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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 07:51

 

Lénine assis. Satue rare! en général, il est toujours debout et montre...là-bas!

Ce qui prouve que tout le monde a le droit de se reposer.



11 septembre.

Nous arrivons à Jalalabat, ville de 70 000habitants, 3ème ville du pays après Bishkek et Och. La ville est beaucoup moins européanisée que Bishkek, plus agréable et moins anonyme aussi. Il y a bien sûr une grande activité au bazar où toutes sortes de fruits et légumes sont offerts à des prix très bas.



Nous sommes frappés par la quantité de nourriture vendue et consommée dans la rue : samsa (sorte de pâté fourré à la viande), beignets de toutes sortes, chachliks (brochettes de viande), nan (pain local), fruits (raisin, figues, grenades, quantité de melons et pastèques, pêches), légumes (montagnes de tomates, pommes de terre, oignons, aubergines, petits concombres,....) et bien sûr, des glaces qu'ici, comme partout dans les ex pays soviétiques, on consomme en très grande quantité.

 

 


Les écoliers sont toujours en uniforme ; les petites filles ont toutes un énorme ruban blanc en noeud dans leurs cheveux ;

 


dans le nord du pays, elles sont habillées en noir avec un tablier en dentelle blanche, un peu comme avant chez nous les serveuses de restaurants huppés, et toujours le gros flot dans les cheveux.

 


Dans le sud, garçons et filles ont un gilet ou une jupe en tissu écossais. Voir une sortie d'école est toujours un moment de grand plaisir.



Traînant dans le bazar en quête de beignets kirghizses et samsas pour le petit déjeuner, nous sommes abordés par une femme, Katia, 53 ans, qui nous invite à prendre le thé. Bien sûr la conversation ne se fait qu'en russe et nous l'invitons ensuite à visiter notre malenkii dom (petite maison = notre fourgon). Je lui fais un petit cadeau made in France et nous lui faisons nos adieux ; mais elle reviendra l'après midi avec une grosse pastèque et des pommes. Elle nous demande si on veut voir le sanatorium et se propose de faire le guide.

 

 

Ce sanatorium, créé bien sûr par les russes et pour les russes, est perché sur une colline. Un parc immense, malheureusement plus très bien entretenu, où sont parsemés ça et là des pavillons, à l'abandon pour certains, recèle une source miraculeuse. En « prenant les eaux », nous rencontrons une femme parlant anglais. Elles nous offrent tout d'abord des pistaches fraîches qu'elle vient d'aller cueillir sur la colline qui est couverte de pistachiers. Puis elle va rester avec nous, nous donnant des renseignements sur le pays que Katia aurait pu nous donner mais que mes connaissances en russe ne me permettaient pas de comprendre. Avocate à Tachkent, elle passera toute la soirée avec nous et nous apprendrons bien des choses sur l'avant et après indépendance. Pro russe, elle nous montrera surtout ce que le pays a perdu avec l'indépendance.

 

 


 

Nous quittons Jalalabad pour nous diriger vers Och. Deuxième plus grande ville du pays, Och est une ville agréable où l'on se promène dans de nombreux parcs abritant des manèges datant de l'époque soviétique et que l'on préfère regarder plutôt que de les essayer....



Il y a beaucoup d'animation dans les rues et les parcs, surtout le dimanche. Le bazar est immense et c'est comme toujours là que bat le coeur de la ville.



Plus encore qu'à Jalalabad, on y trouve un mélange d'Asie Centrale, de pays arabes et d'Orient. On ne trouve plus cette structure très organisée et aseptisée des bazars soviétiques mais un désordre où il fait bon traîner......

 


 

En Asie Centrale, les gens aiment beaucoup qu'on les photographie et nous le demande souvent. Ce sont des gens très souriants mais dés qu'on lève l'appareil ils se mettent au garde à vous et cesse de sourire. Il me faut faire force de grimaces pour arriver à arracher, parfois! l'ombre d'un sourire....

 


14 septembre.

Nous nous dirigeons vers la frontière Tadjike par une route superbe construite par les chinois. Une partie de la route est encore en travaux et nous sommes impressionnés par l'importance du chantier.



