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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 14:01


Voyons, voyons....quelle route choisirons-nous?



Petit yak né il y a très peu de temps. Mais il grogne déjà aussi fort et aussi grave que ses parents! même s'il tient à peine sur ses jambes.


Nous quittons Ulaan-Bataar pour rejoindre la frontière au nord-ouest de la Mongolie, cette même frontière par où nous sommes entrés, à Tsagaannuur. Il ne nous reste plus que 3 semaines en Mongolie et plus de 2000km à faire. De plus, nous sommes dans la saison des pluies, les routes risquent d'être boueuses et il y aura quelques rivières à traverser.

 


Nous nous mettons en route, heureux de profiter du peu de goudron que nous offre la Mongolie et de prendre un peu d'avance. La route longe la voie ferrée sur laquelle s'étire un très, très long train qui remonte vers le nord. Trois locomotives ne sont pas de trop pour tirer ces innombrables wagons!

 

 

Il n'y a que peu de chemin de fer en Mongolie ; c'est essentiellement le trajet du trans-mongolien, une variante du trans-sibérien, qui vient d'Irkousk, passe à Ulaan-Bataar, et se dirige plein sud pour rejoindre la Chine. Quelques rares voies annexes rejoignent des villes minières.

 

Près une centaine de kms sur le goudron, nous retrouvons la piste et peu de temps après notre deuxième embourbement sérieux! De plus il se met à pleuvoir et un vent froid souffle.

 

 

Nous essayons avec les plaques vers l'avant,

 vers l'arrière, sans plus de succès....

 

 

et c'est finalement au tire-fort, grâce à des poteaux de téléphone qui ont eu la bonne idée de se trouver là, que nous arriverons à sortir de ce bourbier,  après 5 heures de travail et d'angoisse à se demander si on finira par s'en sortir..... Les mongols regardent et conseillent plus qu'ils n'aident.


 Le soir, nous avons un col à monter et dans le bourbier présent se débattent déjà de nombreux véhicules. La sagesse nous conseille de dormir au pied de cette montée et d'attendre le lendemain, comme le font d'ailleurs de nombreux mongols. Nous aurons la surprise de trouver, après une bonne nuit de repos, une piste assez sèche et nous passerons le col sans problème. Cela nous rassure de voir qu'en fait, même s'il pleut beaucoup, il suffit d'attendre quelques heures pour que des passages difficiles deviennent sans problème.

 

 


Tout le long du chemin nous rencontrons des touristes mongols qui campent le soir, avec des tentes comme les nôtres, et non pas des gers, et circulent avec de gros 4X4.

 

 

 

Petit remorquage, à travers champ,  d'une voiture qui, on ne sait comment, est arrivée tout en bas du talus...


 

 

Nous nous dirigeons vers Moron, une agréable petite ville, très vivante autour du marché, et où se trouve un petit temple boudhiste à la sortie de la ville.

 

 

Monument en hommage aux lutteurs que l'on trouve dans de nombreuses villes mongoles.

 

 

 

 


Peu avant d'atteindre en ville, un formidable orage éclate juste au moment où nous arrivons sur les quelques kms de goudron. Ouf! Les pistes seraient devenues impratiquables en quelques minutes.

 

 

 

 

Nous nous dirigeons plein nord, vers le lac Kovsgol, « La Perle Bleue de la Mongolie ». La route est un peu pénible, mais le lac est si joli! Un peu trop touristique à notre goût cependant.

 

 


 

 

 

 

 

Les mongols n'utilisent pas les chevaux de bât, du moins nous ne l'avons jamais vu. Quand ils ont des chevaux de bât comme ci-dessus, c'est pour des promenades de plusieurs jours organisées pour les touristes.

 

 

 

Mais les touristes sont aussi mongols ; ils campent sur les bords du lac, regroupés en famille en général. Mais ce qui est différent de chez nous, c'est le calme et le silence qui règnent malgré tout ce monde. On imagine le bruit et la cohue au bord de nos lacs en plein été!

 

 

Il y a de nombreux yaks, ou plutôt des « boeufs grognants » selon l'expression du Père Huc. Ils sont de toutes couleurs, mignons tout plein, et broutent une herbe riche en fleurs multicolores.


Cela me rappelle une dame qui aurait voulu être vache pour brouter les pâquerettes au printemps (les personnes concernées comprendront de qui il s'agit!) Simple petit hommage plein de nostalgie ... je lui offre ce bouquet de fleurs!

 


Les edelweiss ont fait leur apparition aussi et cela dés que l'on atteint l'altitude de 1900 mètres.

