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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 07:51

 

Lénine assis. Satue rare! en général, il est toujours debout et montre...là-bas!

Ce qui prouve que tout le monde a le droit de se reposer.



11 septembre.

Nous arrivons à Jalalabat, ville de 70 000habitants, 3ème ville du pays après Bishkek et Och. La ville est beaucoup moins européanisée que Bishkek, plus agréable et moins anonyme aussi. Il y a bien sûr une grande activité au bazar où toutes sortes de fruits et légumes sont offerts à des prix très bas.



Nous sommes frappés par la quantité de nourriture vendue et consommée dans la rue : samsa (sorte de pâté fourré à la viande), beignets de toutes sortes, chachliks (brochettes de viande), nan (pain local), fruits (raisin, figues, grenades, quantité de melons et pastèques, pêches), légumes (montagnes de tomates, pommes de terre, oignons, aubergines, petits concombres,....) et bien sûr, des glaces qu'ici, comme partout dans les ex pays soviétiques, on consomme en très grande quantité.

 

 


Les écoliers sont toujours en uniforme ; les petites filles ont toutes un énorme ruban blanc en noeud dans leurs cheveux ;

 


dans le nord du pays, elles sont habillées en noir avec un tablier en dentelle blanche, un peu comme avant chez nous les serveuses de restaurants huppés, et toujours le gros flot dans les cheveux.

 


Dans le sud, garçons et filles ont un gilet ou une jupe en tissu écossais. Voir une sortie d'école est toujours un moment de grand plaisir.



Traînant dans le bazar en quête de beignets kirghizses et samsas pour le petit déjeuner, nous sommes abordés par une femme, Katia, 53 ans, qui nous invite à prendre le thé. Bien sûr la conversation ne se fait qu'en russe et nous l'invitons ensuite à visiter notre malenkii dom (petite maison = notre fourgon). Je lui fais un petit cadeau made in France et nous lui faisons nos adieux ; mais elle reviendra l'après midi avec une grosse pastèque et des pommes. Elle nous demande si on veut voir le sanatorium et se propose de faire le guide.

 

 

Ce sanatorium, créé bien sûr par les russes et pour les russes, est perché sur une colline. Un parc immense, malheureusement plus très bien entretenu, où sont parsemés ça et là des pavillons, à l'abandon pour certains, recèle une source miraculeuse. En « prenant les eaux », nous rencontrons une femme parlant anglais. Elles nous offrent tout d'abord des pistaches fraîches qu'elle vient d'aller cueillir sur la colline qui est couverte de pistachiers. Puis elle va rester avec nous, nous donnant des renseignements sur le pays que Katia aurait pu nous donner mais que mes connaissances en russe ne me permettaient pas de comprendre. Avocate à Tachkent, elle passera toute la soirée avec nous et nous apprendrons bien des choses sur l'avant et après indépendance. Pro russe, elle nous montrera surtout ce que le pays a perdu avec l'indépendance.

 

 


 

Nous quittons Jalalabad pour nous diriger vers Och. Deuxième plus grande ville du pays, Och est une ville agréable où l'on se promène dans de nombreux parcs abritant des manèges datant de l'époque soviétique et que l'on préfère regarder plutôt que de les essayer....



Il y a beaucoup d'animation dans les rues et les parcs, surtout le dimanche. Le bazar est immense et c'est comme toujours là que bat le coeur de la ville.



Plus encore qu'à Jalalabad, on y trouve un mélange d'Asie Centrale, de pays arabes et d'Orient. On ne trouve plus cette structure très organisée et aseptisée des bazars soviétiques mais un désordre où il fait bon traîner......

 


 

En Asie Centrale, les gens aiment beaucoup qu'on les photographie et nous le demande souvent. Ce sont des gens très souriants mais dés qu'on lève l'appareil ils se mettent au garde à vous et cesse de sourire. Il me faut faire force de grimaces pour arriver à arracher, parfois! l'ombre d'un sourire....

 


14 septembre.

Nous nous dirigeons vers la frontière Tadjike par une route superbe construite par les chinois. Une partie de la route est encore en travaux et nous sommes impressionnés par l'importance du chantier.



Nous sommes sur la route qui conduit à Sari Taj, la ville la plus au sud du Kirghizstan. De là, on peut continuer plein sud vers le Tadjikistan, ou plein est vers la Chine, ou encore plein ouest vers Dushanbe, la capitale du Tadjikistan.

 


Tout le long de cette route nous cheminons à travers de magnifiques vallées, canyons et montagnes.

 


Nous passons la nuit à un col à 3600 mètres d'altitude, peu avant Sari Taj, et nous fêterons les 100 000 km de notre fourgon à l'hôtel-restaurant du col (le petit restau gris.....)


Il n'y a rien que nous au col, mais le trafic des camions est intense, même la nuit, et tous font une petite halte au col avant d'amorcer la descente.


En redescendant vers Sari Taj, situé à 3000mètres, nous sommes époustouflés devant le panorama qui s'offre à nous : les montagnes et glaciers du Pamir s'étendent devant nous d'est en ouest. Cette chaîne de montagnes forme la limite nord du Pamir et culmine à 7134 mètres avec le pic Lénine.


Aussitôt une inquiétude nous prend : le lendemain nous devons traverser ces montagnes pour nous rendre au Tadjikistan et passer un col à 4200 mètres. Tant de neige....

 


Nous passerons la journée dans la contemplation de ce décor et passerons la nuit à Sari Taj, ville morne, triste , où nous avons pu dénicher une station essence mais pas de magasin. Voyant un voyageur en sac à dos à la recherche d'un hôtel, dans le froid du crépuscule, nous nous sommes sentis bien chez nous.....

 


Le 16 septembre, nous partons au petit matin pour le Tadjikistan...



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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 10:18

 Pour en savoir plus : Presentation du Kirghizstan


Le centre d'affaires d'Almaty, tout en verre....

Nos derniers jours à Almaty ont été riches de rencontres. Tout d'abord, Mila, mi-russe mi-  kazakh, que nous avions rencontrée au Canyon de Sharyn et qui nous avait invités à notre retour à Almlaty.



 Au menu, laghman, ces pâtes faites maison que l'on retrouve dans toute la cuisine d'Asie Centrale. Elles sont ajoutées à une sorte de pot-au-feu et ce plat délicieux l'était encore plus chez Mila.



 Soirée 100% russe puisque Mila ne parle pas l'anglais. Beaucoup de générosité chez elle ; à notre première rencontre, elle a prise une bague à son doigt, corail montée sur argent, et l'a passée à mon doigt ; certes une bague si volumineuse ne m'est pas habituelle mais je la porte parfois en souvenir de Mila.


Et puis nous avons retrouvé Qing et son bébé qui hébergeait une jeune kazakh parlant très bien l'anglais. Beaucoup d'échanges là aussi et pour nous la possibilité de connaître mieux ce pays.



Anke, le bebe de Qing, notre plus jeune visiteur pour notre fourgon (2  mois et demi!)
 

Nous avons ensuite quitté le Kazakhstan pour entrer au Kirghizstan. Le passage de frontière réglé en quelques tampons a presque été frustrant par sa rapidité.....

Nous quittons un pays à 30 ° et arrivons dans un pays très vert et …..pluvieux. C'est le temps des foins et de grands camions débordant de toutes parts transportent le foin vers le Kazakhstan.

 

Nous nous arrêtons à Karakol, petite ville très agréable où nous visitons sa charmante cathédrale en bois.



Nous sommes arrivés au Kirghizstan pour la fête nationale et avons eu droit à une representation de Manas, le héros épique national :



Nous atteignons le lac Issyk kul, le deuxième plus grand lac de montagne du monde après le la Titicaca. Du rivage on a l'impression de se trouver devant la Méditerranée... sauf que de l'autre côté du lac, au nord, il y a la chaîne de montagnes nous séparant d'Almaty



"Poissons de mer de Brême frais du jour sur votre table"

Le temps est maussade, le ciel chargé et les averses ne nous donnent que de rares occasions d'apercevoir les hautes montagnes qui entourent le lac. Mais rien n'est complètement mauvais et nous nous rendrons compte quelques jours plus tard que ce mauvais temps a aussi un bon côté.




Nous avançons assez vite et nous dirigeons vers le lac Song Köl. Nous prenons une auto-stoppeuse, Carolina, polonaise de 28 ans venant de Taïwan où elle a étudié pendant trois ans, et retournant dans son pays par le chemin des écoliers.



Au lac Song Köl, à 3000mètres d'altitude, il fait assez froid et le soir la température chute à 0° dés le soir. Carolina dormira courageusement dans sa toute petite tente, mais les deux nuits suivantes, elle préférera le siège avant du fourgon....




Le temps est capricieux et quelques rayons de soleil alterneront avec des averses de pluie, de grêle et de neige. Le décor est magnifique ; les montagnes blanchissent au gré des averses et le paysage n'est jamais le même. C'est cela le bon côté du mauvais temps!

Après deux jours au lac, nous reprenons le chemin de la plaine (à 1600m quand même!) et repassons le col à 3300 mètres sous la neige. Les chevaux et les moutons broutent l'herbe sous une petite couche de neige. Les nomades commencent à préparer la descente des animaux. Le lendemain, les montagnes continuent de blanchir et nous pensons avoir quitté le lac à temps, n'étant pas équipés de pneus d'hiver (nous avons quand même des chaînes en cas d'urgence!).




Carolina reste avec nous pendant ces trois jours et sa connaissance du russe (en plus du chinois, de l'anglais et du polonais bien sûr!) lui permet d'avoir beaucoup de contact avec les kirghizes et les tadjiks. En voyageant seule, une femme de plus, elle est souvent invitée. Elle nous fera part de toutes les coutumes dont elle pris connaissances au cours de ses rencontres. Elle nous parlera aussi de la Pologne qui nous est somme toute très inconnue. Sa compagnie a été délicieuse.


