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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 12:56

Amou Daria, Syr Daria et ….coton : une tragique histoire d'amour???

 

Deux fleuves alimentent la mer d'Aral : la Syr Daria au nord qui se jette au nord de la mer d'Aral au Kazakhstan, et l'Amou Daria au sud, qui se jette au sud de la mer d'Aral en Ouzbékistan. Kazakhstan et Ouzbékistan, deux pays qui faisaient partie de la grande URSS, mais qui ont maintenant des intérêts différents. La grande richesse du Kazakhstan est le gaz et le pétrole, celle de l'Ouzbékistan, le coton qui représente 38% de l'économie du pays. L'ouzbékistan figure parmi les premiers pays producteurs de coton au monde.

Les soviétiques, pour ne plus être dépendants du coton américain, avaient développé des cultures intensives de coton dans les pays d'Asie Centrale, principalement au Tadjikistan et en Ouzbékistan.

Ces cultures ont asséché les deux grands fleuves, provoquant l'assèchement dramatique de la Mer d'Aral.

La Syr Daria et l'Amou Daria drainent la quasi totalité des rivières des massifs du Pamir, du nord de l'Indu Kusch et du Tien Shan à l'ouest de la frontière chinoise.

 

 

L'AMOU DARIA

 


Au Tadjikistan, elle s'appelle la Pamir et se dirige d'abord plein sud  jusqu'à Langar.




Là une autre rivière  arrive de l'est d'Afghanistan , la Wakhan, qui donnera son nom à cette magnifique vallée.




Les deux rivières réunies s'appellent désormais le Pianj  qui fera la frontière entre Tadjikistan et Afghanistan.



 


Arrivant en Ouzbékistan, elle prendra le nom d'Amou Daria, continuera son rôle de frontière avec l'Afghanistan sur 200km, puis entrera au Turkménistan. Nous la retrouverons au nord de Boukhara, de nouveau frontière entre Ouzbékistan et Turkménistan, jusqu'à Ourgench, près de Khiva,




où elle sera ouzbek à part entière pour se jeter quelques centaines de km plus loin dans la mer d'Aral.

 

Frontiere entre Tadjikistan et Afghanistan cette rivière que nous voyons grandir rapidement



alimentée par les nombreux torrents de l'Indu Kusch et du Pamir, va devenir une rivière au flot tumultueux qui nous donne des frissons lorsqu'une route abimée nous la fait surplomber d'un peu trop près.




Quittant les régions montagneuses du Pamir, elle va être asséchée petit à petit au Tadjikistan, puis aen Ouzbékistan pour subvenir aux besoins de la culture du coton, avide d'eau. Sans doute le Turkménistan profite-t-il aussi de ce fleuve pour les cultures de coton ou autres.

 

 


LA SYR DARIA



 

Le second grand fleuve d'Asie Centrale est la Syr Daria  qui s'appelle Naryn au Kirghizstan, et se jette dans la mer d'Aral au Kazakhstan, et dont nous avons longé le cours dans de magnifiques canyons entre Bishkek et Jalalabad au Kirghizstan.


Le guide Lonely Planet parle de « désastre » et signale les « mares stagnantes » de la rivière maitrisée par les différents barrages.

 


Nous avons trouvé que ces lacs magnifiques n'avaient guère l'allure de mares stagnantes et tous ces barrages permettent aux maisons les plus oubliées d'avoir l'électricité.

 



Sans doute toutes ces lignes électriques qui sillonnent les magnifiques paysages de l'Asie Centrale ne sont pas du plus bel effet, mais qui a le droit de demander à "l'autre" de continuer à utiliser la bougie pour sauvegarder les paysages et l'écologie, alors que l'on a la chance d'avoir l'électricité à discrétion dans notre pays?

Ce sont les mêmes qui vont déplorer la perte d'une certaine authenticité en voyant chaque maison isolée, chaque yourte au milieu de la steppe kirghizse ou mongole, équipée de panneaux solaires et d'une antenne satellite. On apprécie le romantisme du bon vieux temps quand ils ne concernent …. que les autres!

Nous pensons au contraire que ce luxe leur permettra de continuer  plus longtemps leur saine vie nomade au lieu de venir s'entasser dans des villes déjà trop peuplées à la recherche d'une civilisation bien malade....

 

 

 

LE COTON EN OUZBEKISTAN

 

Le coton fait partie de la vie de chaque ouzbek. Tout le monde est concerné, du moins en ce qui concerne la récolte.

Le coton est planté en avril. D'abord sous tunnel plastique, il est dés le mois de mai en plein air et au mois d'aout apparaît la fleur.



Celle-ci évoluera ensuite sous la forme d'une coque close.

 

 


Dés les premiers froids, en général fin septembre, la coque explose et le coton apparaît.

 


La récolte se fait en tirant le coton de la coque qui reste sur place.
Dans le coton extrait se trouve les graines qui seront séparées des fibres dans les fabriques et qui serviront à faire l'huile de coton, entre autres, élément indispensable à la réussite du Plov, plat national en Ouzbékistan et répandu dans toute l'Asie Centrale et la Russie.

 


Au moment de la récolte, toute la population est mobilisée. Lorsque en avril nous parlions de peut-être revenir en octobre, on nous répétait invariablement : « Nous serons dans le coton! ».

Les élèves des écoles et universités de plus de 15 ans vont passer deux mois dans les champs de coton, sous la garde de leurs professeurs, eux aussi mobilisés. Selon eux, les jeunes apprécient cette période car ils mangent et dorment sur place, leur permettant le soir de faire la fête entre copains, ce qui, dans une société où les parents montent la garde jusqu'au mariage, est en effet une aubaine!

Les professeurs habitent sur place avec leurs élèves, les surveillent dans les champs : « Debout! », « Cueille! »,.... et leur font la cuisine.

Tout ce monde n'est pas payé mais le fermier verse aux professeurs une somme qui leur permettra  d'acheter la nourriture.

