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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 12:57

Boukhara



pour en savoir plus   Présentation de l'Ouzbékistan


Samarcande. 12 octobre.

Nous sommes heureux de retrouver l'Ouzbékistan mais la ville a bien changé. Tout d'abord, en nous dirigeant suivant notre trace GPS d'avril vers le Registan, centre historique de la ville, la route est soudain coupée par un mur, poussé là on ne sait quand, ni comment, ni pourquoi. Un long détour nous permet d'arriver au Registan, de l'autre côté du mur.



Elisabeth et Jacques sont là qui nous attendent et les retrouvailles sont très chaleureuses. Après avoir dîné ensemble, nous passons une agréable soirée à échanger nos expériences depuis Almaty. Nous avons fait le même trajet; nous les suivions trois ou quatre jours plus tard.
Le lendemain, ils quittent Samarcande et nous devons nous rejoindre 10 jours plus tard au nord du pays. Mais nous ne les reverrons plus. Une sombre histoire d'enregistrement du visa pas fait dans les 3 jours de l'arrivée dans le pays les tiendra 6 heures dans le bureau de police de Boukhara. La conclusion sera l'obligation de quitter le pays dans les trois jours. Un échange de SMS nous avertira immédiatement du problème et nous permettra de faire les démarches nécessaires pour nous éviter pareille mésaventure. Merci à vous, Jacques et Elisabeth!




Samarcande a beaucoup changé depuis avril! Les petites boutiques exposant leurs produits directement sur le trottoir ont disparu et sont remplacées par un alignement uniforme de magasins, tous semblables, propres ; vides aussi, de marchandises et de clients ; le personnel, soudain trop nombreux et désoeuvré.



Les rues et les trottoirs ont été refaits, pavés goudronnés. Le musée est en phase de démolition et devrait être, parait-il, remplacé par un grand et luxueux hôtel.
Pour qui arrive pour la première fois à Samarcande, il trouve une ville propre et nette au milieu de laquelle se trouvent les monuments historiques rénovés.

Mais celui qui a connu Samarcande avant, comme nous il y a 6 mois, il trouve une ville aseptisée, sans âme, qui ressemble à une plante ayant perdu sa sève. La vie, la vraie, celle des ouzbeks, est cachée derrière le mur sur lequel nous avions buté à notre arrivée.



Nous allons visiter le Gour Emir, le mausolée de Tamerlan. Nous choisissons d'y aller vers 13heures, quand les groupes de touristes seront affairés derrière leurs assiettes et oublieront pour quelque temps les visites des monuments.





Un groupe de femmes ouzbeks arrive et chacune prend place sur les bancs.




La gardienne va faire l'exposé de la visite et comme ne comprenions rien, nous regarderons les têtes se tourner dans un bel ensemble vers la droite, vers le haut, vers le bas, vers la gauche, manifestant approbation ou désapprobation par des hochements de tête ou des murmures....



La visite terminée, la guide s'en va, mais toutes les femmes restent assises. Quelques femmes et un groupe d'hommes ouzbeks entrent encore.
Soudain, une femme se met à chanter. Instantanément, tout le monde s'asseoit et un silence total s'abat sur l'assemblée ; il n'y a plus un bruit, plus rien que cette très belle voix qui s'élève dans ce profond silence. La mélodie est typiquement arabe, langoureuse, tout en demi-tons. Elle monte vers les coupoles et redescendant en enveloppant chacun de sérénité et de spiritualité.



 Personne ne bouge. Cette voix sort sans effort de la bouche de cette femme assise simplement sur le bout d'un banc. Moments magiques.
Tout à coup, en face de moi, je vois entrer un groupes de touristes japonais ; l'effet sur eux est immédiat, ils semblent enveloppés de feutre, ne font pas un bruit, ne disent pas une parole, comme figés sur le pas de la porte.
Le mausolée est empli de cette voix, on voudrait que cela ne finisse jamais. Les visages sont graves, recueillis. Soudain le chant s'arrête et sans transition, la femme récite les sourates du Coran, comme un autre chant. Toutes les mains se tournent paume vers le haut à hauteur de la poitrine.



Lorsque la voix s'éteint, doucement la vie reprend et les mouvements lents d'abord, s'accélèrent petit à petit, comme une grosse machine qui se remet en marche. On remercie la chanteuse et les visages se mettent à sourire. Nous sortons du mausolée, ressentant au fond de nous une émotion qui ne nous quittera que beaucoup plus tard.




De Samarcande, nous allons à Sharisabz puis Boukhara où les villes montrent quand même beaucoup moins de changement, encore que....







Vendeuses au marché aux bijoux de Boukhara.



Devant une des madresssa de Boukhara.

Puis nous arrivons à Khiva. Là, nous espérons retrouver Fazilat et Gulnoza que nous avions rencontrées en avril. Nous leur avons envoyé un mail pour annoncer notre arrivée prochaine. Internet étant en panne, elles ne l'auront pas reçu. Nous n'avons échangé aucun autre message depuis avril.



Pourtant, nous promenant dans la ville déjà assez déserte en fin de journée, nous voyons arriver en face de nous deux jeunes filles. L'une d'elle a un sourire radieux et le regard fixé sur nous. Fazilat. Les retrouvailles sont émouvantes ; elle va prévenir très vite Gulnoza qui nous attend aussi ; travaillant dans les champs de coton, elle a déjà dit à Fazilat qu'elle reviendrait à Khiva dés notre arrivée.

Un sentiment nouveau nous atteint : attendus, nous sommes attendus. A part Elisabeth et Jacques à Samarcande, c'est la première fois depuis 8 mois que quelqu'un nous attend vraiment!


