appréciable. Klaus se lance. Nous passons. La piste de sortie n'est pas très commode mais Klaus n'en est plus à cela près! Moins d'un km plus loin, nous voyons un magnifique pont, bien large, bien solide aussi. Nous avions quitté la bonne piste..... Pas de photo de cet élément d'un autre âge, la tension était trop forte.




Nous continuons notre piste vers la montagne pour atteindre les lacs Marguzor, le but de notre trajet.




Ces 7 lacs, échelonnés sur une quinzaine de km, entre 1600 et 2400m, sont de toute beauté. Le premier est d'un violet profond, qui devient vert sur les bords. Une teinte que nous n'avons jamais vue à un lac.




 

Puis , on verra du bleu foncé, du turquoise, avec les montagnes saupoudrées de neige fraîche en toile de fond.







 

Nous ferons des rencontres aussi. Les habitants sont très accueillants, très souriants. Un vrai bol d'air frais et de chaleur humaine.

 



J'aurais voulu pêcher quelques truites pour l'anniversaire de Klaus, mais je n'ai pas plus de chance que d'habitude, d'autant qu'avec l'ombre, le froid devient mordant.







 


Après deux jours dans les Monts Fan,



nous retrouvons Penjikent et la frontière dont le passage promet, d'après les expériences de précédents voyageurs, quelques difficultés....

Cela n'a pas manqué. Arrivés vers 11h30, nous quitterons la frontière tadjik à 16h. Entretemps, nous aurons eu de longues conversations avec le chef de la douane, entrecoupées de sordides discussions pécunières, et de tasses de thé accompagnées de confiseries. Nous avons finalement lâché nos 20 $, avec rancoeur, par principe, car c'est une sorte de racket! Je me suis quand même consolée en disant à Klaus qu'à une école de langue, un tel entrainement de la langue russe, m'aurait coûté beaucoup plus cher!!!!!

La frontière Ouzbek est heureusement franchie sans problème et nous arrivons de nuit, à 18heures, à Samarcande, où nous attendent Elisabeth et Jacques, rencontrés fin aout à Almaty, et avec qui nous serons toujours restés en contact.

 

 

 

6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 15:02



Trajet Mongolie -Tadjikistan











KAZAKHSTAN-KIRGHIZSTAN-TADJIKISTAN






ROUGE  = article Pamir 1 (NORD)    JAUNE = article Pamir 2 (SUD)          VERT  = article Pamir 3 (Chok Dara)




Petite histoire : Il existe entre haut-savoyards et savoyards une rivalite bien connue. Le col des Aravis separe La Clusaz en haute- savoie de Flumet en savoie.
Pourquoi les habitants de la Clusaz ont-ils de grandes oreilles?
Parce que tout petits deja leur papa les souleve par les oreilles et leur dit :" Regarde comme c'est beau de l'autre cote du col en Savoie...."

Tout au long de notre trajet, nous avons suivi la frontiere chinoise et nous avons toujours ete separes de ce pays par de tres hautes montagnes. Nous n'avons jamais vu la Chine.
J'aimerais qu'un geant me prenne par les oreilles (avec delicatesse tout de meme!), me souleve et me dise :" Regarde , de l'autre cote, c'est la Chine..."

Pendant notre parcours au Tadjikistan, nul besoin de geant pour nous soulever. Nous avons suivi la frontiere afghane sur des centaines de km et par-dessus la riviere, nous avons pu contempler l'Afghanistan autant que nous le voulions...
4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 16:32

 

 

 

 

 

 

CARTES DU VOYAGE : KIRGHIZSTAN ET TADJIKISTAN


Présentation du Tadjikistan

 


La vallée de la Chok Dara, au départ de Korog, suit la rivière du même nom et part vers l'est entre la route de la vallée de Wakhan au sud et la Route du Pamir au nord. Elle permet d'approcher les prestigieux sommets du Pic Karl Marx et Pic Engels.


La route serpente tout d'abord à travers de jolis villages..

 

Nous franchissons de nombreuses gorges où nous rencontrons très peu de véhicules. Peu de villages aussi et nous devenons de plus en plus seuls.