Les professeurs ayant de jeunes enfants peuvent être dispensés de cueillette, mais nous en avons rencontré une qui venait d'y être envoyée par le directeur de son école. Elle partait le lendemain et ne savait pas encore qui garderait ses enfants de 2 et 4 ans. « Peut-être ma mère? » mais quand nous sommes passés chez la mère, elle était elle aussi dans le coton.... Mais cela semblait moins préoccuper notre professeur que le fait qu'il allait faire très froid!

Nous n'avons pas compris exactement comment cela se passait avec les écoles car certaines continuent de fonctionner pendant cette période. Peut-être certains élèves d'écoles privées sont dispensés de cueillette? Nous n'avons pas eu d'informations à ce sujet, ni d'explications sérieuses.

 


La cueillette se fait chaque jour, dimanche compris, et il y a trois jours de repos toutes les deux semaines. Les coques ne s'ouvrant pas toutes en même temps, et le coton devant être cueilli rapidement après l'ouverture de la coque, trois ou quatre passages à une semaine d'intervalle environ seront nécessaires pour chaque champ.

Les cueilleurs ont un grand sac attaché à la ceinture où ils déposent le coton et qu'ils vont vider dans des chariots à haut bord.

 

 

Chaque famille doit « donner » une personne à la cueillette du coton. Nous avons cru comprendre que si cette personne ne travaillait pas habituellement, elle recevait un salaire fonction du nombre de sacs cueillis. Nous avons souvent rencontré des groupes d'hommes et de femmes attendant les bus de ramassage, ou les cantines improvisées au bord des routes, ou les samovars pour le thé.

Il est impressionnant de voir l'activité dans les champs de coton à cette période car il ya vraiment beaucoup de cueilleurs dans les champs.



Sur la route, les tracteurs tirent les chariots et vont les vider dans des entrepôts où le coton sera stocker sur des tas plus hauts qu'une maison.

 

 


La plupart des champs appartiennent à l'état. Le coton est la richesse du pays et chacun se doit d'y participer. C'est un fait acquis et accepté. La propagande est très bien faite.

 


Mais que pensent les ouzbeks de ce coton qui assèche leur mer d'Aral?

Nous avons cru comprendre que pour eux, il s'agit de deux choses différentes. Si est reconnu que l'assèchement de la mer d'Aral a mené une population de pêcheurs à l'inactivité, a modifié le climat qui est devenu plus sec avec moins de précipitations, désertification des terres et vents plus violents, la culture du coton ne saurait être remise en question.
Un paradoxe de plus : les régions proches de l'Amou Daria sont grandes productrices de riz. Nous ne connaissons pas grand chose en agriculture mais il nous semble que le riz est lui aussi un grand consommateur d'eau.

 

Entre 1966 et 1993, le niveau de la mer d'Aral a baissé de 16 mètres et ses rives orientale et méridionale ont reculé de 80 km. Les deux grands ports de pêche, Aralsk au Kazakhstan et Moynaq en Ouzbékistan sont à des dizaines de km de la mer actuelle.

Nous ne sommes pas allés à la Mer d'Aral. La plupart des touristes s'y rendent pour regarder les bateaux rouillés et échoués, et juger le recul de la mer. Monyaq est une ville fantôme où les habitants ne sont pas vraiment accueillants, paraît-il, ce que l'on comprend sans peine... Tout d'abord la piste pour s'y rendre est très mauvaise et longue et le spectacle désolant d'une ville de pêcheurs en déclin par manque d'eau (un comble pour un pêcheur!) n'est pas pour nous attirer. Je me souviens dans notre village d'un incendie sur les décombres duquel on avait mis une pancarte : « On ne contemple pas la misère ». En ce sens, faire une visite touristique à la Mer d'Aral nous semble être une forme de voyeurisme....

Il nous semble que l'assèchement de la mer d'Aral alarme  plus  la communauté internationale que les ouzbeks eux-mêmes. On retrouve ce besoin de se mêler des affaires des autres que l'on veut aider ou conseiller sans qu'ils ne le demandent. Le cotron est la richesse de l'Ouzbékistan ; on pourrait imaginer que la communauté internationale se mobilise en versant des subventions au pays , lui permettant ainsi de diminuer la production du coton et de permettre à l'Amou Daria de remplir de nouveau la mer d'Aral? Mais chacun sait que les subventions se donnent et...se suppriment! rendant ainsi le pays totalement dépendant des donateurs.Le président ouzbek ne semble pas avoir le caractère d'un dépendant..... (opinion tout à fait personnelle!!!)

Nous avons traversé l'Amou Daria au nord de Nukus, à moins de 200 km de la mer d'Aral. Elle semblait se porter encore assez bien puisque nous avons traversé successivement quatre bras ou canaux identiques et qui semblaient loin d'être à sec.

 


Peut-être aussi les pêcheurs de la mer d'Aral devraient-ils s'adapter à une autre vie car doit-on demander à la population de tout un pays de sacrifier la culture du coton, leur vraie richesse, pour sauvegarder l'économie de quelques familles de pêcheurs?

Tout ceci n'est qu'une opinion personnelle et n'engage que nous. Cette observation est certes très, très subjective.....

 

 

 
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 12:57

Boukhara



pour en savoir plus   Présentation de l'Ouzbékistan


Samarcande. 12 octobre.

Nous sommes heureux de retrouver l'Ouzbékistan mais la ville a bien changé. Tout d'abord, en nous dirigeant suivant notre trace GPS d'avril vers le Registan, centre historique de la ville, la route est soudain coupée par un mur, poussé là on ne sait quand, ni comment, ni pourquoi. Un long détour nous permet d'arriver au Registan, de l'autre côté du mur.