Nous sommes sur la route qui conduit à Sari Taj, la ville la plus au sud du Kirghizstan. De là, on peut continuer plein sud vers le Tadjikistan, ou plein est vers la Chine, ou encore plein ouest vers Dushanbe, la capitale du Tadjikistan.

 


Tout le long de cette route nous cheminons à travers de magnifiques vallées, canyons et montagnes.

 


Nous passons la nuit à un col à 3600 mètres d'altitude, peu avant Sari Taj, et nous fêterons les 100 000 km de notre fourgon à l'hôtel-restaurant du col (le petit restau gris.....)


Il n'y a rien que nous au col, mais le trafic des camions est intense, même la nuit, et tous font une petite halte au col avant d'amorcer la descente.


En redescendant vers Sari Taj, situé à 3000mètres, nous sommes époustouflés devant le panorama qui s'offre à nous : les montagnes et glaciers du Pamir s'étendent devant nous d'est en ouest. Cette chaîne de montagnes forme la limite nord du Pamir et culmine à 7134 mètres avec le pic Lénine.


Aussitôt une inquiétude nous prend : le lendemain nous devons traverser ces montagnes pour nous rendre au Tadjikistan et passer un col à 4200 mètres. Tant de neige....

 


Nous passerons la journée dans la contemplation de ce décor et passerons la nuit à Sari Taj, ville morne, triste , où nous avons pu dénicher une station essence mais pas de magasin. Voyant un voyageur en sac à dos à la recherche d'un hôtel, dans le froid du crépuscule, nous nous sommes sentis bien chez nous.....

 


Le 16 septembre, nous partons au petit matin pour le Tadjikistan...



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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 10:18

 Pour en savoir plus : Presentation du Kirghizstan


Le centre d'affaires d'Almaty, tout en verre....

Nos derniers jours à Almaty ont été riches de rencontres. Tout d'abord, Mila, mi-russe mi-  kazakh, que nous avions rencontrée au Canyon de Sharyn et qui nous avait invités à notre retour à Almlaty.



 Au menu, laghman, ces pâtes faites maison que l'on retrouve dans toute la cuisine d'Asie Centrale. Elles sont ajoutées à une sorte de pot-au-feu et ce plat délicieux l'était encore plus chez Mila.



 Soirée 100% russe puisque Mila ne parle pas l'anglais. Beaucoup de générosité chez elle ; à notre première rencontre, elle a prise une bague à son doigt, corail montée sur argent, et l'a passée à mon doigt ; certes une bague si volumineuse ne m'est pas habituelle mais je la porte parfois en souvenir de Mila.


Et puis nous avons retrouvé Qing et son bébé qui hébergeait une jeune kazakh parlant très bien l'anglais. Beaucoup d'échanges là aussi et pour nous la possibilité de connaître mieux ce pays.



Anke, le bebe de Qing, notre plus jeune visiteur pour notre fourgon (2  mois et demi!)
 

Nous avons ensuite quitté le Kazakhstan pour entrer au Kirghizstan. Le passage de frontière réglé en quelques tampons a presque été frustrant par sa rapidité.....

Nous quittons un pays à 30 ° et arrivons dans un pays très vert et …..pluvieux. C'est le temps des foins et de grands camions débordant de toutes parts transportent le foin vers le Kazakhstan.

 

Nous nous arrêtons à Karakol, petite ville très agréable où nous visitons sa charmante cathédrale en bois.



Nous sommes arrivés au Kirghizstan pour la fête nationale et avons eu droit à une representation de Manas, le héros épique national :



Nous atteignons le lac Issyk kul, le deuxième plus grand lac de montagne du monde après le la Titicaca. Du rivage on a l'impression de se trouver devant la Méditerranée... sauf que de l'autre côté du lac, au nord, il y a la chaîne de montagnes nous séparant d'Almaty



"Poissons de mer de Brême frais du jour sur votre table"

Le temps est maussade, le ciel chargé et les averses ne nous donnent que de rares occasions d'apercevoir les hautes montagnes qui entourent le lac. Mais rien n'est complètement mauvais et nous nous rendrons compte quelques jours plus tard que ce mauvais temps a aussi un bon côté.