Bishkek, capitale du Kirghizstan nous a montrée ses deux visages, ensoleillé et pluvieux. C'est une ville beaucoup plus calme qu'Almaty et dont on a finalement assez vite fait le tour. Elle recèle un bijou, selon moi en tous cas, son musée.... Deux étages dont le deuxième est consacré à l'artisanat et la période après guerre ; je ne l'ai qu'à peine parcouru.

Le premier étage est surréaliste, consacré essentiellement à Lénine ; inutile de préciser que ce musée est un pur produit de propagande soviétique. L'éclairage tamisé, dû en grande partie à l'absence de nombreuses  ampoules, m'a plongé dans un autre monde. La visite commence par une lettre manuscrite en français, datée de Genève, adressée à Karl Marks il me semble, où on parle d'un groupe de russes qui veulent rejoindre l'Internationale et commencent à infiltrer la Russie. Il y est question aussi de polonais, serbes et autres nationalités. Au-dessus de la vitrine, des  gravures assez violentes illustrent des affrontements de rues .

1870 est l'année de naissance de Lénine. On va le suivre en image tout au long de sa vie, et les vitrines montrent en parallèle de nombreux écrits et documents.

Des sculptures grandeur nature, peintes dans des tons cuivrés, d'une impressionnante véracité, occupent les espaces entre les vitrines. Il règne ici une grande violence. Seule à cet étage, faisant abstraction des bruits de fond venant des autres étages, j'étais plongée dans cet univers pré-révolutionnaire ; à tout moment je craignais de me retrouver avec une hache plantée dans le dos et frémissais en voyant le canon d'un pistolet braqué sur moi....

Pour compléter cet impressionnant spectacle, les plafonds sont entièrement peints de gigantesques fresques, tout aussi violentes. A la gymnastique intellectuelle nécessaire à un minimum déchiffrage du russe, s'ajoute donc une véritable gymnastique cervicale pour ne rien perdre des fresques. Celles-ci, tout comme les bas-reliefs, sont faites avec une perspective qui leur donne un réalisme étonnant. Il est amusant de noter la progression : plus on avance vers la révolution, plus la violence s'atténue, pour finir sur des images très douces d'après révolution : enseignement des masses populaires, accès à l'art pour les femmes, et tout cela dans le bonheur et la joie.... on se demande ce que les peuples d'Asie Centrale restés si longtemps sous le joug soviétique, peuvent penser de ce bonheur.....

La visite de l'étage se termine avec des articles de journaux, l'humanité entre autres, annonçant la mort de Lénine; c'était en février 1924, il avait 54 ans.

J'ai noté que Staline était assez absent de ce musée et ne figurait que sur deux ou trois photos, très jeune, et très en arrière-plan.

 Nous n'avons malheureusement pas de photos du musée.




 

A Bishkek on voit de nombreuses fontaines et jets d'eau. Le jeu de ces jets d'eau est très joli et atteint son paroxysme le soir quand, sous des variations d'éclairages multicolores, ils dansent sur de très jolis morceaux de musique. Il y a beaucoup d'animation autour des bassins et si ce n'était la température un peu fraîche, on y resterait des heures!

Le très important parc automobile de Bishkek est majoritairement composé de belles et récentes Mercédès, BMW et Audi ; beaucoup de gros et rutilants 4X4 japonais ; quelques vieilles Lada égarées se perdent au milieu de ce beau monde ; les marques françaises sont inconnues en Asie Centrale....

 

Nous quittons Bishkek par une bonne route et passons un premier col à 3000 mètres par un tunnel. A la sortie de celui-ci des montagnes blanchies par les dernières précipitations se dévoilent à nous en un panorama de plus en plus large.



 

Nous nous arrêtons un peu plus bas, à 2300 mètres, pour la nuit. Le lendemain, après avoir roulé une vingtaine de km, nous avisons un charmant petit endroit au bord d'un torrent.



 Nous décidons d'y passer la journée et de faire les travaux nécessaires : lessive, réparation de la barre de stabilisation que nous avions cassée au Kazakhstan, et toutes les autres petites choses en attente. Nous passons une délicieuse journée sous un joli soleil et avec une température très agréable.



Nous nous réveillons le lendemain dans la neige et nous avons besoin des chaînes pour quitter notre petit paradis et rejoindre la route.



 Il neige toujours et la route monte vers un nouveau col à 3100 mètres, plus froid que le précédent.




Les habitants déneigent leur yourte à la pelle, les animaux marchent péniblement dans une neige de plus en plus profonde au fur et à mesure que nous montons.


Troupeau de moutons dans la neige

 Les troupeaux sont aussi de plus en plus nombreux ; nous voyons des troupeaux de moutons serrés l'un contre l'autre dans la neige. Parfois ils marchent et la neige leur arrive au ventre. Beaucoup de chevaux  et de bovins aussi.



 Il règne une ambiance très particulière dans ce paysage tout blanc où les sommets sortent parfois des nuages, où les nomades s'affairent autour de leur tente ou de leur troupeau car en dépit de la neige, la traite continue. Les vendeurs de koumiz (lait de jument fermenté) et de petits fromages, si nombreux la veille, ont rangé leurs produits et offrent des étalages vides pour la plupart.


 

 

Après avoir passé le col, nous redescendons dans un décor plus raide où les nomades et les troupeaux sont peu nombreux. A 2000 mètres d'altitude, la neige se transforme en pluie et, comme sous l'effet d'un coup de baguette magique, les vendeurs de koumiz sont remplacés par des apiculteurs très nombreux qui offrent leurs produits dans des bouteilles de coca, d'huile ou d'eau minérale.





 Ils ont souvent leurs ruches dans des roulottes ou sur des chariots, dorment à proximité, et vendent leurs produits au bord de la route.



 

La route descend vers la plaine et le décor change complètement. Les montagnes enneigées sont la toile de fond de plaines fertiles et cultivées.


Le lac de Toktogul (artificiel)

 Nous approchons de la vallée du Fergana kirghize, très musulman comme son homologue ouzbek. Les visages, tout comme l'habillement se modifient et se rapprochent de l'Ouzbékistan.



 Bishkek est en fait totalement isolé du reste du pays par une barre montagneuse et deux cols à plus de 3000 mètres. Pour relier la capitale aux autres villes du pays, une très bonne route a été construite et nous apprécions beaucoup!

 

 

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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 07:58




Le 8 aout, nous quittons la Russie pour rejoindre Sémeï, la ville la plus au nord du Kazakhstan sur ce parcours. Sémeï est une ville très agréable, qui nous avait déjà charmés à l'aller et que nous retrouvons avec plaisir.

Cette ville fut le lieu de résidence « obligatoire » de Dostoïevski pendant plusieurs années d'exil. Sa maison de bois jouxte le musée qui lui est dédié.



Sur deux étages, on y voit la cuisine, la salle à manger et tous les ustensiles de cuisine et la vaisselle, sa chambre à coucher et son bureau. Il est émouvant de se trouver en ces lieux, marcher sur ces planchers irréguliers où il a fait tant de pas, voir son bureau avec plume et encrier et de nombreux documents écrits de sa main. Trois livres ont été écrits ici, mais leur nom en russe n'ont éveillé aucun souvenir dans ma mémoire. Je dévorais les livres de Dostoïevski durant mon adolescence et, tout à coup, il semblait prendre vie sous mes yeux...



Sa présence à Sémeï, ainsi que celle d'autres intellectuels en exil comme lui, entraina un véritable épanouissement des arts et encouragea l'éducation de la population locale.

J'étais tellement subjuguée qu'il me semblait soudain comprendre tout ce que me disait notre guide en russe ; peut-être que je devinais seulement ce que je savais déjà plus ou moins....?

 

 

Mais Sémeï, c'est aussi la tristement célèbre Sémipalatinsk qui fut le lieu choisi par les soviétiques pour effectuer leurs essais nucléaires. De 1949 à 1989, 460 bombes nucléaires ont explosé dans le polygone, une vaste zone de steppe, soi-disant inhabitée, située à 100 km à l'ouest de la ville.

Les conséquences sur la santé des habitants de la région se font encore durement sentir.

 

A Sémeï, au marché, nous avions acheté un chouca de 1 kg, pour 1, 50 € seulement.




Ah oui! Le chouca, c'est le brochet en russe.

 


Plat très répandu dans toute l'Asie Centrale. Il s'appelle pelmiéni en Russie,  manti en Ouzbékistan et Kazakhstan, buzz (proncer bouse) en Mongolie.   Ce sont de raviolis fourrés en général à la viande de mouton hachée .

 

 

 

Au Kazakhstan, on rencontre très souvent à proximité des villages, d'autres villages miniature. Il s'agit de cimetières où chaque défunt a sa propre résidence tertiaire.... il ne faut donc pas s'étonner si ces villages sont souvent plus étendus que le village des vivants là où on peut réutiliser la même maison au fur et à mesure que les générations se succèdent, mais dans l'autre monde, on ne partage plus...


 

Ces cimetières, très fréquents au Kazakhstan et qu'on ne trouve que dans ce pays, sont un délice pour les yeux!


Notre route plein sud depuis Barnaul nous fait traverser un Kazakhstan de plus en plus chaud. Nous faisons halte près des torrents descendant des glaciers tout proches qui font la frontière avec la Chine.

Le paysage fait alterner de longs trajets au milieu de collines couvertes d'herbe jaunie avec des zones agricoles, très vertes, très irriguées, où s'étendent d'immenses champs de céréales ou de tournesols.