Invitation chex Gulnoza

Nous passerons trois jours en leur compagnie, avec Claire, la nouvelle guide « française » qui parle bien notre langue, mais pas du tout l'anglais comme le font Fazilat et Gulnoza.
Nous sommes invités chez Gulnoza, ainsi que Marie et Catherine, deux françaises qui voyagent seules pour trois semaines en Ouzbékistan et que le hasard nous fait rencontrer à Samarcande, à Boukhara et à Khiva.



Nous retrouvons aussi la mère de Gulnoza (a droite sur la photo). Nous ne pouvons guère nous parler mais les regards que nous nous portons en disent longs sur la joie de nous revoir.


Une petite excursion à la campagne avec les trois filles nous fait rencontrer un fermier qui nous invitent « à manger le pain » dans sa superbe maison au milieu des champs de coton.



Inviter quelqu'un à « Manger le pain » consiste à déposer au milieu de la table de grands nans, pain local. La politesse est d'en prendre un morceau, si petit soit-il.



Chez notre hôte, le pain sera vite accompagné de pastèques, de grenades, et de raisin. Puis ce sera un énorme melon de 15 kg qu'il découpera à l'aide d'un grand couteau de ce geste si typique chez nous de celui qui coupe des tranches d'une grande miche de pain.



Ces fruits provenant directement du jardin sont très savoureux , notre hôte est un homme de grande bonté, ce qui se lit sur son visage. Il nous explique en riant que sa femme et lui sont tombés amoureux à l'âge de....5 ans! Au bout de la table, la petite dame acquiesce avec un bon sourire.
Un fois de plus, je regrette de ne pas pouvoir converser directement avec lui, mais nous avons cette fois de bons interprètes!



Nous passerons chez le frère de Gulnoza qui possède le Coran ancien qui se transmet de génération en génération. Un très vieux livre, magnifique.



Nous aurons du mal à nous séparer de nos jeunes compagnes. Le jour de notre départ, Gulnoza diffère son retour dans le coton pour nous accompagner à Ourgench où elle nous invite au restaurant. Fazilat et Claire nous accompagnent.



 Fazilat doit retourner à Khiva pour ouvrir le bureau de l'Office du Tourisme à 14 heures, mais....les touristes ont dû attendre; elle ne nous a quittés qu'à 15 heures et Khiva n'est pas tout près.
Toutes trois nous répètent souvent :« Je ne veux pas que vous partiez..... » C'est vrai qu'il est tellement plus facile de partir que de rester.....


Fazilat...


Gulnoza...


et Claire...

Merci à vous trois pour cette tendresse que vous nous portez, pour votre gentillesse, pour nous avoir attendus pendant 6 mois....



A Khiva, nous avons visité la fabrique de tapis de soie et les brodeuses de suzannés. Les femmes sont assises à une, deux ou trois derrière les tapis où elles manient les fils de soie qu'elles nouent avec adresse et rapidité.



Les fils sont importés d'Inde, teints à Khiva avec des colorants naturels, écorce de grenade, oignon, indigo,.....



Les tapis réalisés sont magnifiques et se négocient aux environ de 1000$ .



Les brodeuses réalisent de superbes suzannés. Chaque brodeuse brode le même point; le travail doit être assez monotone....



Nous sommes venus une première fois et après avoir échangé quelques banalités, nous avons dit à deux d'entre elles que nous reviendrions le lendemain pour les filmer. Nous ne sommes venus que le surlendemain et elles étaient très surprises de nous revoir. Leur première question était depuis combien de temps nous étions à Khiva, la plupart des touristes ne faisant que passer rapidement. Et tout de suite après : Film??? Elles étaient ravies d'être filmées, photographiées comme de grandes vedettes. Délicieux moments.





Nous avons quand même dû quitté cette ville attachante de Khiva et nous nous sommes rendus à Ayaz Kala, une citadelle du désert où nous avions déjà séjourné quelques jours en avril. Le paysage a changé, un été chaud étant passé entre temps.



Plus d'Asa Foetidia, ces grandes fleurs jaunes qui coloraient le désert, mais seulement les tiges qui ressemblent à des squelettes desséchés. Si le désert est immobile, la vie est toujours très présente comme le témoignent les nombreuses traces sur le sable. Des petites gerboises courent ici et là, nullement effrayés par notre présence et grignotent une petite graine, dressées sur leurs pattes arrière.


 En haut, à droite, le petit point, c'est notre fourgon.

Le lac s'est beaucoup asséché et les bords sont recouverts de sel, avec parfois des sables mouvants. C'est fantastique de marcher dans ce désert vierge de toute trace de pas, baignant dans un profond silence. La forteresse arbore des dégradés de roses et de rouges sous le ciel de feu au lever et au coucher du soleil.



Durant notre troisième nuit à Ayaz Kala le vent se lève et devient de plus en plus violent. Les rafales secouent notre fourgon en tous sens. Le lendemain, le vent est froid et la température chute à 0° alors qu'il faisait plus de 20° la veille encore.



Nous nous dirigeons vers Nukus, chauffage à fond. Dans la ville, tout le monde est très emmitouflé et il est surprenant au marché de voir les vendeurs de fruits et légumes d'été et d'automne, montagnes de kakis, grenades, pastèques, melons, tomates, aubergines, beaucoup de raisin...... porter des vêtements du grand hiver.
Nous effectuons nos derniers achats en vue de quelques jours de désert, 1700 km qui nous mèneront jusqu'à Astrakhan, en Russie, avec quelques villes sur le trajet.

Nous allons quitter l'Ouzbékistan pour nous rendre au Kazakhstan, puis la Russie, l'Ukraine, la Slovaquie, l'Autriche, l'Allemagne, et enfin....LA FRANCE!! mais, en cette fin d'octobre, quelques 7000 km nous en séparent encore....



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