Nous avançons assez vite et nous dirigeons vers le lac Song Köl. Nous prenons une auto-stoppeuse, Carolina, polonaise de 28 ans venant de Taïwan où elle a étudié pendant trois ans, et retournant dans son pays par le chemin des écoliers.



Au lac Song Köl, à 3000mètres d'altitude, il fait assez froid et le soir la température chute à 0° dés le soir. Carolina dormira courageusement dans sa toute petite tente, mais les deux nuits suivantes, elle préférera le siège avant du fourgon....




Le temps est capricieux et quelques rayons de soleil alterneront avec des averses de pluie, de grêle et de neige. Le décor est magnifique ; les montagnes blanchissent au gré des averses et le paysage n'est jamais le même. C'est cela le bon côté du mauvais temps!

Après deux jours au lac, nous reprenons le chemin de la plaine (à 1600m quand même!) et repassons le col à 3300 mètres sous la neige. Les chevaux et les moutons broutent l'herbe sous une petite couche de neige. Les nomades commencent à préparer la descente des animaux. Le lendemain, les montagnes continuent de blanchir et nous pensons avoir quitté le lac à temps, n'étant pas équipés de pneus d'hiver (nous avons quand même des chaînes en cas d'urgence!).




Carolina reste avec nous pendant ces trois jours et sa connaissance du russe (en plus du chinois, de l'anglais et du polonais bien sûr!) lui permet d'avoir beaucoup de contact avec les kirghizes et les tadjiks. En voyageant seule, une femme de plus, elle est souvent invitée. Elle nous fera part de toutes les coutumes dont elle pris connaissances au cours de ses rencontres. Elle nous parlera aussi de la Pologne qui nous est somme toute très inconnue. Sa compagnie a été délicieuse.


Bishkek, capitale du Kirghizstan nous a montrée ses deux visages, ensoleillé et pluvieux. C'est une ville beaucoup plus calme qu'Almaty et dont on a finalement assez vite fait le tour. Elle recèle un bijou, selon moi en tous cas, son musée.... Deux étages dont le deuxième est consacré à l'artisanat et la période après guerre ; je ne l'ai qu'à peine parcouru.

Le premier étage est surréaliste, consacré essentiellement à Lénine ; inutile de préciser que ce musée est un pur produit de propagande soviétique. L'éclairage tamisé, dû en grande partie à l'absence de nombreuses  ampoules, m'a plongé dans un autre monde. La visite commence par une lettre manuscrite en français, datée de Genève, adressée à Karl Marks il me semble, où on parle d'un groupe de russes qui veulent rejoindre l'Internationale et commencent à infiltrer la Russie. Il y est question aussi de polonais, serbes et autres nationalités. Au-dessus de la vitrine, des  gravures assez violentes illustrent des affrontements de rues .

1870 est l'année de naissance de Lénine. On va le suivre en image tout au long de sa vie, et les vitrines montrent en parallèle de nombreux écrits et documents.

Des sculptures grandeur nature, peintes dans des tons cuivrés, d'une impressionnante véracité, occupent les espaces entre les vitrines. Il règne ici une grande violence. Seule à cet étage, faisant abstraction des bruits de fond venant des autres étages, j'étais plongée dans cet univers pré-révolutionnaire ; à tout moment je craignais de me retrouver avec une hache plantée dans le dos et frémissais en voyant le canon d'un pistolet braqué sur moi....

Pour compléter cet impressionnant spectacle, les plafonds sont entièrement peints de gigantesques fresques, tout aussi violentes. A la gymnastique intellectuelle nécessaire à un minimum déchiffrage du russe, s'ajoute donc une véritable gymnastique cervicale pour ne rien perdre des fresques. Celles-ci, tout comme les bas-reliefs, sont faites avec une perspective qui leur donne un réalisme étonnant. Il est amusant de noter la progression : plus on avance vers la révolution, plus la violence s'atténue, pour finir sur des images très douces d'après révolution : enseignement des masses populaires, accès à l'art pour les femmes, et tout cela dans le bonheur et la joie.... on se demande ce que les peuples d'Asie Centrale restés si longtemps sous le joug soviétique, peuvent penser de ce bonheur.....