Elisabeth et Jacques sont là qui nous attendent et les retrouvailles sont très chaleureuses. Après avoir dîné ensemble, nous passons une agréable soirée à échanger nos expériences depuis Almaty. Nous avons fait le même trajet; nous les suivions trois ou quatre jours plus tard.
Le lendemain, ils quittent Samarcande et nous devons nous rejoindre 10 jours plus tard au nord du pays. Mais nous ne les reverrons plus. Une sombre histoire d'enregistrement du visa pas fait dans les 3 jours de l'arrivée dans le pays les tiendra 6 heures dans le bureau de police de Boukhara. La conclusion sera l'obligation de quitter le pays dans les trois jours. Un échange de SMS nous avertira immédiatement du problème et nous permettra de faire les démarches nécessaires pour nous éviter pareille mésaventure. Merci à vous, Jacques et Elisabeth!




Samarcande a beaucoup changé depuis avril! Les petites boutiques exposant leurs produits directement sur le trottoir ont disparu et sont remplacées par un alignement uniforme de magasins, tous semblables, propres ; vides aussi, de marchandises et de clients ; le personnel, soudain trop nombreux et désoeuvré.



Les rues et les trottoirs ont été refaits, pavés goudronnés. Le musée est en phase de démolition et devrait être, parait-il, remplacé par un grand et luxueux hôtel.
Pour qui arrive pour la première fois à Samarcande, il trouve une ville propre et nette au milieu de laquelle se trouvent les monuments historiques rénovés.

Mais celui qui a connu Samarcande avant, comme nous il y a 6 mois, il trouve une ville aseptisée, sans âme, qui ressemble à une plante ayant perdu sa sève. La vie, la vraie, celle des ouzbeks, est cachée derrière le mur sur lequel nous avions buté à notre arrivée.



Nous allons visiter le Gour Emir, le mausolée de Tamerlan. Nous choisissons d'y aller vers 13heures, quand les groupes de touristes seront affairés derrière leurs assiettes et oublieront pour quelque temps les visites des monuments.





Un groupe de femmes ouzbeks arrive et chacune prend place sur les bancs.




La gardienne va faire l'exposé de la visite et comme ne comprenions rien, nous regarderons les têtes se tourner dans un bel ensemble vers la droite, vers le haut, vers le bas, vers la gauche, manifestant approbation ou désapprobation par des hochements de tête ou des murmures....



La visite terminée, la guide s'en va, mais toutes les femmes restent assises. Quelques femmes et un groupe d'hommes ouzbeks entrent encore.
Soudain, une femme se met à chanter. Instantanément, tout le monde s'asseoit et un silence total s'abat sur l'assemblée ; il n'y a plus un bruit, plus rien que cette très belle voix qui s'élève dans ce profond silence. La mélodie est typiquement arabe, langoureuse, tout en demi-tons. Elle monte vers les coupoles et redescendant en enveloppant chacun de sérénité et de spiritualité.



 Personne ne bouge. Cette voix sort sans effort de la bouche de cette femme assise simplement sur le bout d'un banc. Moments magiques.
Tout à coup, en face de moi, je vois entrer un groupes de touristes japonais ; l'effet sur eux est immédiat, ils semblent enveloppés de feutre, ne font pas un bruit, ne disent pas une parole, comme figés sur le pas de la porte.
Le mausolée est empli de cette voix, on voudrait que cela ne finisse jamais. Les visages sont graves, recueillis. Soudain le chant s'arrête et sans transition, la femme récite les sourates du Coran, comme un autre chant. Toutes les mains se tournent paume vers le haut à hauteur de la poitrine.



Lorsque la voix s'éteint, doucement la vie reprend et les mouvements lents d'abord, s'accélèrent petit à petit, comme une grosse machine qui se remet en marche. On remercie la chanteuse et les visages se mettent à sourire. Nous sortons du mausolée, ressentant au fond de nous une émotion qui ne nous quittera que beaucoup plus tard.




De Samarcande, nous allons à Sharisabz puis Boukhara où les villes montrent quand même beaucoup moins de changement, encore que....







Vendeuses au marché aux bijoux de Boukhara.



Devant une des madresssa de Boukhara.

Puis nous arrivons à Khiva. Là, nous espérons retrouver Fazilat et Gulnoza que nous avions rencontrées en avril. Nous leur avons envoyé un mail pour annoncer notre arrivée prochaine. Internet étant en panne, elles ne l'auront pas reçu. Nous n'avons échangé aucun autre message depuis avril.



Pourtant, nous promenant dans la ville déjà assez déserte en fin de journée, nous voyons arriver en face de nous deux jeunes filles. L'une d'elle a un sourire radieux et le regard fixé sur nous. Fazilat. Les retrouvailles sont émouvantes ; elle va prévenir très vite Gulnoza qui nous attend aussi ; travaillant dans les champs de coton, elle a déjà dit à Fazilat qu'elle reviendrait à Khiva dés notre arrivée.

Un sentiment nouveau nous atteint : attendus, nous sommes attendus. A part Elisabeth et Jacques à Samarcande, c'est la première fois depuis 8 mois que quelqu'un nous attend vraiment!


Invitation chex Gulnoza

Nous passerons trois jours en leur compagnie, avec Claire, la nouvelle guide « française » qui parle bien notre langue, mais pas du tout l'anglais comme le font Fazilat et Gulnoza.
Nous sommes invités chez Gulnoza, ainsi que Marie et Catherine, deux françaises qui voyagent seules pour trois semaines en Ouzbékistan et que le hasard nous fait rencontrer à Samarcande, à Boukhara et à Khiva.



Nous retrouvons aussi la mère de Gulnoza (a droite sur la photo). Nous ne pouvons guère nous parler mais les regards que nous nous portons en disent longs sur la joie de nous revoir.


Une petite excursion à la campagne avec les trois filles nous fait rencontrer un fermier qui nous invitent « à manger le pain » dans sa superbe maison au milieu des champs de coton.



Inviter quelqu'un à « Manger le pain » consiste à déposer au milieu de la table de grands nans, pain local. La politesse est d'en prendre un morceau, si petit soit-il.