Tout à coup, dans une gorge, nous croisons deux enfants d'environ 8 à 10 ans. Dans le désert humain où nous nous trouvions, ces deux gamins endimmanchés (ils revenaient de l'école) était une apparition tout à fait saugrenue! Le petit garçon se contente de se mettre sur le côté tandis que la petite fille se couche sur le sol, sans doute très effrayée par notre véhicule. Elle ne se relèvera que pour répondre à mon signe de la main. Le prochain village, d'où ils venaient de l'école, nous a paru très très loin! Il est vrai qu'à 20 km/h les distances ne semblent plus les mêmes qu'à 90.....


A partir de 3200m les arbres se font plus rares et il existe encore quelques champs de céréales. C'est ici aussi la période des moissons. Peu à peu on retrouve des véhicules qui font la liaison entre les villages plus nombreux mais très petits cependant.

 


Et puis, tout à coup, au fond d'une vallée transversale, on aperçoit un glacier qui doit être le Pic Karl Marx tant attendu. Mais les épais nuages gris ne nous permettent pas d'en voir grand-chose. Nous décidons donc de passer la nuit ici et d'attendre le beau temps du lendemain. Peu de temps après, on frappe à la porte et un homme et un enfant demandent à entrer. Ils vont passer une bonne partie de la soirée dans notre fourgon. L'homme voudrait nous vendre des rubis qu'il a trouvé dans la montagne, mais vu la mauvaise qualité des pierres, nous ne sommes pas acheteurs. Comme on avait parlé la veille de grenats, il est là lendemain matin avec des grenats, de toute aussi mauvaise qualité d'ailleurs!


Mais le lendemain, il fait très beau et les spectacle du Pic Karl Marx nous éblouit.


 

Le Pic Karl Marx 6700 metres

 


Nous ne savons pas encore qu'il va nous tenir compagnie pendant toute la journée, apparaissant au gré des vallées, avec son comparse, le Pic Engels, se dévoilant de plus en plus au fur et à mesure que nous montons.

 

A droite, le Pic Engels ,6500 metres, dont l'immense bloc arrondi est vraiment typique

 

 

 


Le Pic Karl Marx à gauche, le Pic Engels au milieu

 


La route est souvent très mauvaise, caillouteuse.



Ce qui nous pose un problème est la garde au sol de notre véhicule qui est assez basse et les roues petites. Avec beaucoup d'adresse, Klaus roule en équilibre sur les cailloux pour parer à cet inconvénient. Parfois, il ne peut éviter que les cailloux ne touchent et c'est en particulier la vidange de notre réservoir d'eaux usées qui est quelque peu abimée ; la perte d'étanchéité se traduit par la présence des petits glaçons qui s'y accrochent pendant la nuit.

 

 

 

Nous arrivons à un col à 4200 m où se trouve un petit lac. Des bergers sont encore présents avec leurs moutons. Enveloppés dans de grands foulards, on ne voit que leurs yeux.  Quand ils se dévoilent, leur visage est rouge violacé, brûlé par le soleil, l'air sec et froid. Ils ne connaissent pas les fruits et légumes frais dans cet isolement. Nous leur laissons quelques pommes et tomates, un trésor pour eux.....

 



 

 

 


Nous passons la nuit à 4200m sous la garde des Pics Karl Marx et Engels qui nous dominent majestueusement.

 

 

Le lendemain matin, Klaus ne résiste pas à grimper sur un sommet pour admirer la vue de plus haut encore!

 

 

Regardez bien, le petit point en bas au milieu, c'est le fourgon, là oùnous avons passé la nuit à 4200m.....



400 m plus bas, nous apercevons la Route du Pamir, goudronnée, qui verra la fin de notre laborieuse route.



Mais nous aurons encore bien des difficultés pour l'atteindre, du fait de la pente raide et de la piste très cailouteuse..

 


Sur le goudron, tout nous semble facile et reposant. Nous descendrons cette route du Pamir, en bon état, tout en contemplant le magnifique paysage.

Vers 3200m les arbres réapparaissent dans leur habit d'automne. Les couleurs jaunes, rouges et vertes de l'automne se mêlent au bleu du ciel et au vert émeraude ou turquoise de la rivière que nous longeons. Les villages brillent au soleil, les habitants nous saluent au passage. Tout est beau, tout est propre, l'air est merveilleusement clair et nous sommes bien.