En ville :



Sur les bords de route s'alignent les vendeurs de melons jaunes et de pastèques ; dans les villages, ce sont les vendeurs de pommes de toutes couleurs et toutes variétés. Certains y ajoutent les produits de leur jardin, concombres, tomates, pommes de terre, prunes, nèfles,....



Et puis on quitte les zones habitées et on retrouve la steppe sèche, jaune....

 

 

 


Ce qui est formidable en Sibérie comme au Kazakhstan et tous ces pays où l'hiver dure si longtemps, près de 5 mois et jusqu'à – 40°, c'est qu'après un très court printemps, la nature explose comme pour rattraper le temps perdu, ou ne pas perdre une minute de cet été qui sera si court.

 


Fin mai, le temps était aux labours et mi-aout de nombreux champs sont déjà moissonnés. Nous ne sommes pas agriculteurs mais il nous semble que chez nous cela ne va pas si vite. Dans les villes aussi, les femmes arborent leurs tenues d'été, très été parfois,....et il y a beaucoup de vie tard dans la nuit, comme si il fallait vite profiter de ce si court été.

 

 

 

Nous devons faire nos visas kirghizes et ouzbeks à Almaty. Nous laissons passer le week-end et restons quelques jours au bord d'un superbe lac avec en toile de fond les montagnes d'Almaty, situées à 100 km de là et qui culminent à 4900 mètres. Nous nous baignons pour nous rafraîchir de la chaleur qui augmente tout au long de la journée et dépasse facilement les 30°. La nuit est fraîche et il ne fait plus que 11° au petit matin.

 

C'est le 15 août. A 23 heures, nous entendons des détonations. C'est en fait un feu d'artifice qui se déroule sur une petite île devant nous. Nous sommes absolument seuls et sommes très surpris. Quand la dernière fusée s'éteint, quelques lumières, de plus en plus nombreuses, apparaissent sur le lac à côté de l'île; un petit bateau de croisière... le feu d'artifice n'était pas pour nous.... mais nous en avons bien profité quand même!!

 

 

 

Le lendemain matin, des pêcheurs pêchent au filet juste devant nous. Ils réunissent une grande quantité de poissons, parfois très gros. Ils nous en donné quelques exemplaires, heureusement pas des plus gros! Et ce jour-là nous avons tout compris : quand nous pêchons à la ligne, un très fort effet subjectif entre en compte : le poisson doit nous trouver, doit avoir faim, doit être curieux de ce qu'il y a au bout de notre hameçon, doit....Le pêcheur professionnel jette ses filets et ne demande rien au poisson, ni s'il a faim, ni s'il a envie de mordre,.... il le prend et c'est tout. Il n'a en fait aucun mérite!! Nous avons décidé de nous en remettre désormais aux pêcheurs professionnels, ainsi, notre pitance sera assurée.

 

 

Nous retrouvons Almaty où nous devons faire nos prochains visas. La ville, toujours aussi encombrée de voitures, nous est maintenant plus familière. On peut se repérer et c'est vraiment l'été maintenant ; toutes sortes de boutiques sont ouvertes sur les trottoirs, chachliks, kebaps, plov, nan, poulets rôtis (que l'on appelle tout simplement : grill), les fruits et légumes en très grande quantité. Beaucoup de monde dans les rues. L'été quoi!

 

 

A Almaty, nous avons retrouvé avec plaisir Qing et Yon qui avaient eu la gentillesse de faire notre lessive en mai lors de notre premier passage. Entre-temps,  Anke,une magnifique petite fille est née, aujourd'hui âgée de 2 1/2 mois, et pleine de sourires!!

 

Nous faisons connaissance avec Jacques (canadien, un vrai gars du Québec avec l'accent!!...) et Elisabeth, plus modestement française. En voyage longue durée, ils arrivent eux aussi de la Mongolie mais ne rentrent pas au pays et se dirige vers l'Inde. Date de retour indéfinie. Cela fait du bien de se retrouver et de pouvoir échanger avec des gens qui pensent comme nous. Nous avons très studieusement fréquenté ensemble le cybercafé où nous pouvons travailler en wifi.

 


 

Petite récréation en téléphonant à la famille avec Skype.

 

Nos visas kirghises demandent 10 jours de délai. Nous les utilisons en nous rendant dans le Sharyn Canyon situé à l'est d'Almaty. Nous passons deux jours dans ce décor grandiose où à chaque tournant on s'attend à voir arriver John Wayne sur son cheval!



 

Dans le canyon, nous rencontrons deux cyclistes français, encore! qui arrivent de Chine, un petit voyage de 1 mois et demi. Courageux cyclistes! Toujours souriants et en forme quelque soit leur âge! Ceux-ci habitent près de chez nous, nous les reverrons à notre retour.

 

 

 Nos visas n'étant pas encore prêts, nous décidons de nous offrir quelques petites vacances et de retourner au lac où nous étions si bien sans repasser par Almaty.

 

Souvent, on nous dit en vacances. Pourtant un voyage n'a rien de vacances. Lorsque vous partez en voyage pour les vacances, vous vous rendez dans une agence de voyages où vous achetez un billet tout compris. Il suffit alors de vivre ce que l'on vous propose. Parfois, vous organisez vous-mêmes votre voyage, deux ou trois semaines.

Mais le long voyage, c'est autre chose. C'est la vie de tous les jours avec en plus les imprévus (ensablement, embourbement, discussion avec la police qui vous trouve une infraction imaginaire), la route souvent longue (nous avons fait aujourd'hui 24 000 km exactement), les visas à faire face à des gens qui ne parlent que le russe parfois, les courses, trouver un endroit pour la nuit, chercher où on peut trouver de l'eau, ….. et plein d'autres choses qui font que le soir, on est complètement fatigué. Le simple stress de ne jamais parler sa langue et de toujours se trouver face à quelqu'un qui ne vous comprendra pas et que l'on ne comprendra pas.

Un exemple : en Mongolie, nous avons perdu notre plaque d'immatriculation en traversant une rivière et nous ne l'avons pas retrouvée. A Ulaan-Bataar la police a dit qu'elle ne pouvait pas faire de plaque étrangère ; même chose au garage Mercédès à Almaty. Cependant, nous sommes souvent arrêtés par la police qui veut nous mettre une amende . Comme nous avonsi fait un numéro écrit à la main placé sur la vitre arrière, le dernier policier nous a demandé si nous avions un dictionnaire ; il a cherché son mot pendant plus de dix minutes pour nous sortir : « contrefaçon, fraude ». Tout d'abord, nous avons tous deux éclaté de rire, puis je lui ai montré sur la carte grise que c'était notre numéro. Il s'est ensuite excusé.... Pour refaire cette plaque avant la France, nous n'avons pas de solution, alors nous continuerons à nous faire arrêtés par la police!

 

Eh oui! Dire à un voyageur qu'il est en vacances, c'est comme dire à un guide de montagne ou un moniteur de ski qu'ils passent leur vie en loisirs. Notre dernier cycliste était d'ailleurs guide....et voyageur en plus.

Nous sommes heureux de cette vie que nous avons choisie, mais de temps en temps des petites vacances au bord d'un lac sont très appréciables!

 

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Published by jo - dans KAZAKHSTAN
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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 07:53


Nous sommes le 3 aout.

De retour en Russie, la végétation change , et même le paysage tout entier. Nous sommes ici dans l'Altaï russe et de nombreux sommets enneigés s'élancent vers le ciel, à une altitude de 4 à 5000 mètres, émergeant des nuages toujours très présents. Passé le col frontalier à 2600 mètres, nous commençons à descendre. En Mongolie, nous serons restés pendant tout notre séjour, soit deux mois, entre 1300 et 2500 mètres.

 


 

 

 

Rencontre avec deux cyclistes canadiens en route depuis Almaty vers la Mongolie, puis la Chine.... Un voyage de un an en perspective. Les grands voyageurs ne manquent pas au monde! Nous rencontrer est toujours un immense plaisir.


La grande surprise, dés le passage de la frontière, sera de voir des véhicules de touristes européens en grand nombre. Alors que depuis notre départ en mars, nous n'avions vu qu'au plus 5 véhicules, quelques motos et vélos, nous rencontrons en une seule journée plus de 20 4X4 français et de nombreuses voitures du rallye Mongolia. Ce rallye, d'initiative londonienne, a un but en principe humanitaire. 500 véhicules doivent rallier sans assistance Ulaan-Bataar où ils seront vendus aux enchères, le produit de la vente devant aller à une oeuvre humanitaire. Nous ne sommes guère portés sur les rallyes; ceux que cela intéresse trouveront tous les renseignements utiles sur internet.

 

 

Tout d'abord, nous longeons une rivière de taille modeste s'écoulant au milieu de prés à l'herbe rase et jaunâtre. Plus nous perdons de l'altitude, plus la rivière se grossit des nombreux affluents descendant des glaciers. Ce sera bientôt une rivière intrépide que nous suivrons pendant des centaines de kilomètres, toujours plus large, toujours rapide et bordée maintenant d'une végétation luxuriante! Si ce n'était la température plutôt douce, vers les 20°, on se croirait en pleine forêt vierge.

 

 

 

Nous doublons des cyclistes dont les sacoches sur les vélos montrent qu'ils sont en voyage long court! Klaus place le fourgon à côté d'eux et tout en roulant nous commençons à discuter. Quand une voiture nous double, nous avançons un peu puis reprenons notre position. Ce sont en fait deux jeunes russes de Moscou et Maxime, très drôle, parle très bien anglais. Tout en roulant, il nous demande d'où on vient, et s'exclame « From France? With This car? But you are crazy!! » Il nous dit que nous avons certainement un blog et nous en demande l'adresse. Je lui suggère de s'arrêter d'abord.... Il s'en suivra un échange fort sympathique, et Maxime fut assez surpris de voir un gars descendre du fourgon et s'adresser à lui en russe. C'était en fait un auto-stoppeur qui revenait de haute montagne ; il venait de gravir, tout seul, un sommet de 4500 mètres lors d'une petite virée d'une semaine. Ne parlant pas anglais, nos échanges, quoique sympathiques, étaient limités, et Maxime nous a permis de combler en certain nombre de lacunes en jouant à l'interprète.