Chez notre hôte, le pain sera vite accompagné de pastèques, de grenades, et de raisin. Puis ce sera un énorme melon de 15 kg qu'il découpera à l'aide d'un grand couteau de ce geste si typique chez nous de celui qui coupe des tranches d'une grande miche de pain.



Ces fruits provenant directement du jardin sont très savoureux , notre hôte est un homme de grande bonté, ce qui se lit sur son visage. Il nous explique en riant que sa femme et lui sont tombés amoureux à l'âge de....5 ans! Au bout de la table, la petite dame acquiesce avec un bon sourire.
Un fois de plus, je regrette de ne pas pouvoir converser directement avec lui, mais nous avons cette fois de bons interprètes!



Nous passerons chez le frère de Gulnoza qui possède le Coran ancien qui se transmet de génération en génération. Un très vieux livre, magnifique.



Nous aurons du mal à nous séparer de nos jeunes compagnes. Le jour de notre départ, Gulnoza diffère son retour dans le coton pour nous accompagner à Ourgench où elle nous invite au restaurant. Fazilat et Claire nous accompagnent.



 Fazilat doit retourner à Khiva pour ouvrir le bureau de l'Office du Tourisme à 14 heures, mais....les touristes ont dû attendre; elle ne nous a quittés qu'à 15 heures et Khiva n'est pas tout près.
Toutes trois nous répètent souvent :« Je ne veux pas que vous partiez..... » C'est vrai qu'il est tellement plus facile de partir que de rester.....


Fazilat...


Gulnoza...


et Claire...

Merci à vous trois pour cette tendresse que vous nous portez, pour votre gentillesse, pour nous avoir attendus pendant 6 mois....



A Khiva, nous avons visité la fabrique de tapis de soie et les brodeuses de suzannés. Les femmes sont assises à une, deux ou trois derrière les tapis où elles manient les fils de soie qu'elles nouent avec adresse et rapidité.



Les fils sont importés d'Inde, teints à Khiva avec des colorants naturels, écorce de grenade, oignon, indigo,.....



Les tapis réalisés sont magnifiques et se négocient aux environ de 1000$ .



Les brodeuses réalisent de superbes suzannés. Chaque brodeuse brode le même point; le travail doit être assez monotone....



Nous sommes venus une première fois et après avoir échangé quelques banalités, nous avons dit à deux d'entre elles que nous reviendrions le lendemain pour les filmer. Nous ne sommes venus que le surlendemain et elles étaient très surprises de nous revoir. Leur première question était depuis combien de temps nous étions à Khiva, la plupart des touristes ne faisant que passer rapidement. Et tout de suite après : Film??? Elles étaient ravies d'être filmées, photographiées comme de grandes vedettes. Délicieux moments.





Nous avons quand même dû quitté cette ville attachante de Khiva et nous nous sommes rendus à Ayaz Kala, une citadelle du désert où nous avions déjà séjourné quelques jours en avril. Le paysage a changé, un été chaud étant passé entre temps.



Plus d'Asa Foetidia, ces grandes fleurs jaunes qui coloraient le désert, mais seulement les tiges qui ressemblent à des squelettes desséchés. Si le désert est immobile, la vie est toujours très présente comme le témoignent les nombreuses traces sur le sable. Des petites gerboises courent ici et là, nullement effrayés par notre présence et grignotent une petite graine, dressées sur leurs pattes arrière.


 En haut, à droite, le petit point, c'est notre fourgon.

Le lac s'est beaucoup asséché et les bords sont recouverts de sel, avec parfois des sables mouvants. C'est fantastique de marcher dans ce désert vierge de toute trace de pas, baignant dans un profond silence. La forteresse arbore des dégradés de roses et de rouges sous le ciel de feu au lever et au coucher du soleil.



Durant notre troisième nuit à Ayaz Kala le vent se lève et devient de plus en plus violent. Les rafales secouent notre fourgon en tous sens. Le lendemain, le vent est froid et la température chute à 0° alors qu'il faisait plus de 20° la veille encore.



Nous nous dirigeons vers Nukus, chauffage à fond. Dans la ville, tout le monde est très emmitouflé et il est surprenant au marché de voir les vendeurs de fruits et légumes d'été et d'automne, montagnes de kakis, grenades, pastèques, melons, tomates, aubergines, beaucoup de raisin...... porter des vêtements du grand hiver.
Nous effectuons nos derniers achats en vue de quelques jours de désert, 1700 km qui nous mèneront jusqu'à Astrakhan, en Russie, avec quelques villes sur le trajet.

Nous allons quitter l'Ouzbékistan pour nous rendre au Kazakhstan, puis la Russie, l'Ukraine, la Slovaquie, l'Autriche, l'Allemagne, et enfin....LA FRANCE!! mais, en cette fin d'octobre, quelques 7000 km nous en séparent encore....



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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 14:12

pour en savoir plus :

 Présentation de l'Ouzbékistan

INFOS PRATIQUES : Russie, Kazakhstan (ouest), Ouzbekistan





TACHKENT, capitale de l'Ouzbekistan, grande ville de 2 millions d'habitants, n'a rien a voir avec nos capitales occidentales!
La circulation est fluide, la ville est très calme au centre ville.
C'est une ville neuve, avec de nombreux parcs aux multiples fontaines. Beaucoup de bâtiments neufs.


Le parlement.


Et bien sur, Timour, ce cher Tamerlan, est lui aussi présent!


 A vrai dire, on y fait une étape rapide et indispensable pour notre itinéraire, pratique pour internet qui pour une fois est assez rapide!



Vous aviez déjà traduit : c'est le cirque!


Près du bazar, l'ancienne medersa cotoie les immeubles fambant neufs.