Le soir, peu avant Korog, nous nous arrêtons au bord de la rivière et nous couchons, épuisés, à 19 heures pour immédiatement sombrer dans un profond sommeil.

 

 

 

Petite note : Vous avez vu beaucoup de photos des pics Karl Marx et Engels. Trop peut-être? mais n'oubliez pas que nous sommes venus, et vous avec nous, dans cette valléee de la Chok Dara pour les admirer! Maintenant, vous aussi pourrez les reconnaître au milieu de beaucoup d'autres montagnes.....


4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 16:28



CARTES DU VOYAGE : KIRGHIZSTAN ET TADJIKISTAN

Présentation du Tadjikistan


La Pamir fait la frontiere entre Tadjikistan et Afghanistan


20 septembre.

Nous arrivons à Khargush, camp militaire qui marque la frontière avec l' Afghanistan. Nous avons droit au traditionnel enregistrement des passeports. Devant nous serpente une charmante rivière verte, la Pamir ; l'émeraude de l'eau évoque certes la couleur mais aussi la transparence du gemme. De l'autre côté, c'est l'Afghanistan, une bande étroite de terre qui se termine en montagne verticale. Derrière cette barrière qui s'élève à près de 5000 mètres se trouvent les hauts sommets de l'Indu Kusch qui apparaissent au gré de vallées transversales.



Nous allons longer cette frontière sur des centaines de kms et pendant plus d'une semaine.

 

 

Visite "guidee" d'un ancien fort a Langar avec notre escorte...

 

Nous descendons tout d'abord plein sud en longeant la Pamir jusqu'à Langar. Là une autre rivière arrive d'Afghanistan d'est en ouest, la Wakhan, qui donnera son nom à cette magnifique vallée. Les deux rivières réunies s'appellent désormais la Pianj qui fera la frontière entre Tadjikistan et Afghanistan.

 

Du cote afghan, sur la bande etroite avant la montee vers les montagnes, se trouvent les villages au milieu de champs de cereales et de hauts peupliers.

 


La Pianj est une magnifique rivière, toujours très claire, toujours très verte. Son cours est rapide, mais sans remous et je rêve de descendre la rivière en canoë, découvrir les hauts sommets au détour des vallées... Klaus me ramène vite à la réalité en me rappelant que la rivière est la frontière entre deux pays où on ne plaisante pas et qu'un canoë ne saurait aller très loin avant d'être interpellé....

 


Nous nous arrêtons pour la nuit sur une petite butte. Devant nous, de hautes montagnes de l'Indu Kush se voient mal à cause de l'éclairage du soleil. Nous décidons de les voir au lever de soleil pour mieux les admirer. Le lendemain elles ont revêtu leur tenue de camouflage sous la forme d'un épais brouillard gris..... Plus conciliants, derrière nous, quelques glaciers du Pamir se laisseront deviner à travers les innombrables fils des lignes électriques.....

 

 

 

Nous visitons un ancien fort qui fait face a l'Afghanistan. De l'autre cote de la riviere, des paysans afghans nous font de grands signes de la main. Il y a meme un berger qui nous observe a la jumelle!

 

 

L'Afghanistan a gauche, le Tadjikistan a droite

 


Depuis que notre parcours a rejoint la Pianj, à environ 3000 mètres d'altitude, nous suivons une vallée étroite encadrée de deux murs quasi-verticaux de dressant au nord, au Tadjikistan, vers le Pamir, et au sud, en Afghanistan, vers l'Indu Kusch. Les montagnes qui encadrent cette vallée ont près de 5000m d'altitude. Dans cette vallée se trouvent une succession de petits villages entre lesquels sont des champs de céréales majoritairement. C'est la période des moissons. Elles se font sans machine et hommes, femmes et enfants sont dans les champs certains coupant à la faucille, d'autres en faisant tourner des ânes ou des boeufs qui piétinent les céréales pour extraire les grains,



les derniers lançant à la fourche les grains extraits pour les séparer des brindilles.



Tous nous font de grands signes de la main, ou...avec leur faucille! avec de magnifiques sourires. Les hommes, surtout les vieux, nous font un signe de tête en mettant la main sur le coeur.