 

L'Altaï est une lieu de prédilection pour les vacanciers russes. Nous l'avions pressenti lors de notre premier passage, fin mai, mais ainsi que dans nos villes balnéaires en hiver, tout était fermé, les boutiques de souvenirs au bord des routes offrant des carcasses vides, et tout cela sous un ciel gris et un vent glacial. A présent, si le ciel est toujours gris, les orages et les averses se succédant au cours de la journée, la température est clémente, et des flots de touristes russes envahissent les berges de la rivière, les boutiques offrent une variété extraordinaire de souvenirs depuis les objets en bois sculptés jusqu'au chapeau de fourrure, en passant par les chaussettes tricotées et toutes les babioles qui font la richesses des boutiques de souvenirs de montagne.

Le camping sauvage est très apprécié des russes. Il faut dire que l'on ne trouve pas ici de ces terrains de camping où les campeurs sont parqués sur une menue parcelle et où le bruit est roi. Ici, chacun plante sa tente où il veut et on les trouve essaimées tout le long du lit de la rivière. De nombreuses cabanes en bois, bien typiques, montrent que des toilettes de terrain sont présentes quasiment partout. Ceci nous a d'ailleurs été démontré pendant tout notre voyage. En ville, on trouve de nombreux WC en Ouzbékistan et dans les autres pays; en Mongolie, à proximité de chaque ger la petite cabane en bois est présente, et même les campeurs en famille aménagent dés leur arrivée un petit coin toilettes. Il en résulte que, même dans les endroits très fréquentés par les campeurs, on ne trouve nulle part cette saleté qui règne souvent chez nous.

 


Si la végétation est exubérante et que le vert règne partout, les fleurs ne sont pas en reste! Sous les coups de baguette magique d'un divin jardinier, talus et coteaux sont transformés en de magnifiques parterres fleuris. Toutes les fleurs , jaunes, roses, bleues, violettes ou blanches, de toutes tailles, sont mélangées de façon artistique; c'est un délice pour les yeux! En Mongolie, les fleurs se trouvaient en grande quantité, mais souvent ce n'était qu'une, voir deux sortes de fleurs qui s'étendaient en magnifiques tapis de couleur uniforme.

 


Plus nous descendons, plus la rivière continue de grossir. Les rafts sont très nombreux. On les trouve sur l'eau, mais aussi sur les bords du fleuve, sur les voitures. Il faut dire que la rapidité du cours d'eau s'y prête à merveille. Cette rivière va bientôt devenir l'Ob, un des grands fleuves de Russie. Il est impressionnant de noter qu'en quelques centaines de Kms l'altitude passera de 2000 à 300 mètres, et que les derniers 300 mètres de dénivelé jusqu'à la mer se feront sur quelques milliers de kms.

 


Au bord des routes, dans les villages, les habitants vendent leur production de légumes. Les pommes de terre venant directement du jardin s'y vendent par seau; les petits concombres, délicieux, aussi, pour une somme modique de 3 euro le seau. On trouve aussi des carottes , des betteraves rouges, des oignons frais, des choux et tout cela arrive tout droit du jardin. Pour des voyageurs quittant comme nous la Mongolie où les légumes sont rares, c'est un bonheur! Les vendeurs de miel de l'altaï sont présents aussi, toujours groupés; des dizaines de vendeurs sur quelques kms.



Et ce n'est pas tout!! Plus loin, en bord de forêt, sur plus de 10 km se succèdent les vendeurs de …..chanterelles et bolets!!! Par seaux entiers, de merveilleuses chanterelles nous sont offertes à un prix défiant toute concurrence!

 


 

A Barnaul, nous achèterons un petit morceau de porc, super, et nous ferons un festin avec nos chanterelles et même un fromage de l'Altaï, le tout arrosé d'un délicieux vin italien apporté de France (merci Frédérique!).

La Russie nous permet de manger des produits frais, de très bonne qualité. Cela nous manquait beaucoup en Mongolie où les féculents et les boites de conserve ont régné pendant deux mois, n'étant guère porté sur les produits laitiers et la viande de mouton qui sont la base de la nourriture mongole.

 


Nous retrouvons Barnaul sous le soleil entre deux averses, mais il fait plus chaud qu'en mai, les habitants sont en tenue légère, et cela nous change du vent froid du mois de mai. La ville est jolie, moderne et très propre. Les villes russes ont beaucoup de charme avec leurs maisons de bois, très anciennes et souvent très bancales aussi, voisinant avec de hauts et modernes buildings.

 

 

La langue russe est pleine de surprises pour les français. Au restaurant, tout d'abord on vous propose souvent « Chie?? » et à la fin du repas « Chiottes?? » Pour les non-russisants, notons que les russes ne se soucient en fait pas plus que cela de la bonne fonction intestinale de leurs clients (avec un langage un peu vulgaire quand même!) En fait le chi c'est le chou, légume consommé partout et toujours en grande quantité et les chiottes, c'est...l'addition qu'il est normal de présenter en fin de repas.

Petit gag : en Russie, à la fin du repas que nous avions pris au premier étage du restaurant (premier étage pour les français, deuxième étage pour les russes), je descends donc l'escalier et rencontre notre serveur à qui je demande : « Toilettes? » Il me montre l'endroit de la main et me répond : « Chiottes? »

 

 


 

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 14:08



 Nous rejoignons Ulaangoom, charmante ville mongole

 


 avec son marché typique de la Mongolie où les wagons de chemin de fer désaffectés servent de restaurant

 

 

Le thé en brique est depuis les temps anciens consommé par les peuples nomades.


 

 

 

Les bottes sont portées tout le temps par les hommes comme par les femmes. Celles-ci sont réservées aux jours de fête, le Naadam par exemple.

 



 

Après avoir fait quelques réserves, nous nous dirigeons vers Ureg Nuur, sereins car maintenant plus rien ne presse. Il ne nous reste que 130 km pour rejoindre la frontière et une semaine de visa.

 

 

Nous restons quelques jours au bord de ce lac magnifique; l'occasion de faire une petite lessive sous les cris des cormorans et autres oiseaux qui nichent sur les îles près du fourgon. Nous nous habituons à n'entendre qu'eux, plus ou moins fort selon le moment de la journée, accompagné parfois du bruit du vent ou du tonnerre.


 

 

Les moustiques viennent parfois nous faire une petite visite, mais très sobre en général ; de même quelques bergers viennent tailler une petite bavette, surtout avec les mains d'ailleurs, car nous n'avons pas trop fait de progrès dans la langue mongole.


 

 

Ils s'assoient près de nous et nous lancent de temps en temps une petite phrase à laquelle nous répondons par de grands sourires. Cette impossibilité de communiquer nous gêne moins maintenant, nous y sommes habitués.


 

 

 



Nous quittons le paradis d'Ureg Nuur, après avoir fait le plein d'eau à une fontaine perdue, pour nous rendre à un autre paradis, celui d'Achit Nuur, un autre lac qui nous rapproche de la frontière et où il y a, paraît-il, plein de poissons....

 

  Là encore, les nomades nous indiquent une route qui n'est pas la route habituelle! Un peu acrobatique par endroits, nous aurons de nouveau le plaisir de rouler en pleine solitude , au milieu de paysages majestueux. Les hauts sommets de l'Altaï russe apparaissent et semblent nous suivre tout au long du chemin.




L'Achit Nuur apparaît ; nous contournons le lac par le sud et recherchons un endroit propice pour nous arrêter. Sur la rive est du lac, de gros taons nous souhaitent la bienvenue. Nous poursuivons notre chemin. A l'extrémité sud du lac se trouvent de nombreuses gers, une sorte de petit village. Nous arrêtons le véhicule pour nous approcher de l'eau. Quelques enfants s'approchent de nous, mais ils sont devancés par les moustiques venus eux aussi nous souhaiter la bienvenue! Nous reprenons la route sur la rive ouest pour nous éloigner des troupeaux et arrivons, après bien des allers et venues, à un endroit surplombant un peu le lac. Je décide de rejoindre immédiatement la rive pour tremper un peu ma canne à pêche, mais le vent de plus en plus violent empêche tout lancer. Je remets à demain ce que je ne peux pas faire le jour même.

Après une nuit mouvementée, le fourgon secoué par les rafales de vent, nous nous réveillons sous le ciel bleu; le lac ressemble à un miroir, pas une ride. Nous voyons bien tourner quelques insectes autour du fourgon et peu à peu, sans doute attirés par la chaleur du véhicule, ils s'agglutinent partout.


 


Je tente une sortie pour pêcher, mais à peine posé le pied dans l'herbe qui borde la rive, qu'une nuée de moustiques m'assaillent de toutes parts. Je remonte illico au fourgon, range ma canne et après avoir nettoyé le plus gros de la multitude d'insectes, nous repartons vers des lieux plus hospitaliers! Nous les trouverons quelques kms plus loin, plus haut et passerons deux agréables journées dans un décor superbe.

 

 

Pour rejoindre la frontière, nous avons sans doute pris la route la plus directe, mais....sans doute doute pas la meilleure! Nous n'aurions pas pu quitter la Mongolie dans la facilité!