 


 


Des petites chèvres cachemire regroupées en troupeau posent pour la photo.

 

 

Et puis il y a une course à pied : les 100 kms du lac Kovsgol. Les coureurs, venus d'Europe, des Etats-Unis, du Japon et d'ailleurs, courent en une seule journée 100 km en une boucle. Une bonne partie du circuit est le long du lac et le ciel a été clément avec eux, un peu couvert pour faire moins chaud, mais pas de vent ni de pluie!


 

Campement des Tsatsans, éleveurs de rennes, dont les tentes rappellent les tipis des indiens d'Amérique.

 


 


Nous continuons notre route et prenons un raccourci pour rejoindre Ulaangoom. Mais nous serons mal conseillés sur le chemin à prendre. Cependant, ce trajet nous fait cheminer sur d'adorables pistes, où bien sûr nous serons tous seuls, franchir des cols au panorama magnifique, au milieu des champs de fleurs, asters mauves, edelweiss et bien d'autres.

 


 

Mais nous avons bel et bien perdu la route et les directions que nous indiquent les rares mongols rencontrés ne sont pas claires et finalement nous conduisent vers notre troisième embourbement du voyage.

 



La roue avant gauche coincée dans un trou, la roue arrière gauche dans la boue, tout le véhicule penche à gauche...nous sommes mal partis! Pas un arbre à l'horizon, et les premiers rochers solides à plus de 100 mètres, donc on ne peut pas utiliser le tire-fort. Après bien des tentatives, Klaus décide de scier les plaques de désensablement pour en avoir 4, et c'est en surélevant tout le côté gauche du véhicule pour le remettre à l'horizontale que nous arriverons à nous en sortir. Encore 5 heures de boulot...... J'ai oublié de dire que nous ne nous trouvions sur aucune piste, ayant décidé de couper à travers les prés pour rejoindre une piste que nous supposions plus loin ; déjà qu'il n'y avait personne sur la piste.....

 

 

C'est vrai que sortie de la boue ne nous avait pas pour autant remis sur le bon chemin. Nous tournerons encore quelques temps avant d'arriver à Sumber, un petit village où nous emmènerons à Arbulag, la ville voisine, un prof de russe en retraite. A 4 km seulement, donc 2 heures de route. Klaus me dit qu'il en avait bavé pour sortir de la boue, à mon tour maintenant d'en baver....en parlant russe! Mais notre compagnon de voyage n'est heureusement pas un bavard et j'aurai le temps de me reposer entre deux « conversations »! Nous apprendrons cependandant que les edelweiss, qui poussent ici comme de la mauvaise herbe, sont utilisées pour leurs vertus médicinales (je n'ai pas compris lesquelles....) et également pour bourrer les chaussures et faire ainsi une sorte de semelle qui j'imagine chaude et isolante. J'aurais aimé en amener un plein sac pour mettre dans mes chaussures de ski de rando (j'ai souvent les pieds froids!), mais le passage des frontières risque de se montrer délicat : comment expliquer à un douanier scrupuleux que je ne ramène pas des fleurs protégées mais seulement de la mauvaise herbe pour chauffer mes pieds?????

 

Nous aurions dû rejoindre la route d'Ulaangoom en roulant plein sud, mais on nous le déconseille : une rivière à franchir, ce qui risque de s'avérer délicat avec notre véhicule. Le conseil s'est avéré des meilleurs ; nous avons longé la rivière le lendemain ; très jolie, c'est vrai, mais, à moins d'un très bon gué......

 

 

Notre raccourci se sera finalement soldé par 100 km de détour ( ce qui est énorme sur des pistes où on ne roule qu'à 20 km/heure en moyenne), un embourbement (5 heures) , mais surtout, surtout, des paysages magnifiques, des fleurs, tellement de fleurs, qui couvrent des montagnes entières, des edelweiss qui scintillent au soleil, innombrables petites étoiles d'argent, fascination permanente du montagnard qui ne peut se lasser de les regarder....

 

Mais nous allons encore avoir l'occasion de perdre notre route, de nous retrouver dans des champs de fleurs ; nous roulerons même au milieu des edelweiss! Le GPS et les points de navigation nous permettront de nous situer et de nous remettre sur la bonne route que nous avions perdue sans jamais comprendre comment. Mais nous n'étions pas seuls! Une voiture russe a aussi beaucoup cherché son chemin, mais cela était plus ennuyeux pour eux : le véhicule avait des problèmes de moteur et leur visas allaient se terminer. Comme quoi, on trouve toujours pire ailleurs!

 

 

 

 

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Published by jo - dans MONGOLIE
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