Le bazar, assez loin du centre ville, est un quartier beaucoup plus animé. C'est comme toujours un fourmillement de personnes marchant au milieu de denrées les plus variées. Comme toujours, tout est rangé par catégorie : du côté des victuailles, on trouvera ensemble tous les vendeurs de tomates et concombres, puis ceux de choux et choux-fleurs, les délicieuses petites herbes pour la salade, les épices, les oeufs, les vendeurs de riz présentant de nombreux riz différents dont les prix vont de 2000 S à 7000 s (de 1 euro à 3.5 euro le kg). Chacun y plonge les mains, fait couler le riz entre les doigts, discute,... nous ne sommes pas capables de différencier un riz d'un autre ; peut-être trouverons-nous un jour quelqu'un pour nous initier?
Et puis il y a les fruits secs, abricots, raisins, cacahuètes nature, en cosse ou enrobées de sucre, amandes délicieuses, noyaux d'abricots sales (très bons aussi) et pleins d'autres choses encore.
J'oubliais les fraises qui ont fait leur apparition ici, les cerises aussi, les abricots qui commencent...
J'espère vous avoir mis l'eau à la bouche?????

Nous nous sommes  tout de suite échappés de Tachkent pour rejoindre Chimgam, au pied de montagnes de plus de 4000 mètres, au bord d'un très grand lac réputé pour la pêche.


Bien sur, l'idée de manger du poisson, denrée bien rare depuis notre départ, était très séduisante!



Nous avons donc sorti nos cannes et fait quelques tentatives entre deux averses.
Mais soit le poisson n'aimait pas la pluie, soit il n'aimait pas nos boulettes de pain, soit tout simplement  il était ailleurs .
Nous nous sommes rabattus sur un plat de pâtes....c'est très bon, les pâtes!

Two days  in the mountains 4000 meters high. We try to fish, without succes....


Un jeune homme qui travaillait à côté est venu le soir nous apporter thé et soupe. Nous avons passe la soirée ensemble ; un bon entrainemet pour parler russe!

A young boy came in the evening to bring us tea and soup. He stayed the whole evening with us. A good training to speak russian....




Demain nous quittons l'Ouzbékistan, où nous aurons passé un mois super. Cependant, nous ne sommes pas fâchés de retrouver le Kazakhstan, plus désertique et moins touristique, car les nombreux bus déversant leur flot de touristes commençaient à nous peser un peu. Ce n'est pas vraiment ce qui nous plaît le plus dans les voyages....

To-morrow, we'll leave Ouzbekistan for Kazakhstan. Bye-bye Timour!

Alors, AU REVOIR  TIMOUR!!!!!!!!!!




Shahrisabz : Timour se lève
                                                     
                                                       Samarcande : Timour règne
                                                                                                                                          
                                                                                                    Tachkent : Timour part à la guerre

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 09:11

Pour en savoir plus :

Présentation de l'Ouzbékistan

INFOS PRATIQUES : Russie, Kazakhstan (ouest), Ouzbekistan








Samarcande.

 

 

Encore une ville mythique! Centre et carrefour de toutes les routes de la soie, pour toutes les caravannes, qu'elles viennent du sud, de l'ouest, qu'elles se dirigent vers l'est ou le nord,  Samarcande sera la halte obligée. Timour l'a voulu ainsi! La dotant de monuments gigantesques et magnifiques, il savait que les marchands répandraient la rumeur de la splendeur de la ville, et donc de la force et du pouvoir du maître!

 

Samarcande is the city of Timour.

 

 

Mosk Bibi-Khanym, built by the wife of Timour. XIV th century.

 

 


La mosquée Bibi-Khanym a été construite par l'épouse préférée de Timour pendant que celui-ci était parti en guerre pour 5 ans (Bibi-Khanym était à la fois la femme de Timour et la fille de l'empereur de Chine). Peu de temps après sa construction, la mosquée a commencé à se dégrader, pour des raisons diverses. Parmi elles, des tremblements de terre dont l'épicentre de l'un d'eux était au centre même de la mosquée (la protection d'Allah ne semblait pas acquise...). En restauration depuis 40 ans, elle laisse apparaître de gigantesques fissures. Une école et un marché sont néanmoins au pied de la mosquée.

 

 L'actuel centre historique de Samarcande est le Régistan.

Présent dans toutes les grandes villes, le Régistan dont le nom signifie « Place de sable », était le lieu des exécutions capitales, le sable répandu sur la place étant destiné à boire le sang des condamnés.

 

The Registan is formed by 3 madresas (muslim school).

 

A Samarcande, l'ensemble du Régistan comporte trois madresas (écoles musulmanes) dont la construction remonte à différentes périodes. La plus ancienne a été construite vers 1415, soit 10 ans après la mort de Timour.


The oldest madresa has been built 10 years after Timour's death , in the year 1415.

 

Les deux autres seront construites deux cents ans plus tard à 20 ans d'intervalle.

 

Dans la dernière madresa a été construite une mosquée destinée à remplacer la mosquée Bibi-Khanym déjà en ruine. Les décorations des murs et plafonds sont merveilleuses.

 


The new mosk took place of Bibi-Khanym mosk, in ruins.

 

 

  Interieur de la mosquee                                                 Inside the mosk

 

 

 

 

Certains auront toujours la possibilite de se recycler  (a l'attention de Nico...)



Shah-I-Zinda, nécropole du « roi-vivant », est un ensemble de mausolées construits du XIè au XVè siècles par les familles de nobles ou parents de Timour. Elles sont construites autour du mausolée d'un saint homme (cousin de Mahomet) ; la croyance étant que  la proximité de la tombe d'un saint assure une protection dans l'au-delà.


 

 

 

Les mausolées des soeurs de Timour sont les plus jolis.

 

Carves build by the rich families and the Timour's familly. The most beautiful are  the Timour's sisters carves.

 

 

 

 

Mausolee d'Amir Timour

 






Personne n'a pu nous donner la signification de ce monument violent ; datant du temps des soviétiques, on ne s'y intéresse pas...



Nous continuons notre voyage sur la Route de la Soie!


We continue our travel on the Silk's road!

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 09:06




De Boukhara à Samarcande

 

Après une semaine passée à Boukhara, nous nous sommes dirigés vers le sud ; le sud-est bien sûr car notre course vers l'est est loin d'être achevée!