 

 

Juste avant le passage de la frontière nous rencontrons deux grenoblois en vélo qui arrivent en Mongolie. Partis en septembre 2008, ils envisagent de rejoindre la Chine, puis le Japon; ensuite ils prennent le bateau pour l'Amérique qu'ils traverseront du nord au sud. Un périple de deux ou trois ans encore.

 

Le passage de la frontière se passera sans difficulté, seulement il demandera 3h30. A la frontière mongole, la « chef » vient voir le véhicule (fouille...). Elle dira « c'est joli » après un rapide coup d'oeil, et nous remontons l'escalier bras-dessus, bras-dessous, comme les meilleures amies du monde.

Après la frontière russe que nous passerons très vite, en une heure seulement car la frontière allait fermer, une douanière nous a aidés pour que les formalités aillent plus vite. Nous la retrouvons dans le village et je lui demande où trouver de l'eau. Elle me prend par la main gentiment et me conduit au puit. En quittant les frontières mongole et russe, douaniers et policiers nous font de grands signes de mains amicaux. Imaginerait-on cela chez nous?.....


 

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 14:01


Voyons, voyons....quelle route choisirons-nous?



Petit yak né il y a très peu de temps. Mais il grogne déjà aussi fort et aussi grave que ses parents! même s'il tient à peine sur ses jambes.


Nous quittons Ulaan-Bataar pour rejoindre la frontière au nord-ouest de la Mongolie, cette même frontière par où nous sommes entrés, à Tsagaannuur. Il ne nous reste plus que 3 semaines en Mongolie et plus de 2000km à faire. De plus, nous sommes dans la saison des pluies, les routes risquent d'être boueuses et il y aura quelques rivières à traverser.

 


Nous nous mettons en route, heureux de profiter du peu de goudron que nous offre la Mongolie et de prendre un peu d'avance. La route longe la voie ferrée sur laquelle s'étire un très, très long train qui remonte vers le nord. Trois locomotives ne sont pas de trop pour tirer ces innombrables wagons!

 

 

Il n'y a que peu de chemin de fer en Mongolie ; c'est essentiellement le trajet du trans-mongolien, une variante du trans-sibérien, qui vient d'Irkousk, passe à Ulaan-Bataar, et se dirige plein sud pour rejoindre la Chine. Quelques rares voies annexes rejoignent des villes minières.

 

Près une centaine de kms sur le goudron, nous retrouvons la piste et peu de temps après notre deuxième embourbement sérieux! De plus il se met à pleuvoir et un vent froid souffle.

 

 

Nous essayons avec les plaques vers l'avant,

 vers l'arrière, sans plus de succès....

 

 

et c'est finalement au tire-fort, grâce à des poteaux de téléphone qui ont eu la bonne idée de se trouver là, que nous arriverons à sortir de ce bourbier,  après 5 heures de travail et d'angoisse à se demander si on finira par s'en sortir..... Les mongols regardent et conseillent plus qu'ils n'aident.


 Le soir, nous avons un col à monter et dans le bourbier présent se débattent déjà de nombreux véhicules. La sagesse nous conseille de dormir au pied de cette montée et d'attendre le lendemain, comme le font d'ailleurs de nombreux mongols. Nous aurons la surprise de trouver, après une bonne nuit de repos, une piste assez sèche et nous passerons le col sans problème. Cela nous rassure de voir qu'en fait, même s'il pleut beaucoup, il suffit d'attendre quelques heures pour que des passages difficiles deviennent sans problème.

 

 


Tout le long du chemin nous rencontrons des touristes mongols qui campent le soir, avec des tentes comme les nôtres, et non pas des gers, et circulent avec de gros 4X4.

 

 

 

Petit remorquage, à travers champ,  d'une voiture qui, on ne sait comment, est arrivée tout en bas du talus...


 

 

Nous nous dirigeons vers Moron, une agréable petite ville, très vivante autour du marché, et où se trouve un petit temple boudhiste à la sortie de la ville.

 

 

Monument en hommage aux lutteurs que l'on trouve dans de nombreuses villes mongoles.

 

 

 

 


Peu avant d'atteindre en ville, un formidable orage éclate juste au moment où nous arrivons sur les quelques kms de goudron. Ouf! Les pistes seraient devenues impratiquables en quelques minutes.

 

 

 

 

Nous nous dirigeons plein nord, vers le lac Kovsgol, « La Perle Bleue de la Mongolie ». La route est un peu pénible, mais le lac est si joli! Un peu trop touristique à notre goût cependant.

 

 


 

 

 

 

 

Les mongols n'utilisent pas les chevaux de bât, du moins nous ne l'avons jamais vu. Quand ils ont des chevaux de bât comme ci-dessus, c'est pour des promenades de plusieurs jours organisées pour les touristes.

 

 

 

Mais les touristes sont aussi mongols ; ils campent sur les bords du lac, regroupés en famille en général. Mais ce qui est différent de chez nous, c'est le calme et le silence qui règnent malgré tout ce monde. On imagine le bruit et la cohue au bord de nos lacs en plein été!

 

 

Il y a de nombreux yaks, ou plutôt des « boeufs grognants » selon l'expression du Père Huc. Ils sont de toutes couleurs, mignons tout plein, et broutent une herbe riche en fleurs multicolores.


Cela me rappelle une dame qui aurait voulu être vache pour brouter les pâquerettes au printemps (les personnes concernées comprendront de qui il s'agit!) Simple petit hommage plein de nostalgie ... je lui offre ce bouquet de fleurs!

 


Les edelweiss ont fait leur apparition aussi et cela dés que l'on atteint l'altitude de 1900 mètres.

 


 


Des petites chèvres cachemire regroupées en troupeau posent pour la photo.

 

 

Et puis il y a une course à pied : les 100 kms du lac Kovsgol. Les coureurs, venus d'Europe, des Etats-Unis, du Japon et d'ailleurs, courent en une seule journée 100 km en une boucle. Une bonne partie du circuit est le long du lac et le ciel a été clément avec eux, un peu couvert pour faire moins chaud, mais pas de vent ni de pluie!


 

Campement des Tsatsans, éleveurs de rennes, dont les tentes rappellent les tipis des indiens d'Amérique.

 


 


Nous continuons notre route et prenons un raccourci pour rejoindre Ulaangoom. Mais nous serons mal conseillés sur le chemin à prendre. Cependant, ce trajet nous fait cheminer sur d'adorables pistes, où bien sûr nous serons tous seuls, franchir des cols au panorama magnifique, au milieu des champs de fleurs, asters mauves, edelweiss et bien d'autres.

 


 

Mais nous avons bel et bien perdu la route et les directions que nous indiquent les rares mongols rencontrés ne sont pas claires et finalement nous conduisent vers notre troisième embourbement du voyage.

 



La roue avant gauche coincée dans un trou, la roue arrière gauche dans la boue, tout le véhicule penche à gauche...nous sommes mal partis! Pas un arbre à l'horizon, et les premiers rochers solides à plus de 100 mètres, donc on ne peut pas utiliser le tire-fort. Après bien des tentatives, Klaus décide de scier les plaques de désensablement pour en avoir 4, et c'est en surélevant tout le côté gauche du véhicule pour le remettre à l'horizontale que nous arriverons à nous en sortir. Encore 5 heures de boulot...... J'ai oublié de dire que nous ne nous trouvions sur aucune piste, ayant décidé de couper à travers les prés pour rejoindre une piste que nous supposions plus loin ; déjà qu'il n'y avait personne sur la piste.....

 

 

C'est vrai que sortie de la boue ne nous avait pas pour autant remis sur le bon chemin. Nous tournerons encore quelques temps avant d'arriver à Sumber, un petit village où nous emmènerons à Arbulag, la ville voisine, un prof de russe en retraite. A 4 km seulement, donc 2 heures de route. Klaus me dit qu'il en avait bavé pour sortir de la boue, à mon tour maintenant d'en baver....en parlant russe! Mais notre compagnon de voyage n'est heureusement pas un bavard et j'aurai le temps de me reposer entre deux « conversations »! Nous apprendrons cependandant que les edelweiss, qui poussent ici comme de la mauvaise herbe, sont utilisées pour leurs vertus médicinales (je n'ai pas compris lesquelles....) et également pour bourrer les chaussures et faire ainsi une sorte de semelle qui j'imagine chaude et isolante. J'aurais aimé en amener un plein sac pour mettre dans mes chaussures de ski de rando (j'ai souvent les pieds froids!), mais le passage des frontières risque de se montrer délicat : comment expliquer à un douanier scrupuleux que je ne ramène pas des fleurs protégées mais seulement de la mauvaise herbe pour chauffer mes pieds?????

 

Nous aurions dû rejoindre la route d'Ulaangoom en roulant plein sud, mais on nous le déconseille : une rivière à franchir, ce qui risque de s'avérer délicat avec notre véhicule. Le conseil s'est avéré des meilleurs ; nous avons longé la rivière le lendemain ; très jolie, c'est vrai, mais, à moins d'un très bon gué......

 

 

Notre raccourci se sera finalement soldé par 100 km de détour ( ce qui est énorme sur des pistes où on ne roule qu'à 20 km/heure en moyenne), un embourbement (5 heures) , mais surtout, surtout, des paysages magnifiques, des fleurs, tellement de fleurs, qui couvrent des montagnes entières, des edelweiss qui scintillent au soleil, innombrables petites étoiles d'argent, fascination permanente du montagnard qui ne peut se lasser de les regarder....

 

Mais nous allons encore avoir l'occasion de perdre notre route, de nous retrouver dans des champs de fleurs ; nous roulerons même au milieu des edelweiss! Le GPS et les points de navigation nous permettront de nous situer et de nous remettre sur la bonne route que nous avions perdue sans jamais comprendre comment. Mais nous n'étions pas seuls! Une voiture russe a aussi beaucoup cherché son chemin, mais cela était plus ennuyeux pour eux : le véhicule avait des problèmes de moteur et leur visas allaient se terminer. Comme quoi, on trouve toujours pire ailleurs!

