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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 05:44




 

 

Voici trois textes (initialement en anglais) qui expliquent ce qui s'est passé pour les monastères du temps des communistes. Ces textes se trouvent au Monastère d'Erdene Zuu à Karakorum :

 

 

 

Jusqu'à 1921, la Mongolie était une « Boudhacracie » quand une révolution amena au pouvoir le MPP, le Part Populaire de Mongolie. En 1924, la Mongolie est devenue le 2ème pays communiste du monde. A ce moment-là, 1/3 de la population masculine était des lamas.

 


1936 : ERDENE ZUU : un monastère florissant

Malgré la séparation des monastères et de l'état par le MPP en 1920, les monastères mongols continuèrent d'exercer une forte influence sur la population.



Les lamas étaient profondément respectés par le peuple qui les écoutait davantage que les leaders du parti. Les communistes, par exemple, étaient obligés de demander aux lamas d'exercer leur influence pour que les bergers assistent aux réunions du parti, faute de quoi la participation était très faible.

 


Erdene Zuu, premier monastère établi en Mongolie, était un des centres de ce pouvoir. 1500 lamas y résidaient et le monastère comprenait 65 temples. Tous les bergers des alentours assistaient aux grandes cérémonies.

 

 

1937 : Destruction de ERDENE ZUU

Il était clair pour les communistes que les monastères, bien que ne gouvernant plus officiellement la Mongolie, menaient encore le peuple. Ils commencèrent à accuser différents dirigeants de monastères d'être contre-révolutionnaires.

 


En 15 ans, toute la vie monastique de Mongolie a été anéantie. Des dizaines de milliers de lamas, dont on n'a plus entendu parler, ont été envoyés en prison. On a estimé à 17 000  le nombre des lamas exécutés soit par balle, soit battus à mort pour économiser les balles... Les corps ont été ensuite enterrés dans des fosses communes ou jetés dans des ravins. Un de ces charniers a encore été récemment découvert.

 


Les jeunes lamas de moins de 10 ans ont été autorisés à vivre et renvoyés à la campagne dans leur famille, menacés de représailles s'ils prenaient part à une cérémonie boudhiste.

 


Des centaines de temples ont été détruits. Seuls quelques-uns furent épargnés et convertis, par les communistes, en musée exposant la vie féodale en Mongolie.

 

 

La destruction de Erdene Zuu eut lieu en 1937. La plupart des temples furent rasés ou sérieusement endommagés. Les hauts lamas furent exécutés, ceux de rang moyen envoyés en prison, et les plus jeunes renvoyés dans leur famille.

Cette élimination du boudhisme mongol servit d'avertissement aux tibétains qui savaient qu'il n'y avait pas de négociations possibles lorsque les chinois ont envahi le Tibet en1952.


 

 

1990 : restauration de la liberté religieuse.

En 1990, d'après une résolution du Grand Khurat, le parlement mongol, la liberté religieuse fut restaurée en Mongolie. Cette année-là, 3 monastères furent autorisés à rouvrir leur portes. Quelques années plus tard, ils seront 170.

 


Mais qui serait intéressé par le boudhisme après 70 années de communisme? L'écrivain chinois Ma Jian a récemment écrit : «  Le communisme peut anéantir les droits individuels, il ne peut pas détruire les traditions d'une nation. » Et cela est particulièrement vrai en Mongolie!

Quand le boudhisme tibétain a atteint les mongols au 7ème siècle, ils l'accueillirent dans leur coeur, et il devint une part essentielle de la construction de leur culture. Leur façon de voir la vie, son sens profond, leur attitude face à la mort, à la nature, étaient boudhistes, et le sont encore en dépit de 70 années de communisme.

En 1944, les temples rescapés de Erdene Zuu (8 sur 65)  sont devenus musée sous le contrôle de l'état.

 


En 1990, 17 lamas ont été autorisés à utiliser le Lavrin Temple (Temple tibétain) pour l'enseignement et la prière.

 

 

Une jeune femme d'une trentaine d'années nous confiait qu'avant 1990, son père faisait parfois venir à la maison un lama retourné à la vie civile en 1937 (il ne devait pas être tout jeune!) pour faire des cérémonies pour sa mère qui était malade. Lors de ces visites, toutes les portes et fenêtres de la maison étaient soigneusement et hermétiquement fermées car son père était membre du parti et risquait gros si on avait su que de telles cérémonies avaient lieu sous son toit.

Le boudhisme restait bien vivants dans le coeur de mongols....

 


Alors que l'on s'étonnait de voir qu'il restait tant de tankas, de statues et d'autres objets anciens, on nous expliqua que lorsque les destructions ont eu lieu, les habitants ont pris et caché ces objets dans leurs maisons ou dans les montagnes; lorsque la liberté religieuse a été proclamée, tous les objets ont miraculeusement refait surface pour rejoindre les monastère.

 

 



 

On se demandait aussi pourquoi certains temples ont été complètement détruits et d'autres épargnés totalement ou partiellement. Les armées communistes étaient soient russes, soit mongoles. Les russes pratiquaient la destruction de façon consciencieuse et systématique. Les mongols, sans doute du fait d'un reste de religion,.....étaient moins assidus, et d'autant moins si le temple à détruire était loin de la capitale ; les temples éloignés d'Ulaan-Bataar étaient d'ailleurs confiés aux troupes mongoles, les troupes russes restant autour de la capitale.


 

 

Quant au chamanisme, présent en Mongolie bien des siècles avant l'arrivée du boudhisme, il est toujours bien là et cohabite harmonieusement avec le boudhisme. La preuve en est la présence de nombreux ovos au sommet des montagnes ou collines, aux cols, et dans n'importe quel lieu de passage. Les écharpes bleues, couleur du ciel, sont signe de croyance chamanique, les chamans étant reliés aux esprits de la nature. Les ovos en sont surchargés; mais on les trouve aussi dans les monastères.

 

Pour terminer sur une note d'humour, laissons le Père Huc nous raconter sa vue sur les ovos en 1844 dans son magnifique livre :

« Souvenir  d'un voyage en Tartarie et au Thibet »

"Bientôt, nous sommes en présence du grand obo, au pied duquel les tartares viennent adorer l'esprit de la montagne; Ce monument n'est pas autre chose qu'un énorme tas de pierres amoncelées sans ordre.A la base est une grande urne de granit dans laquelle on brûle l'encens. Le sommet est couronné d'un grand nombre de branches desséchées, fixées au hasard parmi les pierrres. Au-dessus de ces branches sont suspendus des ossements et des banderoles chamarrées  de sentences thibétaines ou mongoles.Les dévots qui passent devant l'obo ne se contentent pas de faire des prostrations et de brûler des parfums, ils jettent encore de l'argent en assez grande quantité sure ce tas de pierres. Les chinois qui passent par cette route ne manquent pas non plus de s'arrêter devant l'obo, mais après avoir fait quelques génuflexions, ils ont soin de recueillir les offrandes que les mongols ont eu la bonhomie d'y déposer."

 

Sur chaque sommet et à chaque col donc,  on rencontre des ovos. On se doit d'en faire trois fois le tour, en déposant à chaque tour une offrande, qui peut aller du simple petit caillou au billet, en passant par des bouteilles de vodka toujours vides (ont-elles été déposer là vides ou vidées par les esprits?......), des béquilles en assez grand nombre, au autre babiole. Ici il n'y a pas de chinois pour récupérer les offrandes, mais il y a sûrement une âme dévouée pour faire le ménage de temps en temps....

 

 

 

 

 

 

 

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Published by jo - dans MONGOLIE
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