 

 

 

 

It's not snow....but salt on the ground!    Non, ce n'est pas de la neige....mais du sel!


Le sud-est, c'est la direction de l'Afghanistan. Nous n'en étions qu'à 220 km, moins de 500km de Kaboul. Nous roulions dans une débauche de verdure ; le blé des prés est déjà en épis verts, les arbres fruitiers donnent des petits abricots verts que l'on retrouve sur tous les marchés et qu'on nous offre souvent, les prés ont cette couleur des rizières en Asie, un vert très cru ; partout des coquelicots, des fleurs de colza et de nombreuses petites fleurs jaunes, roses ou blanches. En toile de fond, des montagnes toutes blanches, plus de 4000 mètres d'altitude. Dans les champs travaillent des femmes aux vêtements colorés de rouge ou de bleu.

 


Au milieu de cette abondance, de cette tranquillité, on ne peut s'empêcher de penser à cet Afghanistan aux paysages si arides, à l'oppression, la guerre latente, la violence, les mines partout.... et ce n'est pourtant qu'à quelques centaines de km!

 

 

Nous avons atteint le point le plus au sud de notre voyage. A plus de 7000 km de la France, nous sommes à la latitude de la Sicile et d'Alicante en Espagne.

 

After one week spent in Boukhara, we are driving to the south-east and then arrived at the southest point of our travel (about latitude of Sicilia and Alicante in Spain). We are 200km from the afghan border and only 500km of Kabul. In Afghanistan, all is so dry and sad, and here, everything is green and happy.

Going to the north, we arrived in Shakhisabz, the native town of Tamerlan , called here Timour.

 

Nous remontons vers le nord pour arriver à Shakhrisabz, la ville natale de Timour connu chez nous sous le nom de Tamerlan....

 

L'Ouzbékistan a vu Alexandre le Grand en 330 avant JC arrêter ses conquêtes à Samarcande, Gengis Khan dévaster son territoire au XIII ème siècle, puis Timour, guerrier sanguinaire, transformer Samarcande en merveille .

 

 

 


A Shakhisabz, il ne reste du fantastique palais que l'immense portail qui se dresse dans le ciel, gigantesque ruine, non rénovée pour une fois. Peut-être son statut de ruine lui donne plus de majesté encore...

 


Ruin of the great palace built by Timour.

 

 

Non loin de là, une statue de Timour, sous laquelle se donne rendez-vous les nombreux mariages pour les séances photos en famille.


Ideal place for the photos at the marriage's day.

 

 

Voiture couramment louée pour les mariages.

A côté d'une telle voiture, on se sent tout petit, tout petit.....

 

Car usually used for wedding.

Beside such a car, we fell so little, so little...

 

 

 

 

 

Le plov, plat national d'Ouzbekistan.                      Plov, national dish in Ouzbekistan.

 

 

Nous passerons un col à 1700 mètres pour atteindre Samarcande. Nous sommes noyés dans le vert de l'herbe....

 


Un oiseau s'approche de nous et s'éloigne.... Il est bleu ciel, les ailes bordées de noir et de blanc, de la taille d'un pie, magnifique. Fugitive image de quelques secondes qui laisse son empreinte dans le souvenir..... Le reverra-t-on un jour?


 

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 07:09

 



BOUKHARA

 

Au fur et à mesure que nous approchons de Boukhara, le paysage change et la verdure apparaît, de plus en plus ; les champs sont  plantés et les céréales assez hautes, les arbres ont de plus en plus de feuilles. On a l'impression de changer de saison en une journée!


At least, spring is coming! Leaves are on the trees, fields are planted, grass is green.

 

 

 


A Boukhara, comme à Khiva, nous trouvons un parking en plein centre historique. Plus exactement à côté de Laili Haus pour ceux qui connaissent.



Nous y resterons une semaine.

Boukhara, c'est un concentré de monuments historiques, des madresas toutes plus jolies les unes que les autres. C'est aussi, hélas! un concentré de boutiques pour touristes : tapis de soie ou de laine ; suzannés, magnifiques pièces de coton ou de soie/coton brodées avec du fil de soie qui sera soit teinté de teintes naturelles (indigo venant d'Inde pour le bleu, oignon pour le jaune ou l'orange, plantes pour le vert), le café ou le thé étant utilisé pour « vieillir » les tissus (un peu comme chez nous on fait des trous dans le bois pour simuler des bois vermoulus....); le point de chaînette est la spécialité de Boukhara ; les suzannés de Nurrata, tout aussi jolis, sont brodés au point lancé ; ceux de Tachkent seront brodés avec de la laine, ….. Chaque ville a sa spécialité de tissu, de couleurs, de points, de motifs. Apprendre à les reconnaître est un vrai régal.

 

 


Suzanés are this kind of cloth, silk or cotton,  sewed with silk thread. They have different colours and designs according to the city where they come from.


 

 

 


Et puis il y a aussi de nombreux vendeurs de vaisselle qui alignent sur le trottoir, en dessins artistiques, assiettes, bols ou plats. Là aussi, chaque ville a son motif et sa couleur. Nous apprenons peu à peu à les reconnaître.


Plares and dishes have also different designs and colours according to the city where they are made.

 


Et  comme partout, dans ces boutiques, on trouve aussi une multitude d'objets qui ne sont fabriqués que pour les souvenirs des touristes et qu'on ne retrouve dans aucun bazar.

 

 


Boukhara a longtemps été un émirat indépendant. Toute la puissance et la richesse des émirs se retrouve dans les monuments, remparts.

 





Le palais d'été de l'émir est une merveille d'élégance. Situé à l'extérieur de la ville dans un grand parc où déambulent nonchalamment de nombreux paons, s'éparpillent le palais du premier émir, le harem, le palais du dernier émir. Des bassins y mettent une note rafraîchissante, des petites roses embaument l'air. C'est un endroit paisible où tout est douceur et beauté. Ces pavillons avaient été transformés en sanatoriums par les bolcheviques, comme beaucoup d'autres palais d'ailleurs (par exemple le Lavidia Palace à Yalta dont j'ai déjà parlé ).