 

 

 

Cote afghan, les memes scenes se produisent. Sur le toit des etables se dressent des pyramides de foin, tres typiques. Nous verrons les memes plus loin aussi au Tadjikistan.  Les maisons d'habitation sont pratiquement toutes en terre avec tres peu d'ouverture.

 

Nous arrivons ainsi à Korog, la première grande ville que nous rencontrons au Tadjikistan, et qui est la capitale du Pamir. Nous y retrouvons un marché très animé, des fruits et légumes en abondance alors qu'il n'y avait rien dans les montagnes du Pamir. Korog est une ville agréable, avec un grand parc où il fait bon se promener à l'ombre des arbres et dans la fraîcheur du torrent descendant en direct des glaciers du Pamir.

 

4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 16:13




CARTES DU VOYAGE : KIRGHIZSTAN ET TADJIKISTAN

Présentation du Tadjikistan


Le 16 septembre nous quitons Sari Taj au petit matin pour le Tadjikistan. Le poste de frontière kirghizse n'est qu'à une trentaine de kilomètres de Sari Taj et nous y parvenons par une vallée laissant apparaître de jolis glaciers. Entre la frontière kirghizse et la frontière tadjike, il y a environ 20 km et un col à 4282 m d'altitude.





A la frontière kirghizse, nous demandons à des conducteurs de camions locaux si la route st enneigée et si elle est bonne. Pas de neige et route « karacho » nous répondent-ils. Nous voilà tranquillisés.... En fait la Pamir Highway est une route tantôt goudronnée, tantôt piste en bon état en général. Elle ne présente aucun problème même à des altitudes élevées.



 Au poste frontière tadjik, un militaire nous dit qu'il neige en hiver, mais que le vent est tellement violent que la neige est aussitôt emportée. On imagine les congères sur la route …..



 Nous resterons à plus de 3500 m d'altitude pendant plus d'une semaine, en passant chaque jour des cols entre 4000 et 4600 mètres. Des sommets du Massif du Pamir et ensuite du Karakorum, de 5000 à 6000 mètres et plus parfois, se dévoilent et se cachent sans cesse tout le long de cette première partie du trajet de la route du Pamir de Sari Taj à Langar.



Sur tout le trajet de la Route du Pamir, de grands camions chinois, en groupe de deux ou trois en general, circulrnt pour amener leurs marchandises jusqu'a Korog. La,elle sera transferee dans les camions tadjiks qui l'achemineront jusqu'a Dushanbe.



Après avoir avoir passé le poste de frontière Tadjik, lequel se trouve dans de grands réservoirs anciens de carburant, en attendant la fin de la construction du nouveau poste de douane, nous rencontrons, dans la montée du 2ème col, deux cyclistes slovaques. Nous sommes à plus de 4000 mètres et ils sont frais comme des gardons!!! Après quelques échanges de renseignements concernant la route, chacun reprend son chemin.

Toute ressemblance avec quelqu'un existant ou ayant existe est tout a fait fortuite (cycliste de droite ; Jean R.?)

 Nous arrivons à Karakul, village et lac du même nom.





 Le paysage est totalement désertique. Quelques touffes d'herbe au bord du lac nourrissent les troupeaux peu nombreux que nous rencontrons. A près de 4000 mètres vivent des gens dans ce village toute l'année.



 Une atmosphère assez misérable se dégage de ce village, ce qui n'empêchera quelques jeunes filles de venir pomper l'eau pour remplir nos réservoirs. Le remplissage d'eau est en général toujours une bonne occasion de rencontres!




Cimetiere de Karakul

Nous passons la nuit près du lac et continuons notre route vers Mourghab, la ville la plus importante de ce trajet.


Tout au long de la route, une cloture marque la limite de l'ex "empire" sovietique. La frontiere chinoise n'est pas tres loin, de l'autre cote de ces montagnes.

 Le col d'Ak Baital, à 4655 mètres marque le point culminant de ce trajet. Nous nous attendions à une vue superbe, mais en fait le passage du col se fait à travers deux murailles. Nous nous arrêtons peu après et montons sur un tout petit sommet pour savourer de magnifiques paysages multicolores.