La visite de l'étage se termine avec des articles de journaux, l'humanité entre autres, annonçant la mort de Lénine; c'était en février 1924, il avait 54 ans.

J'ai noté que Staline était assez absent de ce musée et ne figurait que sur deux ou trois photos, très jeune, et très en arrière-plan.

 Nous n'avons malheureusement pas de photos du musée.




 

A Bishkek on voit de nombreuses fontaines et jets d'eau. Le jeu de ces jets d'eau est très joli et atteint son paroxysme le soir quand, sous des variations d'éclairages multicolores, ils dansent sur de très jolis morceaux de musique. Il y a beaucoup d'animation autour des bassins et si ce n'était la température un peu fraîche, on y resterait des heures!

Le très important parc automobile de Bishkek est majoritairement composé de belles et récentes Mercédès, BMW et Audi ; beaucoup de gros et rutilants 4X4 japonais ; quelques vieilles Lada égarées se perdent au milieu de ce beau monde ; les marques françaises sont inconnues en Asie Centrale....

 

Nous quittons Bishkek par une bonne route et passons un premier col à 3000 mètres par un tunnel. A la sortie de celui-ci des montagnes blanchies par les dernières précipitations se dévoilent à nous en un panorama de plus en plus large.



 

Nous nous arrêtons un peu plus bas, à 2300 mètres, pour la nuit. Le lendemain, après avoir roulé une vingtaine de km, nous avisons un charmant petit endroit au bord d'un torrent.



 Nous décidons d'y passer la journée et de faire les travaux nécessaires : lessive, réparation de la barre de stabilisation que nous avions cassée au Kazakhstan, et toutes les autres petites choses en attente. Nous passons une délicieuse journée sous un joli soleil et avec une température très agréable.



Nous nous réveillons le lendemain dans la neige et nous avons besoin des chaînes pour quitter notre petit paradis et rejoindre la route.



 Il neige toujours et la route monte vers un nouveau col à 3100 mètres, plus froid que le précédent.




Les habitants déneigent leur yourte à la pelle, les animaux marchent péniblement dans une neige de plus en plus profonde au fur et à mesure que nous montons.


Troupeau de moutons dans la neige

 Les troupeaux sont aussi de plus en plus nombreux ; nous voyons des troupeaux de moutons serrés l'un contre l'autre dans la neige. Parfois ils marchent et la neige leur arrive au ventre. Beaucoup de chevaux  et de bovins aussi.



 Il règne une ambiance très particulière dans ce paysage tout blanc où les sommets sortent parfois des nuages, où les nomades s'affairent autour de leur tente ou de leur troupeau car en dépit de la neige, la traite continue. Les vendeurs de koumiz (lait de jument fermenté) et de petits fromages, si nombreux la veille, ont rangé leurs produits et offrent des étalages vides pour la plupart.


 

 

Après avoir passé le col, nous redescendons dans un décor plus raide où les nomades et les troupeaux sont peu nombreux. A 2000 mètres d'altitude, la neige se transforme en pluie et, comme sous l'effet d'un coup de baguette magique, les vendeurs de koumiz sont remplacés par des apiculteurs très nombreux qui offrent leurs produits dans des bouteilles de coca, d'huile ou d'eau minérale.





 Ils ont souvent leurs ruches dans des roulottes ou sur des chariots, dorment à proximité, et vendent leurs produits au bord de la route.



 

La route descend vers la plaine et le décor change complètement. Les montagnes enneigées sont la toile de fond de plaines fertiles et cultivées.


Le lac de Toktogul (artificiel)

 Nous approchons de la vallée du Fergana kirghize, très musulman comme son homologue ouzbek. Les visages, tout comme l'habillement se modifient et se rapprochent de l'Ouzbékistan.



 Bishkek est en fait totalement isolé du reste du pays par une barre montagneuse et deux cols à plus de 3000 mètres. Pour relier la capitale aux autres villes du pays, une très bonne route a été construite et nous apprécions beaucoup!

 

 

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