 

 

 

 

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 05:38

Ulaan-Baatar est une capitale de 1 million d'habitants, donc une grande ville, avec ses nombreuses voitures, ses embouteillages et.... son insécurité, ce qui est nouveau pour nous.



Le cheval, pourtant symbole de la Mongolie vraie, est absent ici. Il faut dire que si quelqu'un s'aventurait à venir à Ulaan-Baatar à cheval, la pauvre bête serait en moins de 5 minutes bonne pour la boucherie, et qui sait... peut-être son cavalier aussi!



Voleurs et pick-pockets sont rois ici et beaucoup de touristes, naïfs comme nous, en font les frais. Tout d'abord, c'est notre porte-monnaie qui nous a été dérobé, sous nos yeux et nous n'y avons rien vu. Le voleur a dû être déçu : il ne contenait que 15 euro. Puis c'est lors d'une bousculade lors de la traversée sur un passage piéton que mon sac à dos a été ouvert. Je l'ai vu à temps, il ne m'a rien été dérobé. Il y a Quentin  aussi, séjour longue durée à Ulaan-Baatar , à qui on a dérobé pour 6000 euro de matériel photo, son outil de travail. Et puis Serge, qui a vu un voleur pénétrer dans son véhicule et prendre deux ordinateurs portables et du matériel photo ; heureusement, il a rattrapé le coupable qui a eu a gentillesse de lui rendre son matériel « en pleine gueule », c'est le cas de dire : son nez en a souffert!



Bref, à part de bons restaurants pas chers du tout, Ulaan-Baatar est une ville où on n'a pas vraiment envie de s'attarder, surtout si on aime les grands espaces.



C'est un arrêt obligatoire pour ceux qui arrivent en avion, ceux qui doivent faire des formalités d'extension du visa mongol, ou un visa pour d'autres pays (Russie ou Kazakhstan ou Chine).

Heureusement, il y a aussi de jolies choses à voir : un grand et superbe monastère, le palais du Khan, des musées, et aussi un peu de montagnes à gravir.



Imaginiez-vous ainsi la capitale de la Mongolie??? la capitale la plus froide du monde...




Pour ne pas rester à Ulaan-Baatar pendant le Nadaam, journées lucratives pour les pick-pockets, nous sommes allés passer ces trois jours de fête dans un parc national, en compagnie d'une famille nomade, Serge et Nathalie et leurs quatre enfants, Loïc et Franck, les jumeaux de 10 ans, la souriante Nina « qui aura trois ans en Mongolie », et la petite Cyrielle, adorable bébé de 9 mois.  Nous avons fait un peu de montagne, et , à mon grand bonheur! du canoé.

 

 

 

 

 

Nous avons passé ensemble de très bons moments.

 


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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 05:37

 

 


Le Nadam, fête nationale en Mongolie, est le temps de diverses manifestations dans toute la Mongolie.
A Ulaan-Baatar, elle coïncide avec le jour anniversaire de l'Indépendance du pays, le 11 et 12 juillet. Mais il ya des Nadaam pendant tout le mois de juillet dans tout le pays. Le problème, c'est qu'il n'est pas possible de connaître les dates et que c'est souvent par hasard que l'on se trouve dans la bonne ville au bon moment. Ce qui nous est arrivé en revenant de Russie , à Bayangol, une charmante petite ville au nord de Ulaan-Baatar, les 8 et 9 juillet.

Les courses de chevaux de 12 ou 20 km sont classées suivant l'âge …... des chevaux et non des cavaliers qui sont tous des enfants à partir de 5 ans.

Le tir à l'arc est le deuxième sport pratiqué mais qui n'était pas pratiqué dans cette ville.
Enfin la lutte donne lieu tout au long de la journée à des combats entre adultes et, de manière moins sérieuse, entre enfants.

Alors que les cavaliers se sont lancés sur la piste à 12 ou 20 km de la ville, entourés de 4X4 et de spectateurs, dans la ville lse lutteurs commencent les combats dans un petit stade improvisé. Ils entrent puis effectuent la danse de l'aigle autour des drapeaux.



Il émane de ces mastodontes une grâce et une sérénité étonnantes. Pas de cris dans les spectateurs, juste quelques exclamations lors des bons coups. Pas de haine non plus entre les concurrents.


Les spectateurs sont sur deux rangs séparés par une corde. Le deuxième rang est occupé par les spectateurs à cheval. Les cavaliers vivent à cheval, ils font presque partie du cheval; ils ne descendent pas pour boire ou manger et se promènent toute la journée sur leur monture. Beaucoup de jeunes filles ou de femmes sont aussi à cheval et nous font de magnifiques sourires lorsque nous les photographions. Tous ont revêtu leurs plus beaux vêtements et se promènent toute la journée parmi les boutiques de foire, tirs sur boites de conserves, vente de cerf-volants, petite gargotte,....Même le match de volley aura ses spectateurs à cheval!


Un grand tumulte se fait et tous les spectateurs délaissent la place de lutte  pour se déplacer quelques centaines de mètres plus loin. Dans un nuage de poussière, piétons, cavaliers et voitures s'élancent vers le même endroit. Au loin, du haut de la colline, des nuages de poussière se déplacent : les cavaliers arrivent, devancés du 4X4 avec drapeau mongol flottant au vent.



Ils dévalent à toute vitesse la pente et arrivent entre deux rangées de spectateurs hurlant les encouragements. Les petits bouts de chou, montant souvent à cru leur cheval, chantent ou encouragent de petits cris leur monture sur laquelle ils semblent flotter.



Ce spectacle est fascinant! Un cheval arrive sans cavalier entrainé par les autres chevaux. Parfois les chevaux titubent à l'arrivée, épuisés tout comme leur jeune cavalier.

 

La remise des prix a lieu à la fin du deuxième jour. Un personnage sans doute illustre entre avec un groupe de cinq enfants, tous à cheval. L'homme chante d'une voix superbe, puis on boit l'airag, lait de jument fermenté, on en verse un peu sur le cheval, et l'entraineur recueille les prix : une boite de coca, un diplôme dans un cadre, une photo. Le groupe sort au pas du cheval en chantant sous quelques discrets applaudissements de spectateurs. Tout se fait dans un calme étonnant, dans la sérénité. Et le prochain arrive et tout recommence.

 

Nous terminerons ces belles journées par une invitation d'une jeune fille à venir rendre visite à sa grand-mère dans une ger. L'accès en fourgon sera assez acrobatique, les pistes étant surtout pour les chevaux, et nous finirons le chemin par la traversée d'une rivière. La jeune fille s'avance tranquillement dans l'eau opaque tout en téléphonant. On s'enfonce dans l'eau jusqu'à l'entrejambe sans voir où nous posons les pieds.



Au retour, je garderai mes chaussures!

Dans la ger se trouve la grand-mère de 80 ans, petite femme aimable, et son frère de 85 ans. De celui-ci émanent douceur et sérénité. D'un voix très douce, il s'exprime en anglais. Il nous dit avoir étudié à Moscou et parler également le russe et le chinois. On nous offre du yaourth; d'une ger voisine, un fils nous apporte une sorte d'omelette.... c'est en fait de la crème de lait, délicieuse même pour nous qui ne sommes pas portés sur les produits laitiers. Le vieil homme nous raccompagne un bout de chemin sur ses jambes plus très sûres. Lorsque je lui demande s'il est allé au Nadaam, il répond que non car...il n'a pas de cheval! A 85 ans, il n'y a pas de problème pour monter à cheval si le cheval est là...... Nous les quittons avec la promesse de revenir les voir lorsque nous reviendrons en Mongolie. Mais seront-ils encore là?

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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 10:18





SIBERIE


Une fois passée la frontière mongole, nous voilà en Sibérie et le paysage change. Déjà, encore en Mongolie, nous apercevons, juste après la frontière, trois églises orthodoxes l'une à côté de l'autre! Nous n'en avions vu aucune en Mongolie.

 


Arrivés à la frontière mongole vers 13heures, nous y trouvons beaucoup de monde. En fait la frontière est fermée pour cause....panne de courant! Elle ouvrira à 15 heures. Petites chicaneries du côté mongol, deux heures pour le passage, qui sera par contre très rapide du côté russe. De plus en plus, les frontières russes nous surprennent!

 

ULAAN-UDE, première ville en Sibérie

 

 

Consulat de Mongolie à Ulaan-Ude



 

 


En Sibérie, c'est le printemps qui commence : les lilas sont à peine en fleurs et pourtant le soleil chauffe déjà bien. C'est la troisième fois que nous voyons les lilas en fleurs au cours de notre périple L'hiver est long, le printemps très court se fond avec l'été. Klaus se demande si dans 15 jours, au moment de quitter la Sibérie, nous ne serons pas en automne.....

 

 

Fontaine dans un village

 


Les petites montagnes sont recouvertes de forêts qui étaient encore rares en Mongolie. Tout est vert! On se croirait dans les Vosges! Les montagnes se suivent dans le lointain, et plus on s'éloigne plus le vert devient bleu; vraiment comme les Vosges.


Ici, ce sont de forêts de pins, de bouleaux et d'autres arbres encore qu'un certain Didier n'aurait pas de mal à identifier, remarquant si les feuilles sont à poil ou à dents!

 

 

 

 

 

 

Porte-containers trans-sibérien..........

 


Et puis en Russie, nous sommes encore sur le goudron qui se déroule depuis Ulaan-Bataar et nous repose des pistes poussiéreuses et secouantes du reste de la Mongolie.