 


Dans ce palais, nous avons été en admiration devant les nombreux fourneaux de céramique dont les motifs et couleurs faisaient parfois penser à de véritables bonbonnières!

 

 

Nous avons évidemment été aussi dans la nouvelle ville trainer dans l'habituel bazar.

Voici réunies dentiste et patient, du même âge. Cette photo a provoqué une grande hilarité

dans le bazar car la vendeuse a voulu se faire une beauté avant, et a tenu à retirer le deuxième foulard qui protégeait celui qui apparait ici!

 

 

 

A Boukhara encore, nous avons passé des heures chez nos voisins du centre artisanal. Ceux-ci nous ont expliqué les techniques et particularités de leur art , brodeuses de suzannés, peintres, sculpteurs, tailleurs et brodeuses de ces superbes manteaux de mariées brodés de fil doré ou argenté. Le broderie de ces manteaux demande trois à six mois de travail minutieux et est réservé à des spécialistes. La mariée le porte lors de toutes ses sorties durant le mois qui suit le mariage.

 

 


This type of mantel is for wedding. The married girl will wear it for each invitation, one month long after the marriage.

 

 

Bien souvent les touristes pressés ou craintifs hésitent à entrer dans ces boutiques qui sont de vrais cavernes d'Ali Baba et où on nous a réservé un merveilleux accueil. Il est vrai que tous avaient repéré notre véhicule et nous connaissaient déjà un peu.....

 

  A boukhara enfin, nous avons eu l'occasion de nous rendre au « thé du jeudi » du centre français où les touristes français sont invités pour parler avec les très nombreux étudiants en français de la ville. Malheureusement, peu de touristes s'y rendent. Il faut dire qu'ils ont si peu de temps!

Avec Clothilde, professeur au centre, nous nous sommes rendus dans un village. L'école y dispense des cours de français et le séminaire portait sur les nouvelles méthodes d'enseignement du français. De nombreux professeurs de français des alentours se trouvaient là.

 

 

 

 



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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 15:30

 

Pour en savoir plus sur l'Ouzbekistan, cliquer ici  : Présentation de l'Ouzbékistan


Nous quittons le Kazakhstan sur une piste, la première depuis notre départ. Nous n'avons aucune idée de ce que peut être une piste ici sous la pluie. Mais il ne pleut plus et la piste est assez bonne, même si nous ne sommes en moyenne qu'à 40km/h avec quelques pointes à 60! mais nous avons connu bien pire! Donc bonne surprise. Nous arrivons à la frontière kazakhe. Il faut attendre, c'est le déjeuner et tout le poste de douane est à table. La queue de voitures et camions s'allongent de part et d'autre de la frontière. Une bonne heure plus tard, nous entrons dans la zone frontalière kazakhe. Pas de problème. L'entrée en Ouzbékistan? Cela va tout seul! Personne n'aura voulu voir l'intérieur du fourgon. Un plaisir! En 1h3O, pause déjeuner non comprise, nous aurons passé la frontière. De mieux en mieux.

 


Et nous voilà en Ouzbékistan, notre 5ème nouveau pays dans ce voyage. Et tout change d'un coup : ici c'est l'Orient. Les visages ne sont plus ronds aux yeux un peu bridés, mais très bronzés et plus anguleux. Les hommes sont revêtus de longs manteaux de velours de coton brodés bleu nuit, vert foncé, rouge bordeaux .

Dés que la frontière est passée, le désert est recouvert de sacs plastique, de poubelles de toutes sortes. En fait, nous nous rendrons compte plus tard que cette « saleté » ne se trouvait qu'à cet endroit. En effet, la propreté que nous avions noté dans tous les pays traversés est encore de rigueur en Ouzbékistan : héritage de la période soviétique???




Nukus, première ville de l'Ouzbékistan. Nous cherchons tout d'abord à changer de l'argent. Pas aussi facile qu'on pourrait l'imaginer! La première banque visitée n'a pas assez …..d'argent liquide! De 200€, nous proposons de ne changer que 20€? 10€? Rien n'y fait, il faut chercher une autre banque! Nous tournons en rond sans la trouver puis demandons à une jeune femme. Surprise! Elle parle anglais, et nous propose tout de suite de nous montrer le chemin. Sa présence ne sera pas superflue ; la deuxième banque n'a pas non plus assez d'argent; par contre, la troisième nous changera nos 200€ mais en billets de 500 Sums, 800 billets..... heureusement que j'avais mon sac à dos!!!!!! De toutes façons, la plus grosse coupure est de 1000 Sums.


 

Nous sommes restés avec cette jeune femme qui s'appelle Kate et est prof d'anglais. L'après-midi, nous allons parler de la France et de l'Allemagne aux élèves de son école.







Passage du fleuve Amou Daria. Ce fleuve alimentait la Mer d'Aral, mais il n'a aujourd'hui plus rien du fleuve tumultueux (d'ou vient son nom).





KHIVA


Khiva. Ville ancienne, un des joyaux de l'Ouzbékistan! Un peu comme Carcassonne, c'est une ville où n'habite que peu de monde à part hôtels et restaurants. Un ensemble de monuments, madresa, mausolées,.... des ruelles délicieuses et des toits en coupoles recouvertes de céramique verte.

























Nous avons flâné dans la ville, nous nous sommes arrêtés pour regarder et parler avec les marchands, trainé dans le souk magnifique situé juste à côté de la ville ancienne mais où bien peu de touristes ne s'aventurent. Il est vrai qu'à côté des merveilles de Khiva, le souk n'est pas grand-chose!


 




 


Et pourtant! C'est là qu'est la vie de l'Ouzbékistan, ses couleurs, ses parfums, ses sourires! Pas dans un monde artificiel fabriqué exclusivement pour le tourisme.