 Peu avant Mourghab, nous nous arrêtons pour prendre un café. Soudain Klaus regarde à l'arrière du fourgon et s'exclame : « Nous devons partir tout de suite, très vite! » Nous sommes dans une vallée large entourée comme toujours de très hauts sommets. La vallée est bouchée par un nuage de sable, masquant toutes les montagnes environnantes. La violence des tempêtes est ici connue. Nous ne laisssons pas au café le temps de se terminer et nous précipitons dans la cabine. Le front de la tempête qui arrive sur nous est légèrement courbe et une de ses extrémités arrive à la hauteur du fourgon, ce qui nous permet de remarquer que la tempête avance à la même vitesse que nous : 50 km/h. Heureusement que nous sommes sur une bonne route; notre vitesse étantt plutôt en général de 30 à 40 km/h, nous serions alors vite rattrapés! Nous ne savons pas ce qui se passe quand nous sommes au coeur d'une telle tempête de sable mais notre soif de découverte ne nous a quand même pas poussés à rester sur place pour voir...


La tempete s'est deja calmee...

Peu après, nous voyons un véhicule militaire, avec dans la benne quelques soldats bien emmitouflés, qui va au-devant de la tempête (pas pour l'arrêter je pense...!).



Mourghab se révèle une petite cité charmante qui n'est pas sans rappeler les villes du Ladakh avec ses petites maisons blanches carrées. Il n'y manque que le monastère bouddhiste remplacé ici par une petite mosquée.



 Nous trouvons une banque....enfin ce qui sert de banque, avec pour éclairage un savant assemblage de 4 câbles avec une ampoule à l'extrémité de chacun. Cela fait un peu guirlande....



Cherchant des nans (pain local), on nous conduit à travers le village vers une maison où un homme nous vend un nan, puis nous invite pour le thé. Le local, qui sert peut-être de petit restau est très sommaire et la conversation se fera essentiellement sur le climat que nous savons très rude ici (c'est aussi le meilleur vocabulaire que je possède en russe...)



 La prochaine étape se déroule sur un plateau avec toujours de nombreux glaciers qui surgissent au fond d'une vallée transversale. Les montagnes de Pamir sont très verticales et il est impressionnant de voir toute cette glace accrochée en surplomb et qui tient on ne sait comment. Nous sommes sans cesse dans la contemplation de ces décors extraordinaires qui se succèdent sans cesse.



 Nous arrivons au lac Sassyk Kul et nous rencontrons Ulli, un cycliste allemand sur vélo couché. Nous sympathisons très vite et décidons de passer la soirée ensemble. Il plante donc sa tente à l'abri de notre fourgon.



 En fait, il habite à quelques km de chez Klaus en Allemagne...


Rencontre de deux Allgäuers à 4000m au Tadjikistan....

 Ulli est parti d'Allemagne en juillet et se dirige vers la Chine et l'Inde. Il sera de retour en Allemagne vers décembre ou janvier. Nous le reverrons bientôt! Le lac Sassyk Kul rappelle beaucoup ceux de Bandi-A-Mir en Afghanistan sauf que ceux-ci étaient à 3000 m et que nous sommes ici à 4000 m.





 Peu après le lac nous quittons la route principale pour nous diriger plein sud vers la vallée de Wakhan que le Tadjikistan partage avec l'Afghanistan dans sa partie ouest. Montant vers un nouveau col à plus de 4000 m , nous voyons venir deux cyclistes allemands, Andrea et Gerhard, qui sont en route pour un an, vers la Chine, le Tibet, le Ladakh, ….




 Nous passerons un très bon moment avec eux en dégustant thé, café et pastèques. Andrea est aussi d'Allgäu et habite à 20 km de chez Klaus. Et de plus, elle savait par personnes interposées qu'Ulli devait aller à vélo au Tadjikistan mais ignorait qu'il roulait 20 km devant eux. Le monde est vraiment très petit!!!
 Nous descendons vers la vallée et devant nous se découvrent de magnifiques glaciers de l'Indu Kusch.
On arrive à un poste de contrôle puis une petite rivière devant nous, la Pamir, marque la frontière avec l'Afghanistan.

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