 


Nous retrouvons tout de suite les maisons russes en bois et colorées, ces petites maisons que j'adore et ne me lasse pas d'admirer et de ….photographier, souvent au vol, quand nous roulons « à toute vitesse ».

 

 


Il se dégage de ces maisons une douceur de vivre et une chaleur que l'on imagine. Nous sommes là sous le soleil ou sous la pluie, mais la température est à plus de 8°, et monte jusqu'à 25° ; ces maisons offrent un asile douillet aussi en hiver quand les températures descendent à – 50°. Nous essayons d'imaginer l'hiver ici, mais ce n'est pas facile avec nos repères européens et la douce température du moment.

 

 

Kiosque dans un village. On peut tout y acheter: journaux, ou cigarettes ou pain ou glaces...La toute petite fenêtre non grillagée au centre est l'unique surface de contact entre le vendeur et l'acheteur qui est obligé de se plier en deux!


Nous longeons la Selenga, une rivière qui prend sa source en Mongolie, et qui, grossie de tous ses affluents que, pour certains, nous avons déjà rencontrés sur notre parcours mongol, va se jeter dans le lac Baïkal par un delta si large que celui du Rhône en Camargue fait allure de gamin!

 

 

 

Station service dans un village....

 

 

 

Nous roulons au milieu des marais jusqu'à un charmant village et soudain, il est devant nous, immense, bleu, magnifique : le lac Baïkal!

 

 

 

Grande émotion! Ce lac représente pour nous le but de notre voyage, en même temps qu'un rêve qui soudain se réalise, en même temps que plein d'autres choses qui sont au fond de nous sans pourtant se révéler. Oui, le lac Baïkal, c'est vraiment quelque chose et nous savons notre chance de l'avoir là, sous nos yeux......

 


Nous cherchons un endroit pour nous arrêter et le hasard nous fait prendre une piste qui nous amène à....... un centre touristique russe! Heureusement pour nous, les vacances commencent à peine et il n'y a que peu de monde.

 

 

 

 

Boutique d'un vendeur de poissons au bord du lac Baïkal  : aujourd'hui, jour de congé!

 


Les pêcheurs mettent leur bateau à l'eau pour commencer la saison ; quelques touristes du coin viennent tremper leur canne pour la rafraîchir. Ils ne prendront pas beaucoup plus de poisson que nous (nous pas du tout!), mais ces rares poissons ne seront pas plus grands que des sardines et pour le miaou nous disent-ils. Heureusement que nous n'avons rien pêché car nous n'avons pas notre chat ici! (en plus Minerve, notre chat, n'aime pas le poisson....)

 


A cet endroit, le lac est entouré de bancs de sable, ce qui en fait un endroit idéal pour la baignade, mais il faut se coucher dans l'eau car l'absence de profondeur ne permet pas de beaucoup nager, mais pour cela l'eau est moins froide. Il ne fait trop chaud non plus, ce qui fait que les polaires voisinent avec les maillots de bain.

 


Nous n'avons pas fait attention et ne les avons pas vus venir. Par régiments entiers, en rangs serrés. Inconscients, nous avons laissé les portes de notre domicile grandes ouvertes, et lorsque je les ai reconnus, ils étaient déjà là! Je me précipite vers le fourgon, demande à Klaus s'il les as vus; il lui semblait aussi qu'ils étaient arrivés......

 


LES MOUSTIQUES!!!



Aussitôt, la moustiquaire est tendue devant la porte, la chasse commence à l'intérieur. L'extermination est totale. Pendant la nuit, deux rescapés font sournoisement entendre leur « bzzzzzzzzz » au-dessus de ma tête. A l'aide de ma lampe électrique, j'ai raison de ces deux imprudents.

 


Au matin, ils étaient plus nombreux, très nombreux même, qui s'étaient insinués à force de contorsions à travers la grille de la fenêtre de toit. Iil y en a d'autres, encore très nombreux à attendre le passage. Klaus démarre le ventilateur et … projette tous ces inconscients vers l'intérieur! Il s'en suivra un rude combat, que dis-je? un massacre, dont nous sortirons victorieux, les mains ensanglantées de notre propre sang, les rideaux déjà forts teintés par la poussière mongole arborant les traces de la bataille.

Mais devant la porte latérale, tous les copains s'étaient donné rendez-vous et essayeront un passage en force dés l'ouverture. Un homme averti en vaut deux! La moustiquaire devant la porte sera le deuxième homme et fera un barrage efficace.....



Petite visite de lycéens lors d'une sortie scolaire.

 


Le ciel est capricieux et les journées ensoleillées alternent avec des journées pluvieuses. Et quelle pluie! Nous profiterons de ces journées pour aller à Irkourtsk.

 

 

 

 

 

 

IRKOUTSK

 


Le soleil est de nouveau là et chaud. Les femmes sortent tout de suite leur tenue d'été, tee-shirt dos nu ou très décolletés, bermudas ou short très courts, robes légères.

 

 


Irkoutsk est une ville agréable, si ce n'est les embouteillages permanents. On sillonne la ville à pied, rues piétonnes, marché superbe et très propre comme toujours.

 

 

 

 

 


Les vieilles maisons de bois, parfois très sculpté, alternent avec les maisons de briques plus récentes.



Il n'y a pas de super grand building, tout en vitres par exemple, comme on trouve dans toutes les grandes villes. Il règne ici un petit côté traditionnel très plaisant.

 


Une très grande rivière, l'Angara, s'écoule du lac Baïkal et traverse Irkoutsk. Elle est large, le courant fort et est parsemée de petites embarcations à moteur où des pêcheurs pêchent toute la journée. Tous les soirs, les habitants s'y retrouvent pour se promener et les jeunes s'y rencontrer.

 


Nous restons au bord du fleuve et, chaque soir, devant nous se déroulent de magnifiques couchers de soleil, comme tous ceux sur le lac Baïkal.

 

 


Car Irkoutsk est à 60 km du lac. Pour nous rendre au lac, nous remontons la rivière Angara, par la route bien sûr, et voyons soudain devant nous d'épais nuages très bas. La température se met à descendre très rapidement : de 19° nous passons à 8° en moins d'un kilomètre. Nous approchons du lac. Les russes appellent cette zone du lac le congélateur. Nous arrivons au lac, il est recouvert d'un brouillard et nous ne voyons pas bien loin. Mais l'atmosphère qui y règne est assez mystérieuse...

 


 

 

Vendeur de chachliks au bord du lac dans un village très touristique!

 

 

Chaudron de plov, plat d'Asie Centrale    Manger en Asie Centrale

 

 

 

Beaucoup de touristes russes, bien emmitoufflés, des bateaux de pêche qui emmènent les touristes. Quand le brouillard se lève, le lac apparaît, magnifique comme toujours.

 

 


Nous ne dormirons pas dans le congélateur mais près d'un bras de la rivière où nous passerons deux agréables journées.

Retour à Irkoutsk.


 

Publicité pour un cabinet dentaire : Centre de Stomatologie

 

 

Sur le plan de ville, nous voyons qu'il y a le petit « i » signalant un office de tourisme. Bonheur! A part à Ulaan Baatar, nous n'avons vu que l'ombre d'un office de tourisme à Khiva, en Ouzbékistan. Nous traversons la ville, à pied bien sûr, et arrivés sur les lieux, nous nous trouvons devant une magnifique maison de bois devant laquelle on retrouve le « i ».


Nous entrons dans la cour, faisons le tour des bâtiments mais ne trouvons pas l'ombre d'un office de tourisme. Une femme sort d'une des maisons, nous demande, en russe bien sûr, si nous voulons voir le musée. Elle ne parle anglais et ne semble pas savoir ce que c'est qu'un office de tourisme. Bon moyen pour diriger les touristes vers le musée qui nous coûtera 100 roubles (2,5 €) alors que le tarif affiché, sans doute pour les russes, est de ….15 roubles.

 


Un peu dépités, toutes nos questions restant sans réponse, nous repartant en pleine chaleur rejoindre notre logis au bord de l'eau.

 

 

 

Il y a beaucoup d'embouteillages à Irkoutsk . Ici, un petit accident matériel : tous les tramways sont bloqués tant que le constat n'est pas fni, ce qui peut prendre des heures! L'accident a eu lieu devant un hopital et, une ambulance voulant sortir, ce sont plus de 10 tramways qui ont reculé pour lui laisser le passage!

 

 

 

 

Retour vers la Mongolie!



Nous reprenons la route vers Ulan-Ude et la Mongolie. Dans un village où nous nous arrêtons, face au lac, nous aurons beaucoup de visites. C'est dimanche, dés le matin les gens consomment beaucoup de vodka. Ils nous en demandent aussi, souvent de manière insistante, et quand nous leur disons que nous ne buvons pas d'alcool, ils montrent que ce n'est pas un problème, il suffit de leur en donner..... Nous imaginons que nous ayons servi un verre au premier, tout le village se serait trouvé devant le fourgon pour une distribution gratuite!!!!

 


Le poisson du lac Baïkal est l'omoul. Ce poisson ressemble à une truite, est délicieux et se consomme frais mais surtout déjà un peu salé ou alors fumé. Nous en avions mangé à Irkoutsk, frais et fumés, puis la veille trois achetés au bord de route où les vendeurs sont très nombreux, plus un quatrième : « cadeau pour les françouss », plus un cinquième moitié salé, cadeau à Irkoutsk . Nous ne le savions pas mais les frais étaient aussi déjà salés. Deux litres d'eau n'avaient pas suffit à étancher notre soif pour la nuit! Et le lendemain on nous demande : « Connaissez-vous les omouls? » Nous avons bien répondu que l'on commençait à avoir une petite saturation, on nous en amène quand même trois, plus un fumé. Cette fois on les dessale avant de les cuire!