 

 


Nous avons vécu aussi à Khiva ; quatre jours passés au coeur de la ville ancienne, la porte du fourgon donnant directement sur le plus imposant des minarets. Nous sommes devenus la nouvelle attraction de Khiva et bien souvent, des ouzbecks passaient en jetant un regard discret vers l'intérieur du fourgon, et tous les guides parlant français sont venus discuter avec nous, nous fournissant de précieux renseignements pour notre voyage.



Flâner dans Khiva le matin, avant l'arrivée des boutiquiers, dans des rues vides, les monuments colorés du rose du soleil levant, pas un bruit sauf celui des balais nettoyant le sol, le sourire et les salutations des balayeuses aux robes colorées, un moment de pure merveille......

 


 

 


Et Khiva, ce sera aussi notre première invitation dans une famille. Que de tendresse sur les visages de ces femmes qui ne nous ont jamais vues et ne nous reverront peut-être jamais! Ici, on peut parler de tout, des mariages avec un sourire radieux, mais les visages deviennent graves lorsqu'on évoque les années avant 1992.

 

 

 

 

 

Jamais il n'y a eu autant de monde dans notre fourgon!!!!!!


 

 

 

 

 

Nous partons pour les citadelles du désert, des forteresses aux murs effondrés. On le comprend! Certaines ont près de 2000 ans et on reste admiratif devant ces cités qui ont su résister aux vents agressifs, à la pluie, au temps.



 


C'est seulement devant Temujin devenu Genghis Khan qu'elles ont dû s'incliner. Ce sont des moments de grande émotion que de flâner dans ces ruines au soleil levant, au soleil couchant, loin du bruit des groupes de touristes et de retrouver les ombres de ces glorieux disparus.



Assis devant notre fourgon, en compagnie des ânes et des moutons qui viennent nous rendre visite, nous contemplons le spectacle superbe de la citadelle d'Ayaz Kala disparaître dans la nuit.

 

 

 



Partis faire une longue ballade dans le désert pour rejoindre un grand lac salé,





nous voyons des geckos, presque transparents et minuscules qui courent partout, très rapides,





nous rencontrons des traces de scarabées, de lézards, d'oiseaux et pleins d'autres que l'on ne peut identifier ; tout cela se croise en tous sens ; là on remarque le chemin d'une tortue, puis de deux, puis de nombreux trajets qui contournent un lac salé. Nous n'avons pas pu les suivre assez loin pour découvrir où tout ce monde se rendai t; et de plus, les traces sont pratiquement symétriques et il est difficile de savoir « Where do you come from? » ou »where are you going to? » (les routards comprendront.....)


Nous nous empressons de faire demi-tour en voyant le ciel se couvrir de gros nuages noirs menaçants. Quelques gouttes de pluie nous rattrapent, mais ensuite, à l'abri dans le fourgon, un vent violent se lève. Les Sylphes se jouent de nous, ballotant le fourgon dans tous les sens comme un navire perdu en pleine tempête. La citadelle a disparu dans le vent de sable, nous sommes isolés au milieu du désert, et pourtant, nous sommes bien...


Le lendemain, un ciel bleu magnifique accompagné d'un soleil éclatant nous accueille dés notre lever. Pourtant, il ne fait que 1° à 7 H, mais la température montera jusqu'à 16° dans la journée, le soleil est très chaud, et la lumière aveuglante.


Sur la route vers Boukhara, nous découvrons par hasard une autre citadelle en plein centre d'un village. Dés que nous sortons du fourgon, un groupe d'enfants nous rejoint. Ils sont charmants, se prêtent à nos séances de photos et de films avec plaisir.



Cette citadelle est immense, et là encore, pas un touriste, juste un troupeau de chèvres et son berger. Ces citadelles sont tout à fait impressionnantes, et on se demande comment les murs de briques recouverts de pisé ont pu ainsi résister au temps. Au moment de partir, une femme nous invite à boire un thé chez elle ; devant notre refus (Boukhara est à 450km!), elle ne fera que des sourires. Nous partirons avec des grands gestes des mains de part et d'autre et de baisers envoyés! Quel accueil chez ces ouzbeks!

 

 

 

  Ici nous sommes dans le désert, le vrai, celui que l'on aime ; le désert où il n'y a rien, tellement rien que l'on ne peut dire pourquoi on l'aime tant. Peut-être seulement parce qu'il n'y a rien.... Pas un bruit, parfois on croise un autre véhicule, sinon rien. Mais si on y regarde de plus près, il y a plein de choses à voir! Une petite touffe d'herbe qui émerge, une fleur qui se dresse, des traces d'animaux, partout et dans tous les sens. N'y-a-t-il vraiment rien dans le désert? Là un fennec traverse la route et s'arrête un peu plus loin pour nous regarder, dressant ses petites oreilles pointues ;

je dis à Klaus : "Tiens, un fennec! "

Le fennec dit : "Tiens, des touristes! "

puis c'est un petit rongeur qui trottine devant nous et s'arrête au bord de la route, nullement effrayé.



Dans le désert, les couleurs se déclinent dans les roses violacés, une touche d'ocre jaune pour le sable, un peu de gris ou de bleu pour le ciel, c'est selon. Une uniformité de tons qui fait que c'est beau et l'on est heureux, et on se regarde en souriant; on a retrouvé le désert...

 

 

Et puis, enfin, il fait beau!!!!! Dans le nord, le ciel est bleu avec des températures assez basses le matin. Plus on descend dans le sud, plus il fait chaud. De plus, en approchant de Boukhara, les feuilles apparaissent de plus en plus sur les arbres. Ici, pour nous, c'est l'explosion du printemps, un océan de verdure, et des températures estivales. A l'heure où je vous écris de Boukhara, il fait 24° ; On dîne en tee-shirt sous les arbres. Quel changement!


Mais Boukhara fera l'objet d'un autre article, alors à bientôt!

 

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