En fait, les omouls se pêchent au filet, ce qui fait que les pêcheurs du bord de lac n'en pêchent jamais. Mais au filet, c'est en grande quantité et les habitants en consomment beaucoup, de même que les touristes russes qui les achètent fumés ou salés par kilos!

 


Nous aurons mangé en Sibérie tous les poissons qui nous ont fait défaut en Mongolie et nous avons même pris une petite avance …..



Un homme s'approche et nous invite dans sa datcha. Séduits par sa tranquillité et sa gentillesse, nous le suivons; ce qui nous permet de pénétrer dans une de ces jolies maisons de bois. Les échanges ne sont pas faciles mais se font quand même, même si on n'est pas sûrs au fond d'avoir vraiment tout compris. Il nous invite à nous installer chez lui, nous propose à manger alors que nous sortions de table.

 


Puis il nous demande : « Connaissez-vous les omouls? » et nous amène des poissons crus à côté du repas. Nous serons impolis, nous n'y toucherons pas et nous contenterons de deux rondelles de pommes de terre (nous venions de manger encore 4 omouls pour midi!!!!!!) La vodka est aussi du programme, et nous devons insister en disant que nous allons conduire pour qu'il ne remplisse pas nos verres. Klaus cependant n'échappera pas à son verre rempli deux fois, un minimum....

Nous ne donnerons pas suite à son invitation car nous prenons la route le jour même, mais... si nous revenons......

 


Nous allons quitter la Sibérie, nous promettant d'y revenir plus longtemps. Contrairement aux idées reçues, les russes sont des gens très ouverts, très agréables et accueillants. Beaucoup viennent nous voir, et repartent lentement en disant « nié panimaet », ne comprend pas. Il faut dire que quand ils parlent, c'est en général très vite. Parler lentement est pour eux chose impossible; quand on le leur dit qu'ils parlent trop vite, ils éclatent de rire et le débit de paroles augmente encore!! Il est urgent de faire de gros progrès et d'élargir le vocabulaire.

 


On est aussi très libre en Sibérie : nous n'avons pas eu un contrôle de police , il n'y a pas de problèmes pour photographier, nous allons où nous voulons et parlons avec qui nous voulons. C'est une région à découvrir en prenant son temps. Nous n'avons eu qu'un aperçu mais nous y reviendrons!

 


 

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 05:44




 

 

Voici trois textes (initialement en anglais) qui expliquent ce qui s'est passé pour les monastères du temps des communistes. Ces textes se trouvent au Monastère d'Erdene Zuu à Karakorum :

 

 

 

Jusqu'à 1921, la Mongolie était une « Boudhacracie » quand une révolution amena au pouvoir le MPP, le Part Populaire de Mongolie. En 1924, la Mongolie est devenue le 2ème pays communiste du monde. A ce moment-là, 1/3 de la population masculine était des lamas.

 


1936 : ERDENE ZUU : un monastère florissant

Malgré la séparation des monastères et de l'état par le MPP en 1920, les monastères mongols continuèrent d'exercer une forte influence sur la population.



Les lamas étaient profondément respectés par le peuple qui les écoutait davantage que les leaders du parti. Les communistes, par exemple, étaient obligés de demander aux lamas d'exercer leur influence pour que les bergers assistent aux réunions du parti, faute de quoi la participation était très faible.

 


Erdene Zuu, premier monastère établi en Mongolie, était un des centres de ce pouvoir. 1500 lamas y résidaient et le monastère comprenait 65 temples. Tous les bergers des alentours assistaient aux grandes cérémonies.

 

 

1937 : Destruction de ERDENE ZUU

Il était clair pour les communistes que les monastères, bien que ne gouvernant plus officiellement la Mongolie, menaient encore le peuple. Ils commencèrent à accuser différents dirigeants de monastères d'être contre-révolutionnaires.

 


En 15 ans, toute la vie monastique de Mongolie a été anéantie. Des dizaines de milliers de lamas, dont on n'a plus entendu parler, ont été envoyés en prison. On a estimé à 17 000  le nombre des lamas exécutés soit par balle, soit battus à mort pour économiser les balles... Les corps ont été ensuite enterrés dans des fosses communes ou jetés dans des ravins. Un de ces charniers a encore été récemment découvert.

 


Les jeunes lamas de moins de 10 ans ont été autorisés à vivre et renvoyés à la campagne dans leur famille, menacés de représailles s'ils prenaient part à une cérémonie boudhiste.

 


Des centaines de temples ont été détruits. Seuls quelques-uns furent épargnés et convertis, par les communistes, en musée exposant la vie féodale en Mongolie.

 

 

La destruction de Erdene Zuu eut lieu en 1937. La plupart des temples furent rasés ou sérieusement endommagés. Les hauts lamas furent exécutés, ceux de rang moyen envoyés en prison, et les plus jeunes renvoyés dans leur famille.

Cette élimination du boudhisme mongol servit d'avertissement aux tibétains qui savaient qu'il n'y avait pas de négociations possibles lorsque les chinois ont envahi le Tibet en1952.


 

 

1990 : restauration de la liberté religieuse.

En 1990, d'après une résolution du Grand Khurat, le parlement mongol, la liberté religieuse fut restaurée en Mongolie. Cette année-là, 3 monastères furent autorisés à rouvrir leur portes. Quelques années plus tard, ils seront 170.

 


Mais qui serait intéressé par le boudhisme après 70 années de communisme? L'écrivain chinois Ma Jian a récemment écrit : «  Le communisme peut anéantir les droits individuels, il ne peut pas détruire les traditions d'une nation. » Et cela est particulièrement vrai en Mongolie!

Quand le boudhisme tibétain a atteint les mongols au 7ème siècle, ils l'accueillirent dans leur coeur, et il devint une part essentielle de la construction de leur culture. Leur façon de voir la vie, son sens profond, leur attitude face à la mort, à la nature, étaient boudhistes, et le sont encore en dépit de 70 années de communisme.

En 1944, les temples rescapés de Erdene Zuu (8 sur 65)  sont devenus musée sous le contrôle de l'état.

 


En 1990, 17 lamas ont été autorisés à utiliser le Lavrin Temple (Temple tibétain) pour l'enseignement et la prière.

 

 

Une jeune femme d'une trentaine d'années nous confiait qu'avant 1990, son père faisait parfois venir à la maison un lama retourné à la vie civile en 1937 (il ne devait pas être tout jeune!) pour faire des cérémonies pour sa mère qui était malade. Lors de ces visites, toutes les portes et fenêtres de la maison étaient soigneusement et hermétiquement fermées car son père était membre du parti et risquait gros si on avait su que de telles cérémonies avaient lieu sous son toit.

Le boudhisme restait bien vivants dans le coeur de mongols....

 


Alors que l'on s'étonnait de voir qu'il restait tant de tankas, de statues et d'autres objets anciens, on nous expliqua que lorsque les destructions ont eu lieu, les habitants ont pris et caché ces objets dans leurs maisons ou dans les montagnes; lorsque la liberté religieuse a été proclamée, tous les objets ont miraculeusement refait surface pour rejoindre les monastère.

 

 



 

On se demandait aussi pourquoi certains temples ont été complètement détruits et d'autres épargnés totalement ou partiellement. Les armées communistes étaient soient russes, soit mongoles. Les russes pratiquaient la destruction de façon consciencieuse et systématique. Les mongols, sans doute du fait d'un reste de religion,.....étaient moins assidus, et d'autant moins si le temple à détruire était loin de la capitale ; les temples éloignés d'Ulaan-Bataar étaient d'ailleurs confiés aux troupes mongoles, les troupes russes restant autour de la capitale.


 

 

Quant au chamanisme, présent en Mongolie bien des siècles avant l'arrivée du boudhisme, il est toujours bien là et cohabite harmonieusement avec le boudhisme. La preuve en est la présence de nombreux ovos au sommet des montagnes ou collines, aux cols, et dans n'importe quel lieu de passage. Les écharpes bleues, couleur du ciel, sont signe de croyance chamanique, les chamans étant reliés aux esprits de la nature. Les ovos en sont surchargés; mais on les trouve aussi dans les monastères.

 

Pour terminer sur une note d'humour, laissons le Père Huc nous raconter sa vue sur les ovos en 1844 dans son magnifique livre :

« Souvenir  d'un voyage en Tartarie et au Thibet »

"Bientôt, nous sommes en présence du grand obo, au pied duquel les tartares viennent adorer l'esprit de la montagne; Ce monument n'est pas autre chose qu'un énorme tas de pierres amoncelées sans ordre.A la base est une grande urne de granit dans laquelle on brûle l'encens. Le sommet est couronné d'un grand nombre de branches desséchées, fixées au hasard parmi les pierrres. Au-dessus de ces branches sont suspendus des ossements et des banderoles chamarrées  de sentences thibétaines ou mongoles.Les dévots qui passent devant l'obo ne se contentent pas de faire des prostrations et de brûler des parfums, ils jettent encore de l'argent en assez grande quantité sure ce tas de pierres. Les chinois qui passent par cette route ne manquent pas non plus de s'arrêter devant l'obo, mais après avoir fait quelques génuflexions, ils ont soin de recueillir les offrandes que les mongols ont eu la bonhomie d'y déposer."

 

Sur chaque sommet et à chaque col donc,  on rencontre des ovos. On se doit d'en faire trois fois le tour, en déposant à chaque tour une offrande, qui peut aller du simple petit caillou au billet, en passant par des bouteilles de vodka toujours vides (ont-elles été déposer là vides ou vidées par les esprits?......), des béquilles en assez grand nombre, au autre babiole. Ici il n'y a pas de chinois pour récupérer les offrandes, mais il y a sûrement une âme dévouée pour faire le ménage de temps en temps....

 

 

 

 

 

 

 

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